Meilleurs photographes de l'année 2019

Les meilleurs photographes de l’année 2019

Tradition oblige et l’année 2019 n’y dérogera pas. Beware! vous a concocté un petit flashback de notre meilleure sélection de photographes qui, au cours de ces derniers mois nous ont le plus marqués.

Steve McCurry : Dialogue silencieux avec les animaux.

Steve McCurry Animals Vache

Un éléphant qui se rapproche d’un homme perché dans un arbre, un chien embarqué à l’arrière d’un vélo à travers les ruines de Kaboul, un enfant endormi contre le flanc d’une vache… retour sur les photographies de Steve McCurry et sa série Animals qui nous interroge sur notre relation aux animaux.
C’est un dialogue silencieux qu’ouvre McCurry avec les animaux, souvent des compagnons de cœurs, de travail, mais également des moyens de transport sans oublier des ressources alimentaires ou vestimentaires. Il signe une série de photographies émouvantes (publiées aux Éditions Taschen) qui active un désir d’empathie envers les animaux pour réinjecter de la douceur dans notre cohabitation avec le vivant et la nature. Dans cette série de photos, Steve McCurry choisit de nous montrer la fragilité animale qui porte son œuvre photographique et fait émerger une facette plus confidentielle de ce photographe talentueux.

Damien Vignaux : Artiste numérique à la recherche de nouveaux codes visuels.

Adidas Gazelle

Cofondateur du studio de création Maison Vignaux, illustration et design graphique, un talent de photographe de mode et de vidéaste, sans oublier un bagage visuel décalé, entre expérimentations techniques, collages, ajouts de textures organiques ou minérales, incrustations de formes abstraites, découvrez le monde de Damien Vignaux.
Ses photographies portent le sceau d’une forte sensibilité esthétique mise sous tension par un regard plus « transgressif », presque pulsionnel, ce qui est palpable dans ses réalisations pour Adidas, Les Sneakers Marcus Hanuy ou ses shootings pour les magazines de mode. Le registre visuel qu’il déploie n’est pas sans rappeler l’héritage d’autres photographes de mode comme le duo Marcus Piggott et Mert Alas, qu’il lui arrive de citer en référence. En démultipliant les expérimentations techniques sans jamais s’y enfermer, Damien Vignaux construit un langage visuel complet, en constante mutation sans perdre de vue une cohérence esthétique et sans tomber dans la simple séduction technique.

Ryan Nawawi : Photographe de génie.

Ryan Nawawi Nike

Directeur artistique et photographe saoudien basé à Jeddah, et né en Allemagne, collaborant avec des magazines comme Vogue ou Vice, ou des marques telles que Nike et Calvin Klein, bienvenu chez Ryan Nawawi, artiste qui a réussi à se faire une place dans le monde de l’art visuel.
Ce photographe enchaîne les collaborations avec des mises en scène à l’esthétique 90’s. Prenons le cas de Nike X Vice : “culture satellite” du siècle dernier, c’est-à-dire le siècle pré-internet. Mise en scène des objets simples du quotidien : frigo, satellite, le tout en dishdasha (habit traditionnel arabe) chaussé de Nike Air Max 97. Ryan Nawawi a également réalisé une série photo pour Vogue Arabie. Il retranscrit dans ses clichés, la beauté des modèles ainsi que tous les savoirs faire qui prennent vie par les représentations des vêtements. Une série de photos qui rend hommage à la mode. Nawawi nous livre donc une vision de son esthétique arabe, un mélange entre modernité et tradition dans une valorisation du patrimoine et des coutumes.

Tom Hegen : le maître des photos aériennes.

Tom Hegen

Des photos depuis le ciel, un photographe originaire d’Allemagne à la recherche de paysages singuliers afin de comprendre le lien qui unit l’Homme à la nature, Tom Hegen, maitre incontesté des photos aériennes.
Grâce à ses photographies, il nous montre une toute nouvelle facette du monde, un monde où l’Homme est partout et où la conséquence de ses actes ne cesse d’affecter la nature. Les paysages ne sont pas choisis au hasard, il faut qu’ils aient une esthétique particulière pour être pris en photo depuis le ciel. Ainsi l’artiste nous offre des photographies presque abstraites, dans une mise en scène paysagée par la main de l’Homme : champs de tulipes, glaciers… le tout, dans une démarche de conservation de l’environnement à l’esthétique engagée.

Albert Dros : Découverte des canyons du Kyrgyzstan.

Albert Dros Kyrgyzstan

Artiste complet formé en design, vidéo, animation et photographie, se donnant les moyens de vivre de sa passion : la photographie de paysage par Albert Dros, à la découverte des canyons du Kirghizistan.
Aucun endroit n’échappe à ce photographe aventurier, curieux de notre planète et passionné de spots uniques. Son travail est présenté dans certains des plus grands médias et magazines à l’image du Times, National Geographic ou mis en avant par l’entreprise Adobe.
Mais Albert Dros c’est aussi un style constitué d’images vibrantes, vertigineuses et féériques, trouvant une beauté poétique à tout, à l’image de sa forêt brumeuse crépusculaire… C’est donc dans cette logique qu’il décide de mettre en avant les canyons du Kirghizistan, pays méconnu, aux paysages lunaires, dans des vues aériennes à couper le souffle.

John Dykstra : Entre vérités abstraites et réalités concrètes.

John Dykstra

Nous sommes en 2014, John Dykstra maitrise l’éclairage de studio, et tombe peu à peu amoureux du portrait photographique. Il débute alors une série de photographies qui va devenir les prémices de son style. Compositions de scènes surréalistes qui jouent avec la perspective, John dévoile un talent inné pour représenter les fantasmes imaginés par l’esprit humain. 
Le photographe utilise des effets pratiques pour aborder notre perspective de la vie qui influence celles que nous menons. Son but est de créer des photos qui se baladent entre la réalité et le rêve. En utilisant les liens à travers les illusions du réalisme et la subjectivité de l’expérience humaine, John Dykstra situe son travail “entre la lumière du jour et la rêverie“. S’inspirant de peintures, sculptures, musiques et auto-réflexions, Dykstra utilise de simples accessoires tels que la craie ou des objets du quotidien pour créer ses subterfuges. Particulièrement inspiré par la crédibilité du support photographique, le photographe propose avec son univers une alternative aux standards actuels. Sans oublier que son travail est construit dans une honnêteté artistique totale, nulle retouche ou utilisation technologique pour ses œuvres.

Théo Gosselin : Retour sur une série de photographies à l’imaginaire “peace and love“.

Théo Goesslin

Espoir de la photographie et artiste inspiré, retour sur Théo Gosselin un photographe qui impose son univers et compte bien l’étendre encore.
Véritable appel à la liberté, à l’évasion entre amis, ses photos tendent à rendre le quotidien beau et joyeux. “On se prend tellement de trucs un peu tristes et vraiment pas joyeux dans la tronche tous les jours que je voulais construire ce monde-là et essayer de vivre dedans, non pas comme un bouclier ou comme un moyen d’échapper à un monde parce qu’on est obligé de vivre dedans, mais comme une façon de le rendre un peu plus joli et plus agréable à vivre“. Chaque moment de vie est un prétexte à la photographie. Il ne cherche pas à épingler les problèmes de ce monde mais bien de trouver une alternative, un idéal, le tout dans une représentation à l’allure vintage dans une nudité assumée.

Ellie Davis : “Into the Woods”.

Ellie Davis

Amoureuse des forêts et thème de prédilection de ses photographies, retour sur Ellie Davis, photographe qui met en scène la nature forestière.
Ce n’est pas seulement par plaisir mais c’est aussi pour s’inspirer et créer des œuvres poétiques et mystérieuses que cette photographe s’intéresse autant aux forêts. Ellie retrouve à travers elle une inspiration puisée de son enfance : les contes de fées. Au centre de ces contes, de mythes ou légendes, la forêt a toujours fasciné l’Homme. Un espace qui semble banal, mais qui reste un prétexte aux fantasmes, à la féérie allant jusqu’aux peurs les plus profondes où l’imaginaire reprend le dessus. L’arbre est placé au centre de l’œuvre comme une apparition divine, l’Homme complètement absent à la place obsolète.

Reuben Wu : Recherche perpétuelle de l’inconnu : an uncommon place

Reuben Wu

Projet qui s’étend sur plusieurs années, une recherche continuelle de nouveaux lieux, des phénomènes impressionnants aux décors oniriques, Reuben Wu et An Uncommon Place, une série de photographies où l’univers et la nature dictent leurs lois.
Univers propre à l’artiste, Reuben Wu traduit avec fidélité ce que la nature a à nous offrir. Dune désertique, gratte-ciel, tonnerre, tout est logé à la même enseigne, construction naturelle ou artificielle. La lumière est au centre de cette série et répond aux mêmes codes : naturelle ou artificielle. Cette lumière naturelle permet de révéler toute la splendeur de ses photos mais, en même temps, cette lumière artificielle met en avant une vision onirique, un univers entre rêve et réalité.

Luca Tombolini : Découverte de paysages lunaires.

Luca Tombolini

Clichés de montagnes, de plages et d’étendues désertiques dans une dominance de tons pastel à la vision d’une dimension parallèle d’un monde hors réalité, Luca Tombolini photographe autodidacte de paysages lunaires.
Rose poudré, bleu, et lilas ont un effet apaisant. Nous sommes propulsés dans un monde à la fois calme et merveilleux rempli de plaines désertiques, d’immenses montagnes blanches, d’horizons lointains dissimulés dans la brume, loin de notre civilisation mondialisée. Des paysages qui ne connaîtront que les conséquences du temps dans une quiétude beauté. Une façon pour l’artiste de nous plonger dans son inconscient et de nous faire rêver le temps de quelques photographies.

Charlotte Abramow : rêves éveillés d’une photographe.

Roméo Elvis - Angèle

Délicatement provocatrice, elle explore le langage corporel avec pour objectif de raconter l’humain de façon poétique et de tuer les stéréotypes avec humour. Son approche surréaliste, sa quête pour l’improbabilité et l’absurde permet d’inscrire son travail dans une dynamique positive, peu importe le sujet abordé. Chacune de ses expériences, bonnes ou mauvaises, Charlotte Abramow les transforme en une source de création et d’énergie inépuisable remplie d’espoir et d’optimisme.
Le regard enfantin de cette petite fille de 7 ans qui prend ses premières photos à l’aide d’un appareil jetable, Charlotte le célèbre dans plusieurs de ses compositions. Même lorsqu’elle aborde les thèmes de la vieillesse ou du temps qui passe, cette vision espiègle de l’humain, bien loin du cliché de la solitude et de la tristesse, ne la quitte pas. En 2014 elle met littéralement à nue Claudette 75 ans devant l’objectif et prouve que la beauté est intemporelle, que le corps n’est qu’une enveloppe. En 2015 c’est au tour de «Françoise & Françoise» de montrer que la modernité et le dynamisme ne sont pas qu’une question d’âge. L’amour lui aussi garde toute sa magie qu’on ait 7 ou 77 ans. Elle collabore à plusieurs reprises avec des marques, notamment dans le milieu de la mode, et en 2018 elle enchaîne les couvertures de magazines notamment avec Angèle et Elvis Roméo dans les Inrocks, et en ce début d’année pour Télérama.

Jesse Echevarría : Un nouveau regard sur la Nouvelle-Zélande.

Jesse Echevarría - Nouvelle-Zélande

Des voyages à travers le monde à la recherche des plus beaux paysages pour finir par s’établir en Nouvelle-Zélande, retour sur Jesse Echevarría, passionnée de photographie de nature dans un pays qui nous offre des prés, des montagnes et des plages à couper le souffle.
Sous son objectif, la Nouvelle-Zélande nous dévoile toute sa beauté : depuis le ciel, les pieds dans l’eau, tout en bas des montagnes ou encore sur la plage, non loin des falaises… un kaléidoscope de paysages, tous plus beaux les uns que les autres. À chaque cliché on peut sentir l’attachement que l’artiste éprouve à l’égard de la nature.

Hugo Livet : Ses incroyables icebergs et nuages sculptés.

Hugo Livet - Iceberg Géométrique

Photographe et plasticien qui joue avec les paysages et les formes. Des créations marquées par la géométrie des éléments naturels, des icebergs et des nuages comme muses, retour sur les icebergs d’Hugo Livet.
Photographies d’icebergs modifiés par logiciel, tel est le style de l’artiste afin de nous offrir des paysages aux formes géométriques. Il joue ainsi avec les perceptions et nous plonge dans une illusion presque réelle. La photo en question représente un iceberg tabulaire parfaitement géométrique. Ce cliché a immédiatement inspiré à l’artiste ses nouvelles créations où l’on retrouve ses propres icebergs. Il les a modifiés lui-même de façon à ce que leurs angles soient eux aussi parfaitement nets. L’artiste a aussi réalisé une série sur les nuages. Leur aspect est très surprenant. Les angles arrondis et imparfaits des nuages disparaissent totalement pour laisser la place à la perfection des carrés et des rectangles dont ils ont pris la forme.

Henri Prestes : clichés narratifs.

Henri Prestes

Le spectateur se plonge dans ses clichés époustouflants, aux environnements mystérieux, comme dans un film à suspense. « Atmosphère », « mood », « darkness », « mélancolie », tant de termes qui caractérisent l’ambiance propre aux clichés du photographe et directeur de photographie portugais, Henri Prestes
Sur ses clichés apparaissent des voitures solitaires au beau milieu de la nuit et des paysages ténébreux. Feux éteints ou allumés, au loin ou plus imposant sur l’image, le véhicule apporte mobilité au paysage figé et vie à la campagne dépeuplée. Un dense brouillard et de fortes chutes de neige soulignent la déréliction du conducteur nocturne. C’est l’effet énigmatique et envoûtant recherché par le photographe. C’est en jouant avec une fine lumière au loin, les lumières artificielles des lampadaires ou avec des filtres de diffusion qu’il peaufine l’esthétique surréaliste de ses clichés. Encore aux prémices de sa carrière de photographe, Henri Prestes est à suivre de près puisqu’il nous emmène à des heures et dans des endroits où nous ne nous aventurerions probablement pas seul(e)s…

David De Rueda : Europe soviétique.

David De Rueda - The Lost Era

Référence dans le milieu de l’exploration urbaine, photographe français, David De Rueda nous plonge dans les vestiges d’une Europe Révolue avec sa série The Line.
Salle de congrès (le Buzludzha en Bulgarie), grande roue de Tchernobyl, épave d’avions, tant de décors ahurissant que David a su capturer et faire revivre le temps d’une photo. Les dimensions presque irréelles de ces lieux révèlent un sentiment d’angoisse qui se s’estompe face à la splendeur des photos. Véritable questionnement sur une époque, cette série permet de s’interroger sur la responsabilité de l’Homme face à une nature dévisagée, le tout dans un passé aux allures de science-fiction.

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