Street art - Petite fille au ballon de l'artiste Banksy
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Quest-ce que le Street Art, petite histoire et œuvres urbaines

Le Street art est un mouvement artistique contemporain qui s’est développé à la fin du siècle dernier. Il se définit comme l’art des endroits publics, celui qu’on retrouve dans nos rues, sur nos murs. Celui auquel on ne prête pas toujours attention mais qui peut réserver de belles surprises. Il se présente sous diverses formes : graffiti, graffiti au pochoir, création d’affiche, pastel et même projection vidéo.

Ce type d’art a une valeur subversive, les motivations des artistes sont différentes. Il est une tribune pour les artistes contemporains qui peuvent exprimer ce qu’ils souhaitent et l’afficher au grand jour, à la vue de tous. Plus que tous les autres courants avant lui, le street art flirte avec l’illégalité.

Art vandale, porteur de message, le l’art urbain ne cesse de provoquer, choquer, émouvoir.

Les origines du Street art

Elles ne sont pas récentes. Les hommes ont toujours écrit sur les murs. Que ce soit au temps des hommes des cavernes, ou encore à l’Antiquité à travers les fresques, les hommes ne peuvent s’empêcher d’écrire leur histoire sur les murs.

Certains spécialistes estiment que le street-art serait né dès le début du XXe siècle. Au Mexique après la révolution de 1910 de nombreuses peintures murales apparaissent. En Russie on aperçoit le même phénomène, les fresques de propagande envahissent les murs, c’est le début d’une ère artistique marquée par les contestations politiques, sociales ou économiques.

Malgré tout, on peut considérer que l’art de rue tel qu’on l’entend aujourd’hui est né aux États-Unis, dans les années 1960.

Le premier mouvement est le ” Graffiti writing ” qui naît à Philadelphie sous l’impulsion de deux artistes Cornbread et Cool Earl. C’est avant tout l’histoire d’un garçon extrêmement timide qui n’ose pas avouer qu’il est amoureux d’une camarade de classe et qui écrit partout dans son quartier ” Cornbread Loves Cynthia “. Si l’histoire est touchante, c’est surtout le début d’une forme d’art qui prend son ampleur une dizaine d’années plus tard à New York et va bouleverser tous les codes.

C’est la naissance des grands noms du street art américain : Taki 183, Keith Haring ou encore Blade One. Dans la rue la moindre petite parcelle est recouverte de messages divers visible par tout le monde.

En France cette nouvelle forme d’art prend aussi de l’ampleur à partir des années 1980. Deux pionniers vont imposer les arts urbains tels que nous les connaissons : Blek le rat et Jérôme Mesnager.

Dessin de Blek le rat " After The Apocalypse "  street art
Blek le rat – After The Apocalypse
Détail d'une oeuvre de street art  par Jérôme Mesnager
Jérôme Mesnager
" C'est nous les gars d'Ménilmontant " de Jérôme Mesnager
” C’est nous les gars d’Ménilmontant ” – Jérôme Mesnager

En 1982, l’américain Bando arrive à Paris. Il diffuse dans le pays ” l’art des métros new yorkais “, en 1987 un autre américain, Jonone dynamise le l’art urbain français.

Graffiti du street artiste américain Bando
Bando
Oeuvre de l'artiste Jonone
Jonone
Oeuvre de l'américain Jonone

Les années 1990 voient l’arrivée d’artistes comme Bansky en Grande-Bretagne ou encore Blu en Italie. Chez les Français des artistes comme Invaders s’imposent, dans les rues parisiennes puis dans les rues des autres capitales du monde.

Oeuvre d'Invaders
Invaders
Les martiens d'Invaders
Les martiens d’Invaders

Les années 2000 marquent un réel tournant pour le street art, il est enfin reconnu comme un art à part entière. Le M.U.R (Modulable, Urbain et Réactif) est créée. Il s’agit d’une association de 80 artistes, tous les 15 jours un artiste squatte de grands panneaux publicitaires rue Oberkampf à Paris, il y expose son œuvre. En 2001, les premiers travaux de street-artists sont exposés dans la galerie de jour d’Agnès B, lors d’une exposition collective.

2009 est l’année de consécration pour cet art éphémère en France, en mars une exposition au Grand Palais regroupe 150 tagueurs internationaux. Quelques mois plus tard en juillet la Fondation Cartier organise une exposition collective ” Né dans la rue “, l’art urbain est reconnu comme un mouvement artistique, les collectionneurs affluent.

Image issue de l'exposition " Né dans la rue " organisée à la Fondation Cartier en 2009
Image issue de l'exposition Né dans la rue organisée en 2009 par la Fondation Cartier
Image issue de l'exposition de 2009 " Né dans la rue " organisée par la Fondation Cartier

Les différents courants du “Street art”

Les Graffitis

En premier lieu, le graffiti représente une forme d’expression très ancienne, il s’agit d’apposer sa marque, sa signature sur les murs. Il permet aussi de faire passer des messages. Cet art est dans un premier temps assimilé à du vandalisme.

En 1933, le photographe et essayiste Brassaï qualifie les graffitis ” d’art bâtard des rues mal famées “. Le graffiti est une petite révolution, il s’expose partout dans l’espace public, il est accessible partout et à tout le monde.

Au sein du graffiti il y a plusieurs catégories : le tag, une signature ou une marque réalisée rapidement à l’aide d’un aérosol ou d’un marquer, le Flop qui ressemble au tag, il y a cependant tout un travail de volume et de couleurs. Ensuite on trouve le Graff, sa composition est beaucoup plus complexe, sophistiquée, les lettres peuvent être totalement décomposées et réinventées). La dernière catégorie est la fresque murale.

Image flop street art
Flop
Image graff street art
Graff
Image d'une fresque murale street art
Fresque murale

Parmi les graffeurs les plus célèbres, Doze Green qui dès les années 1970 réalise des portraits en graffiti. Il est très inspiré par l’époque Edo (une ère japonaise s’étendant du 17e au 19e siècle), l’art calligraphique et le cubisme. Il est exposé dans les plus grands musées du monde.

Oeuvre de Doze Green
Tableau de Doze Green

Le pochoir

La technique du pochoir (ou ” stencils “) apparaît au début des années 1980. C’est une nouvelle technique, une nouvelle forme d’expression. A cette époque à Paris les murs sont rapidement saturés par les graffitis, le pochoir est une nouvelle forme d’expression. Des artistes comme Blek le Rat voulaient se différencier des graffitis de New-York et imposer leur style.

La technique est simple, l’artiste représente sur un matériau rigide (bois, carton, plastique, métal, etc…) un dessin, il suffit ensuite à l’artiste de passer sur le pochoir de la peinture ou de ” bomber ” pour obtenir le dessin. L’avantage du pochoir c’est qu’il se transporte très facilement et qu’il peut être reproduit plusieurs fois très rapidement.

Oeuvre de Banksy au pochoir
Banksy
Oeuvre de Jef Aerosol au pochoir
Jef Aerosol
Oeuvre d'EZK au pochoir
EZK

Parmi les artistes les plus importants, Blek le rat, l’un des précurseurs de la technique du pochoir, Jef Aerosol, EZK ou encore Banksy qu’on ne présente plus. La technique du pochoir permet à ces artistes de rendre leurs œuvres très précises et très percutantes. Le message est clair, il fait mouche.

Les stickers ou le Stick Art

C’est l’art des autocollants. Il se répand de plus en plus dans le street art, parce que comme pour le pochoir il est très facile pour les artistes de se déplacer avec leurs autocollants et de les apposer partout dans l’espace urbain. C’est également moins dégradant que la bombe aérosol ou la peinture. De plus en plus d’artistes utilisent cette technique (sans pour autant abandonner les autres).

Parmi les utilisateurs de cette technique les plus connus, le français JR qui en 2001 expose dans l’espace public les portraits d’inconnus qu’il prend en photo.

Sticker Panda street art
Collage de l'artiste JR devant la pyramide du Louvre

Les installations ou ” street installation ”

Le street art n’est pas le seul ni même le premier courant artistique à mettre en place des installations. Malgré tout, elles sont de plus en plus présentes dans ce mouvement artistique. Elles mettent en scène des objets en trois dimensions, elles jouent avec l’espace et les interactions avec le public.

Ces installations permettent au public de se questionner, de réfléchir, certaines choquent ou interpellent. Comme un coup de pied dans la fourmilière, ces œuvres d’art imposantes bouleversent le paysage urbain.

Parmi les précurseurs de ce mouvement, Mark Jenkins. Il a disposé ces personnages dans les rues des plus grandes villes du monde. Souvent encapuchonnés leurs visages sont cachés de façon parfois dérangeantes.

En France, c’est Gregos qui s’impose dès le début des années 2000. Des moulages de son visage peint de couleurs différentes et exprimant différentes humeurs parfois accompagnés d’un message fleurissent dans le paysage urbain. Depuis novembre 2013 c’est Ride in peace qui décore les rues de la capitale française avec des restes de vélos accroché sur les façades des immeubles.

Installation du street artist Mark Jenkins
Mark Jenkins
Installation de l'artiste Mark Jenkins
Oeuvre de Mark Jenkins
Oeuvre du  street artist français Gregos
Gregos
Installation des visages de Gregos
Installation de l'artiste Gregos
Installation du street artist Ride in peace
Ride in peace
Installation du street artist Ride in peace

Le Tape Art

Cela consiste à réaliser des œuvres à partir… de ruban adhésif ! Ce courant apparaît aux États-Unis en 1989.

Le premier street artist à utiliser cette technique est Mark Khaisman, mais c’est l’hollandais Max Zorn qui la diversifie et accroche ses œuvres partout dans les rues. À l’aide d’un scalpel, d’une plaque de plexiglas et de scotch il fait des portraits collés sur des lampadaires.

Il existe deux courants :

Le brown tape art

Qui joue sur la superposition de scotch d’emballage brun. L’artiste joue sur la nuance des couleurs.

Le duct tape art

Qui se sert d’un scotch de maçons, toilé et imperméable, gris ou noir. Parmi les artistes de rue usant de cette méthode les allemands Klebebande ou l’artiste autralien Buff Diss.

Oeuvre de Brown tape art
Brown tape art
Portrait réalisé avec la méthode de brown tape art
Oeuvre réalisée avec la méthode de duct tape art
Duct tape art
Duct tape art

Les autres techniques

D’autres techniques moins connues sont utilisées en street art.

Parmi elles l’utilisation de mosaïque comme pour Invaders, le yarn bombing qui consiste à recouvrir le mobilier urbain (bancs, escaliers, troncs d’arbre, sculptures sur les places publiques, lampadaires et autres) d’ouvrages à base de fil comme par exemple des pulls sur des arbres. Le but est d’apporter de la positivité aux passants.

Yarn bombing sur troncs d'arbres
Yarn bombing sur bancs publics

Certains street artists utilisent également l’encre invisible, une peinture spéciale qui ne se révèle soit à la lumière ultra-violet soit dans l’obscurité. D’autres artistes utilisent des LED dans leurs dessins.

Les techniques et les supports en street art sont multiples, l’importance de ces œuvres réside principalement dans leur message, dans la façon dont elles vont accrocher le regard des passants.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez en découvrir davantage sur le monde (merveilleux) du street art, Beware! vous propose une sélection de quelques films à voir de toute urgence :

Les films sur le street art à voir absolument

  • Faites le mur : un documentaire sur l’univers de Banksy, l’un des plus célèbres street artists. Dans ce film qu’il a lui-même réalisé, Banksy nous montre que les vandales ne sont peut-être pas ceux que l’on pense.
  • Chats perchés réalisé par Chris Maker
  • Inside Out réalisé par le street artist français JR. Le documentaire retrace le plus grand projet d’art participatif au monde que JR a créé en 2011 : des portraits de gens collés sur les murs, partout dans le monde pour soutenir une idée, un projet, ou encore une action.
  • Downtown 81 – Jean-Michel Basquiat : ce film revient sur le début de carrière du jeune Basquiat.
  • Stations of the Elevated qui nous replonge dans l’univers du graffiti new-yorkais des années 1980.
  • Wild Style, un film des années 1980 qui nous embarque dans la culture urbaine américaine et notamment celle du graffiti.
  • Writers 1983-2003, 20 ans de graffiti à Paris, un documentaire sur l’arrivée et l’évolution du graffiti parisien. Pour tout savoir sur les débuts du street art français.
  • Bombing Beirut, le l’art urbain libanais sous l’objectif de Lisa Miquet

Si vous préférez lire, on vous fait une petite sélection des ouvrages à lire absolument :

Les livres sur le streetart

  • Street art/Today : ce livre propose sur 280 pages une sélection des plus belles œuvres de street art.
  • Underground Doesn’t Exist Anymore : ce livre revient sur l’aventure artistique de Lek et Sowat et leur Lasko Project.
  • Le street art a un tournant , il s’agit d’un essai sur street art, son histoire, sa raison d’être, son rôle politique et sociale.
  • Street Art, les 20 plus grands artistes livrent leurs secrets, un livre pour tout connaître de ceux qui sont devenus des références du street art.

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