bombing beirut

Bombing Beirut, regard sur le graffiti à Beyrouth par Lisa Miquet

Ancienne de Beware Magazine, Lisa Miquet a voyagé à travers le monde et réalisé son rêve : devenir journaliste reporter. Ses déambulations l’ont mené jusqu’à Beirut, Liban, où elle réalise la série vidéo “Bombing Beirut” pour la chaîne française Planète +, sur le graffiti à Beyrouth. Les deux premiers épisodes sont déjà disponibles sur leur site internet et leur compte Youtube.

Depuis toute petite, Lisa Miquet a des envies de voyages. Aujourd’hui elle vit son rêve, en faisant des images (photographies et vidéos) et en découvrant de nouvelles cultures grâce à son métier. Après une licence info-com axée sur la communication visuelle, un échange Erasmus dans une école de cinéma en Espagne, Science Po Grenoble et enfin un master de direction de projet transmédia, elle passe par Beware Magazine, mais aussi par madmoiZelle, Kobini et TF1.

Lisa Miquet à Beyrouth
Lisa Miquet à Beirut

Devenir une journaliste reporter accomplie

Lisa devient une photographe et journaliste accomplie en réalisant des images de célébrités comme la jeune chanteuse belge Angèle (et son frère Roméo Elvis), l’actrice de “La vie d’Adèle” Adèle Exarchopoulos, ou encore l’ancien président de la République François Hollande, pendant son mandat.

Il y a plusieurs mois, elle a répondu à un appel à projet de la chaîne Planète+, spécialisée dans les documentaires, qui était à la recherche d’un (ou une) nouveau reporter. Pour obtenir son “job de rêve”, la jeune journaliste à du envoyer son CV, mais surtout developper une idée de documentaire qui lui tenait à cœur. Après avoir été sélectionnée, Lisa a pu voir son projet se concrétiser : “Bombing Beirut”, une série vidéo sur l’émergence du street art au Liban, était née.

Graffiti coloré à Beirut, photo prise par Lisa Miquet
@lisamiquet

“Bombing Beirut” : la bonne réputation du graffiti au Liban

En cours depuis plusieurs semaines, la série “Bombing Beirut” explore le graffiti comme un art important au Liban. Contrairement à la majorité des pays du monde, le street art n’y est pas considéré comme un acte de vandalisme. Il est à l’inverse perçut comme une volonté d’embellir les villes. Si en France les graffeurs agissent de nuit, en se cachant, et en risquant d’être arrêtés, les artistes libanais peignent en plein jour, à visages découverts, et devant les nombreux militaires de la ville qui les regardent et les laissent faire. Graffer c’est apporter un peu de gaieté, recouvrir les traces de la guerre avec de la couleur. Il faut cependant respecter certaines règles : ne pas peindre sur les bâtiments neufs, et ne pas vouloir faire passer des messages politiques ou religieux.

Très intéressée par ce contraste et cette relation qu’ont les libanais avec le graffiti, Lisa a décidé passer des “vacances” dans le pays il y a plusieurs années, pour rencontrer et parler avec des street artists locaux. Elle a rapporté de nombreuses images de son voyages, qui lui ont permis de construire un dossier solide à présenter à Planète+ et convaincre la chaine de la pertinence de ce sujet.

Le graffeur libanais Moe 
extrait de la série bombing beirut (@moecalligraffiti)
@moecalligraffiti
Le graffeur libanais Moe 
bombing beirut (@moecalligraffiti)
@moecalligraffiti

Une mini série de portraits d’artistes

“Bombing Beirut” est composé de huit épisodes hebdomadaires (chaque jeudi). Deux sont déjà parus, et présentent les graffeurs Fish et Moe.

Le premier se concentre sur Sari, dit “Fish”, un des pionniers du graffiti au Liban, qui nous explique comment “effacer la guerre” à coup de touches de peinture.

Fish a commencé à taguer il y a une quinzaine d’années, après avoir rencontré des graffeurs en Grèce (où c’est illégale). Rentré dans son pays, il se met à peindre partout, et à entraîner ses amis avec lui. Pendant la guerre, les rues désertes sont un véritable terrain de jeu pour ces artistes qui recouvrent les traces de la violence avec des couleurs. Fish donne aujourd’hui des workshops pour les plus jeunes intéressés par le graffiti et leur montre qu’on peut s’exprimer sans violence.

Le deuxième épisode nous présente Moe, un artiste spécialisé dans le “calligraffiti” : le mélange de calligraphie et graffiti. Avec ses bombes de peintures, Moe créé un nouveau langage, et une nouvelle identité. Il mixe tradition et modernité, à l’image de la ville de Beyrouth où cohabitent bâtiments neufs et très anciens.

Une journaliste aux multiples casquettes

Pour mener à bien sa série documentaire, Lisa a dûe sortir de sa zone de confort et endosser tous les rôles. Sur place elle a écrit le reportage entièrement, elle a fait du montage, et même de la post-prod. « En fait la seule chose dont je ne m’occupe pas c’est le son, j’ai un ingénieur son avec moi. Même les sous-titres c’est moi qui les fais ». C’est aussi elle qui s’occupe d’exporter les épisodes et de les envoyer en France, et d’animer les réseaux sociaux de Planète+ (photos du voyage, stories, making off…).

Tag de @barok961
@barok961

La série “Bombing Beirut” est disponible depuis le 6 juin 2019 sur Planète+. Vous pouvez également suivre les aventures de Lisa Miquet sur Instagram : @lisamiquet

Si vous avez aimé la série Bombing Beirut, vous aimerez sans aucun doute Paradis de Rouille, la micro série d’Arte consacrée à l’Urbex et les ruines du XXeme siècle.