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Passionné.es : retour sur une saison de podcast suspendue entre le confinement et le monde d’après

Cette saison, on a eu le plaisir de recevoir plusieurs acteurs de la vie culturelle et musicale française pour dresser un état des lieux de l’industrie à l’aube d’une sortie de crise tant attendue.

Portrait des invités de la saison "Passionné.es"

Pour beaucoup, le confinement a été un moment de réflexion. Chez Beware! on s’est interrogé sur l’impact de ces deux années pas comme les autres sur l’industrie musicale, mais aussi sur son fonctionnement en général. On a donc regroupé des figures marquantes pour tenter de tirer profit de cet instant où toute une économie s’est retrouvée suspendue pour faire le portrait d’un milieu définitivement essentiel.

Le coup de massue

La sidération, d’abord

Pour la chanteuse Izïa, la nouvelle du confinement est tombée comme un coup de massue. Elle parle de “deux coups de battes“, alors que cette passionnée de la scène s’était adaptée aux restrictions successives.

Dernière sur scène avant la fermeture des salles, Izïa connait intimement le milieu de la musique, dans lequel elle se démarque depuis plus de quinze ans et dont tous les acteurs du monde du spectacle ont été impacté directement. “Cet écosystème tient à très peu” fait-elle remarquer.

L’occasion d’innover, ensuite

Martin Munier confirme cette fragilité d’une industrie à risque. Alors que le club Sacré, dont il est co-fondateur et associé, ouvrait ses portes en mars 2019, le confinement sonne comme une condamnation. Pourtant, il redouble d’ingéniosité, pour faire persister l’esprit Sacré au travers d’une web-radio. Véritable coup de cœur, ce projet s’inscrit désormais pleinement dans l’avenir de ce sacré projet.

On ne voulait surtout pas baisser les bras après même pas une année d’ouverture, donc on a repris ce projet de radio.

Martin Munier

De son côté, Pierre Templé a misé sur un autre moyen de passage en ligne. À la tête du festival nantais Variations, il a décidé de passer au streaming. Comme Izïa, il ressent de plein fouet le manque de public pour les artistes qui se produisent à travers un écran. C’est toute une atmosphère de salle, avec son ambiance et son acoustique si particulière, qui en devient presque impossible à reproduire.

Le temps des constats

Prendre du recul sur monde d’avant

Pionnière dans l’industrie, Izïa a connu le monde d’avant l’apogée du streaming. Entre les réseaux sociaux et la course à la nouveauté, elle nous confie qu’elle se retrouve peu dans ce nouveau rythme effréné de production, qu’elle trouve souvent injuste.

Pour Antoine Bisou, fondateur du label Microqlima, ce nouveau paysage musical est un terrain de jeu d’innovations constantes. Avec en tête l’état de l’industrie avant l’arrivée des plateformes de streaming, il concède : “Sans le streaming, on serait tous morts […] mais on s’aperçoit qu’il y a une polarisation autour de plateformes dont on devient dépendants.”

Organiser le monde d’après

Pour la chanteuse Izïa, le temps du confinement a été celui des leçons. Elle note l’importance pour les artistes de se trouver une communauté, de travailler ensemble. Marion Delpech, activiste inarrêtable, confirme, l’entraide est le nerf de la guerre.

Et à grande échelle, elle s’organise avec l’organisation technopol pour faire vivre le milieu de la musique électronique en tant qu’industrie culturelle à part entière. En ces temps difficiles, c’est une leçon qu’elle a appliquée directement, notant que “c’est la première fois que les professionnels de la musique électronique bossent ensemble, tout le monde est dans le même pétrin.”

J’espère que tous les acteurs de la filière ont pris ce temps pour réfléchir à de nouvelles façons de travailler ensemble.

Pierre Templé

Au cœur des préoccupations : construire un milieu plus responsable pour demain. Pour Pierre Templé et Martin Munier, l’écologie a désormais sa part dans l’organisation des spectacles. La question des grands déplacements d’artistes, particulièrement énergivores, quand tout un écosystème est déjà présent sur place mérite d’être posée. Pour Marion Delpech, la sororité et la sécurité de tous guident désormais ses nouveaux projets.

Cette première saison a donc été l’occasion de faire le portrait d’une industrie coupée de court, obligée de s’adapter et d’imaginer de meilleurs lendemains. En attendant la prochaine saison, vous pouvez également retrouver nos épisodes hors-série, comme l’interview de Woodkid.

Merci à toute l’équipe du podcast : Adrien Coquelin, Erwan Manchec, Solal Korsec, Arthur Tonglet et Marina Viguier.

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