Le street art continue de transformer les villes en véritables galeries à ciel ouvert, mêlant créativité, engagement et innovation technique. Chaque année, de nouveaux talents émergent et des figures emblématiques continue de prospérer dans le paysage urbain. Offrant des œuvres qui interrogent, inspirent et étonnent. Ce top 10, présente les artistes abordés tout au long de l’année, dont les créations ont marqué l’année 2025.
Paul Ressencourt & Simon Roche : Murmure
Paul Ressencourt et Simon Roche originaires de Normandie, se rencontrent en 2006 à l’École Supérieure d’Arts & Médias de Caen. Ils commencent à intervenir dans l’espace public à partir de 2010. Et choisissent de se faire appeler Murmure. Leur collaboration est très complémentarité. Paul compose les scènes tandis que Simon apporte des bases solides de dessin. Permettant de produire des œuvres d’une grande complexité technique, et d’un réalisme troublant. Ce qui distingue Murmure, c’est leur projet “Garb-age”, où l’objet banal du sac poubelle devient une métaphore puissante de la crise environnementale. Souvent en noir et blanc, ils transforment le sac plastique en baleine, en mer ou en silhouette poétique, invitant le public à réfléchir à l’impact de la pollution et de la consommation.

Roméo Tison : L’art en dialogue avec la nature
Roméo Tison est l’un des talents les plus prometteurs de la scène street art. Se distinguant par une approche singulière, faisant dialoguer ses œuvres avec leur environnement naturel. À 18 ans, il s’est rapidement fait remarquer. notamment, sur les réseaux sociaux en 2023, grâce à des créations qui mélangent graffiti urbain et land art, intégrant animaux, portraits humains. Ce qui rend l’art de Roméo Tison particulièrement captivant, c’est sa capacité à exploiter le décor naturel comme support et partenaire de création. Ses fresques monumentales, parfois visibles uniquement depuis le ciel, ou ses interventions dans des bâtiments abandonnés. Donnant une approche visuelle complétement différente. Il explore aussi l’éphémère, en travaillant avec des matériaux biodégradables ou en incorporant des éléments naturels comme la moisissure, créant des œuvres qui évoluent avec le temps.

Banksy : Provocateur de conscience
Banksy reste une figure incontournable et mystérieuse du street art mondial. Son apparition inattendue à London’s Royal Courts of Justice en septembre a confirmé son rôle. Celui d’une voix critique du pouvoir judiciaire. Fidèle à son style satirique, l’artiste peint une scène saisissante sur le mur extérieur du bâtiment judiciaire. Un juge vêtu de sa perruque traditionnelle, brandissant un marteau de justice. S’apprêtant à frapper un manifestant à terre, plaçant ainsi la justice censée protéger les citoyens, dans une posture d’oppression. Banksy a lui-même authentifié l’œuvre en la publiant sur son compte Instagram, une manière de signer sans jamais se dévoiler. Cette fresque, est perçue comme une critique cinglante de l’usage de l’institution judiciaire, contre les mouvements de protestation et les libertés civiles. Faisant écho avec les tensions politiques de l’année, notamment autour des manifestations récentes à Londres.

Monkeybird : La poésie symbolique des murs
Le duo français Monkeybird, formé par Édouard Egéa et Louis Boidron, s’est imposé comme une figure majeure du street art européen en 2025. Grâce à des fresques murales très symboliques, mêlant anthropomorphisme, histoire et mémoire urbaine. Plutôt que de suivre les codes classiques du graffiti, ils ont construit une identité artistique où l’oiseau et le singe, leurs figures récurrentes, incarnent deux facettes complémentaires de l’humanité. L’esprit rêveur, et l’instinct pragmatique pour inviter à une réflexion sur notre rapport à la liberté et à la société. Intégrant des références historiques et culturelles, pour ancrer leurs œuvres dans l’espace public. Leurs fresques, rappellent les vitraux et les gravures anciennes.

Bond Truluv : Graffiti et technologie
L’Allemand Bond Truluv, repousse les frontières entre graffitis traditionnels, arts numériques et expériences immersives. Actif depuis les années 2000, il a d’abord forgé sa réputation avec des compositions colorées sur les murs d’Europe, d’Afrique et d’Asie. Puis, il explore des nouvelles formes d’expression en intégrant la réalité augmentée à ses pièces, permettant au public de voir ses œuvres “prendre vie” via une application dédiée. Créant ainsi une interaction entre l’art mural et le monde digital. Son travail fusionne calligraphie, couleur et technologie, transformant chaque mur en une scène dynamique, questionnant les limites de l’art urbain moderne.

War ! : La nature en conquête des murs
Le street artiste français War !, s’est imposé comme une figure mystèrieuse de l’art urbain en 2025. Restant anonyme, il mène une véritable « guerre » pacifique contre la grisaille urbaine. il transforme les façades de Rennes en vastes fresques, où la faune et la flore sauvages reprennent leurs droits, redonnant vie à l’espace public saturé de béton. De plus, l’artiste cherche à apporter des messages de paix et de solidarités, envers les conflits du monde actuel, donnant à sa manière une possibilité d’ouvrir la pensée sur ces sujets. Cherchant à reconnecter nos villes avec le vivant. War ! démontre que le street art peut enrichir l’espace urbain tout en suscitant réflexion, émerveillement et dialogue avec le public.

Bordalo II : L’art de recycler
Le street-artiste portugais Bordalo II né en 1987 à Lisbonne. Sa démarche à la fois esthétique et écologique. Héritier de la passion artistique de son grand-père peintre, il commence par le graffiti avant de développer une pratique singulière, il récupère des déchets urbains, plastiques, pneus, ferraille. Les transformants en sculptures monumentales d’animaux pour dénoncer la surconsommation et l’impact destructeur des déchets sur la planète. Sa série emblématique, Big Trash Animals, place d’immenses représentations d’animaux. Composés à partir de matériaux “en fin de vie”, faisant de chaque installation un manifeste écologique en pleine rue. En multipliant ces créations colorées et spectaculaires à travers le monde, Bordalo II invite le public à repenser son rapport aux déchets tout en redonnant une seconde vie aux objets jetés, mêlant ainsi le street art à l’activisme environnemental de manière percutante.

Eduardo Kobra : La couleurs pour apporter la paix
Eduardo Kobra est un artiste brésilien, dont l’art a transformé les murs des villes du monde entier en fenêtres vibrantes sur l’humanité. Originaire de São Paulo, il a commencé à peindre dès l’enfance et a forgé un style unique mêlant photoréalisme, motifs géométriques et couleurs éclatantes. Son objectif est de rendre l’art accessible à tous, en transformant l’espace urbain en un véritable musée à ciel ouvert. Il reprend aussi bien des figures emblématiques comme “La joconde” ou “Gandhi”. Il cherche également à apporter des symboliques de paix, d’égalité et de solidarité. Eduardo Kobra cherche à pacifier les esprits à travers son art, et à rendre la culture accessible à tous en l’exposant dans la rue. Rappelant que l’art, peut être un outil puissant de dialogue et d’espoir.

Charles Levalet : L’illusionniste du quotidien
Charles Leval, plus connu sous le pseudonyme Levalet, est une figure majeure du street art français dont les créations transforment les murs des villes en véritables scènes de théâtre urbain. Né en 1988 à Épinal et formé aux arts visuels, il s’est fait connaître dès 2012 à Paris en collant des dessins en noir et blanc réalisés à l’encre de Chine sur papier kraft. Ce qui distingue Levalet, c’est sa capacité à faire interagir ses personnages avec l’environnement réel, créant des scènes surprenantes, poétiques ou humoristiques qui semblent surgir du mur lui-même. Ses œuvres jouent sur l’illusion et le surréalisme pour questionner notre rapport à l’espace urbain et au quotidien.

Scott Nagy : La nature sublimée en fresques
L’artiste Scott Nagy est un artiste australien. Il met à l’honneur la nature devenant son principal sujet. Originaire des Montagnes Bleues à l’ouest de Sydney, il a développé dès son plus jeune âge son talent pour la peinture et l’aérosol avec des graffeurs locaux. Il va suivre des études aux Beaux‑Arts, lui a permettant de combiner technique classique et énergie urbaine dans ses œuvres. Ces murs captivent le regard et donnent l’impression que l’instant est figé sur les murs, prenant vie sous nos yeux. À travers ces fresques spectaculaires, Nagy ne peint pas seulement des scènes : il invite à une réflexion sur notre rapport à l’écologie, à la mémoire et à la perte, comme dans l’œuvre “Memory Loss” qui explore la façon dont l’expérience et la connaissance peuvent s’éroder dans un monde hyperconnecté.




