Un bien particulier, les “sacs-poubelle” de Murmure

Image d'avatar de Matheo Le Roc'hMatheo Le Roc'h- Le 10 décembre 2025

Avez-vous déjà fait attention lorsque vous vous baladez dans la capitale de l’amour ou dans les grandes galeries du monde entier ? Et oui, un incroyable duo de créateurs français ont changé notre vision sur les déchets. Murmure, un nom qui a une histoire, une signification particulière. Il s’agit du nom qu’ont choisi Paul Ressencourt et Simon Roche. Ils ont mélangé la nature et le plastique dans des œuvres hyperréalistes où le sac poubelle devient le centre du monde.

Quinze ans à faire chuchoter les murs : l’empreinte discrète d’un duo normand.

Leur duo est d’abord né d’une rencontre. Paul Ressencourt et Simon Roche, ont étudié en 2006 à l’école supérieure d’arts et médias de Caen. C’est après quatre années d’étude que les artistes commencent à intervenir ensemble dans l’espace public. Le duo travaille surtout sur papier dans leur atelier. Par la suite, leurs dessins sont imprimés puis collés sur les murs des villes. Les deux artistes ont donc mis au grand jour leur projet, qu’ils ont appelé “Murmure street”. Un rendu final exceptionnel ! Des peintures murales d’un réalisme troublant qui semblent directement dessinées sur les façades urbaines. 

Ce duo utilise une technique artistique très variée : de l’acrylique à la pierre noire, en passant pour les croquis par le crayon à papier. Pour les autres créateurs, c’est surtout leur méthodes collaborative qui intrigue. Comme ils l’avaient expliqué dans une interview en 2020, Simon avait de très bonnes bases en dessin tandis que Paul avait plus de facilité dans les compositions. Ils sont devenus complémentaires. Ce travail à quatre mains leur permet de créer des œuvres dans le street art contemporain.

baleine en sac poubelle par Murmure.
“Garbage whale” (2019)

Le collage est la première passion de Murmure pour l’art urbain et, au fil des années, ils ont créé leur propre style signature qui est désormais au cœur de leur travail. Qu’il s’agisse d’une édition imprimée en noir et blanc à partir d’un dessin à l’échelle 1 ou plus récemment de peintures originales en couleur sur papier, ces images deviennent significatives, puissantes et vivantes dans l’environnement urbain où elles se déroulent. Le type de murs, leur surface, leurs couleurs, les graffitis qu’ils portent, tous ces éléments ainsi que le temps qui passe, la météo et les interactions humaines qui détériorent l’image, perfectionnent le montage de Murmure.

queue de baleine par Murmure.
“Garbage tail” (2020)

Une poésie urbaine au service d’un regard engagé

Le duo Murmure s’inscrit dans une démarche artistique résolument engagée, où le jeu, le rêve et la poésie deviennent des outils pour questionner le monde. Leurs œuvres abordent des thèmes universels et contemporains — de l’enfance aux dérives de la société de consommation, en passant par les fractures sociales, les technologies ou l’urgence écologique. Leur force réside dans leur capacité à traduire ces préoccupations en images percutantes, sans jamais enfermer le spectateur dans un sens unique.

Dans la lignée d’artistes comme Banksy, Pejac, Levalet ou Ernest Pignon-Ernest, Murmure construit une iconographie qui dialogue avec l’espace urbain. Leurs créations ne s’imposent pas : elles interpellent, suggèrent, et invitent à une interaction avec le lieu autant qu’avec l’œuvre. Chaque image porte un message, mais toujours avec finesse, laissant à chacun la liberté d’y projeter sa propre lecture.

Une création à quatre mains, entre éphémère et matière

Derrière chaque intervention se cache un travail minutieux, pensé en amont dans l’intimité du studio. Paul et Simon élaborent leurs compositions à quatre mains, privilégiant la craie noire pour sa douceur et la profondeur qu’elle offre aux contrastes. Ce choix technique donne naissance à des œuvres d’un réalisme saisissant, où chaque détail est le fruit d’une réflexion partagée autour du sens, de la forme et de l’impact visuel.

Le processus suit un chemin précis : conception, expérimentation, parfois abandon, puis réalisation à l’échelle dans l’espace public. En parallèle, certaines œuvres se déclinent en formats durables, destinés à être exposés, prolongeant ainsi la vie de créations initialement pensées comme éphémères.

Depuis 2021, leur travail s’est enrichi par l’introduction de la couleur, apportant une nouvelle dimension narrative. L’un de leurs motifs les plus marquants le sac poubelle noir devient alors un symbole puissant : à la fois matière plastique et métaphore d’un monde abîmé par ses propres excès. Transformé en drapeau contemporain, il crée un pont entre tradition artistique et réalité moderne.

À travers leurs toiles, Murmure explore les contradictions de notre époque, notamment face au dérèglement climatique. Leurs images, parfois presque irréelles, traduisent une vérité troublante : celle d’un futur déjà en train de s’écrire. Pourtant, la couleur adoucit la gravité du propos, offrant au spectateur une double lecture entre inquiétude et contemplation, comme ces silhouettes paisibles installées sur une glace prête à céder.

vol de sacs poubelle tels des oiseaux par murmure.
“Soaring”

personnes aux têtes de sac poubelle
“The lovers” (2020)
mer en sac poubelle
“Garbage Ocean”
enfants jouant avec des sac poubelles
“Duffel Battle” (2020) dans un style qui ressemble à celui du street artist Banksy

Retrouvez les œuvres des artistes sur leur site.

Article original écris en 2020 mis à jour en avril 2026

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Matheo Le Roc'h
Article écrit par :
Etudiant en journalisme, en 3ème année, Mathéo est écrivain, passionné par l'écriture. Il aime par dessus tout la musique, la culture et l'art.

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