Agoria

Portrait : Agoria, DJ fédérateur de la techno française.

Le nom de Sébastien Devaud ne vous dit peut être rien. Impossible, en revanche, de n’avoir jamais entendu parler d’Agoria. Producteur, compositeur, DJ, fondateur d’InFiné Music et Sapiens Records : le CV est impressionnant. À toute vitesse, et avec pourtant une grande précision, il a bâti sa carrière à partir de sa passion pour la musique techno et la culture rave, musique qu’il s’efforce cesse de faire évoluer.

Disciple de la techno de Détroit.

La première fois qu’Agoria se fait remarquer sur la scène musicale, nous sommes en 2001, il a 25 ans, et c’est avec La Onzième Marche, single pimenté par la présence de Tricky qu’il pose un premier pied dans le métier. À partir de ce titre, son premier album voit le jour en 2003. Il s’intitule Blossom. Il rentre alors notamment dans les bonnes grâce de Kevin Saunderson, le producteur d’Inner City. C’est une chance, Big Fun est le premier disque qui a fait tomber Agoria amoureux de la techno de Detroit.

3 albums s’ensuivront. Agoria compose au rythme endiablé de ses DJ sets partout dans le monde. Il peut se lasser vite et s’adapte alors au fil de la musique électro qui se renouvelle. La signature d’Agoria a le goût de l’inattendu et du mélange. En 2006, il sort son deuxième album The Green Armchair, un produit soigné et réfléchi. Avec habileté, il continue d’allier sa musique aux voix de chanteurs talentueux : cocktail réussi avec Princess Superstar, Neneh Cherry ou encore Peter Murphy, surprise rock.

C’est avec son label, InFiné que sort son troisième album, 7 ans plus tard. Intitulé Impermanence, il reflète bien l’état d’esprit de son auteur : hybride mais complètement cohérent. Agoria semble presque avoir atteint sa maturité musicale.

Puis, encore 8 ans passent pour qu’Agoria sorte son dernier album : Drift, qui comme son nom l’indique, fera prendre un tournant à la carrière du producteur. On y ressent davantage d’ambiances pop et Agoria assume s’éloigner des clubs dont la techno, valeur sûre, peine à se renouveler.

 Agoria et Laurent Garnier
Nuits sonores – Agoria et Laurent Garnier

Renouveler sa propre scène.

Agoria a aussi pu investir son savoir-faire dans les autres. On lui doit notamment la création du festival lyonnais Nuits Sonores en 2002, aux côtés de Vincent Carry. Mordu de la scène électro de Lyon, il s’y produit chaque année et en devient une des égéries.

Et puis, c’est en 2006 qu’il co-fonde le label InFiné Music dont la première signature sera le pianiste Francesco Tristano. Ce label avance sur la même ligne que son fondateur : les inspirations sont riches et les artistes sont variés : pop, électro, house, classique, dans un mélange subtil. De nombreux talents en ont émergé : Rone, Aufgang, Danton Eeprom, Clara Moto, Cubenx, ou encore Bruce Brubaker. Agoria décide de se séparer du label en 2011 : le talent désormais à l’origine de tant d’autres doit prendre le temps de renouveler sa propre discographie.

affiche du film lucky

Composer au cinéma.

Ses amis ne sont pas tous musiciens : Agoria a l’occasion de rencontrer, au cour de sa carrière, des représentants du 7ème art. Il compose la musique de Go Fast, film d’Olivier Van Hoofstadt, produit par Luc Besson. Il fait une très bonne première impression dans ce nouveau terrain de jeu. 

Nous voilà en 2020. Le nom d’Agoria apparait de nouveau sur l’affiche d’un film. Le réalisateur belge a fait appel au compositeur pour son nouveau film : Lucky. C’est une comédie à l’humour absurde dont la mise en musique représente un challenge conséquent, relevé avec brio.

Les titres incontournables.

Cinq titres pour vous plonger dans l’univers d’Agoria :

1 – You’re Not Alone (Drift)

2 – Scala (Scala EP) 

3 – La Onzième Marche (Blossom)

4 – Europa (The Green Armchair)

5 – Under The River (Impermanence)

Ses dates clés.

  • 1976 : Naissance
  • 2001 : sortie de son single La Onzième Marche
  • 2002 : création du festival lyonnais Nuits Sonores
  • 2003 : sortie de son premier album, Blossom.
  • 2006 : création de son label Infiné – sortie de son deuxième album, The Green Armchair
  • 2008 : composition de la bande originale du film Go Fast d’Olivier Van Hoofstadt
  • 2011 : divorce avec son label – sortie de son troisième album, Impermanence
  • 2019 : dernier album en date, Drift
  • 2020 : composition de la bande originale du film Lucky d’Olivier Van Hoofstadt. 

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