"The Hate Supermarket" : le NFT qui transforme la haine en soutien 1

“The Hate Supermarket” : le NFT qui transforme la haine en soutien

Il fallait y penser. “The Hate Supermarket” surfe sur la vague des NFT pour transformer les commentaires haineux en soutien des communautés attaquées.

Fond vert, panier de site de e-commerce rempli de captures d'écran messages haineux. Le premier : "Something about Asians that just makes me want to punch them in the suck hole."

Les NFT, pour Non-Fungible Token, “gif glorifié” transformé en œuvre d’art par la technologie blockchain, révolutionnent le marché de l’art et des crypto-monnaies. Et à l’ère de la malveillance sur les réseaux sociaux, c’est bien ironique, si ce n’est poétique, de voir ces purs produits de la culture web devenir des lots au cœur d’enchères de charité.

Les NFT et le crypto-marché de l’art

L’art NFT ou plus communément le crypto art a le vent en poupe. Le principe est simple : des œuvres sont portées sur la blockchain ce qui garantie l’authenticité gravée au cœur même de leur code. Si à la base cela ne concernait que des phénomènes barrés, comme le crypto-kitty, les NFT ont rapidement investis le marché de l’art. L’artiste Beeple a même vendu pour 69 millions de dollars sa toile “Everydays : the First 5 000 Days” chez la mythique salle de vente Christie’s.

Et l’engouement ne s’arrête pas aux confins des enchères et du monde l’art. Phénomène des internets, royaume des masses, le NFT devient un réel objet de consommation. Tant et si bien que les grandes enseignes s’emparent de ces œuvres digitales. Le 9 avril, le géant de la restauration rapide McDonald’s a, par exemple, lancé une opération commerciale avec une collection de NFT à partir de ses produits iconiques.

“The Hate Supermarket” le pied-de-nez aux haters

Et un autre fruit des internets ne cesse de croître : la haine en ligne. Les trolls aussi sont devenus des phénomènes de société. Et pourtant, la bave du crapaud peut parfois profiter à la blanche colombe. Et pour retourner la verve des plus malintentionnés contre eux, le “Supermarché de la Haine” a trouvé un moyen particulièrement efficace : transformer les tweets haineux en NFT, dont l’intégralité des bénéfices sera reversé à des associations soutenant des communautés moquées.

Et pour sa première vente, c’est Chris Bergeron qui offre une lettre de désamour qui lui a été adressée. L’autrice est une femme trans, et elle vient de sortir un livre, Valide, qui se fait récit d’une dystopie où évolue une femme trans, prête à tout pour se revendiquer telle qu’elle est. Ayant vécu pendant des décennies en tant qu’homme, désormais ouvertement femme, son regard incisif sur le sexisme lui apporte une certaine notoriété. Et qui dit notoriété sur les réseaux, dit nécessairement haters. C’est alors une critique, pas tout à fait dénuée de poésie, qu’elle a choisi pour sa vente. Proposée à 99$, elle servira à soutenir l’association ATQ (Aide aux Trans du Québec) qui bénéficiera de cette vente.

Capture d'écran twitter : "Une femme avec une prostate, sans utérus, sans ovaire, c'est une chimère, un poète ne saurait admettre votre fraude envers les plus belles créatures de la terre."
Reçu de supermarché du Hate Supermarket : Quantité 1, description : transphobic tweet, montant : 99$. Le montant sera donné à ATQ.

Retrouvez la vente sur OpenSea et les actualités du “Hate Supermarket” sur Instagram.

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