Alors qu’il a récemment béni nos oreilles avec des nouveaux titres aux sonorités brésiliennes, le DJ natif de Reims s’apprête à sortir un nouveau projet en fin d’année. Afin d’en savoir plus, on s’est posés avec lui en Bourgogne, lors du Rootstock Music Festival, entre deux lampées de Pinot Noir. Force est de constater que la musique de Yuksek se bonifie avec le temps tel un grand cru. Dégustation.

Photo de yuksek
photo Axel Morin

Quelques instants avant son set au Château de Pommard, Yuksek se confie, verre de grenache noir en main, sur la sortie prochaine de son quatrième album : 

« Je peux te dire que le projet comprendra 15 titres et qu’il va surement paraitre un peu plus tard qu’en octobre comme annoncé. Cependant je compte drop quelques titres et clips avant la sortie histoire de vous faire patienter. » 

Outre Breakbot & Irfane, Polo & Pan et Zombie Zombie, le DJ français fait la part belle aux collaborations : 

« J’ai invité pas mal de monde sur l’album c’est vrai, comme l’anglaise Queen Rose, le groupe Juveniles signé sur mon label, mais aussi les brésiliens de Fatnotronic. 

J’ai récemment découvert les australiens de Confidence Man en festival. Les gars ont ce délire disco tendance UK nineties que j’aime beaucoup, donc je les ai également conviés. »

A l’écoute des titres Cadenza et Do Beijo, les sonorités se veulent résolument brésiliennes, fusion maitrisée entre disco tropicale et bossa. Au niveau des visuels de ses singles, Yuksek a fait appel à un artiste brésilien : 

« Le mec qui a signé le design des pochettes c’est Fielder. J’aime beaucoup son univers psychédélique. Il a également posé sa patte artistique pour mes clips comme Do Beijo, ou j’ai rendu hommage à Rencontre du 3ème Type à ma façon. Les envahisseurs ne sont plus des extra-terrestres mais des bisous. » 

Au-delà du clin d’œil au 7ème art, le clip est résolument barré et psyché, à mille-lieues des productions narratives dont nous avait garni le DJ par le passé pour accompagner ses sons. 

« Je n’ai plus envie de sortir des clips filmés pseudo-narratifs. Sans critique aucune, je pense que tout a déjà été fait au niveau du storyboard. De plus je ne suis plus signé en major depuis deux ans et de ce fait je ne me sens pas du tout esclave du clic. »

En effet, à la tête de son propre label Partyfine, (dont font partie Jean Tonique, Crayon ou encore Juveniles) Yuksek multiplie les projets :

« Avec Partyfine je m’éclate, et depuis que je me suis libéré des contraintes liées aux maisons de disques, j’ai joué beaucoup plus que par le passé, produit la moitié de l’album de Clara Luciani et composé des musiques de films. Bref pour moi faire la musique ça doit rester quelque chose de cool, c’est aussi pour cela que Partyfine est né. »

Au moment d’évoquer son dernier coup de cœur musical, celui-ci marque un temps d’arrêt : 

« Dreems, le dernier album de Cassius. Les récents évènements apportent indirectement une vibe triste autour de la sortie de ce projet. Avec Philippe on s’est souvent croisé et c’était un mec en or. Deux semaines avant qu’il ne disparaisse je l’avais eu au téléphone, c’était vraiment quelqu’un qui prenait le temps pour les autres. Il avait cette générosité aussi bien professionnelle que personnelle. D’ailleurs je te conseille d’écouter la série de vidéos ou Philippe raconte la conception des morceaux de l’album Wolfgang Amadeus Phoenix. Rien que d’en parler j’en ai la chair de poule. »

Avant de conclure cette interview et accessoirement trinquer à la mémoire de Zdar, le contexte viticole impose cette dernière question : quelle musique écouter en dégustant un grand cru ? 

« Honnêtement j’adore le vin, j’ai plein de potes qui m’offrent des bouteilles excellentes mais hélas je ne retiens jamais les noms. Par contre pour la musique je n’ai pas ce problème, donc je dirais The Girl From Ipanema de Carlos Jobim. » 

Santé !

Article par François Graz