En à peine un an de carrière, l’artiste Chien Bleu a su se démarquer au sein de la scène helvétique avec son timbre de voix reconnaissable d’entre mille et ses textes percutants. Celui qui officie comme tatoueur à Genève en parallèle de son personnage scénique s’est confié à Beware! entre deux sessions d’encrage. Rencontre avec un animal atypique.

Chien Bleu, la nouvelle sensation rap de Genève.
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Beware! : Quel fut ton parcours avant de te transformer en Chien Bleu ?  

Chien Bleu : J’étais chanteur dans un groupe punk genevois, Sergent Papou, pendant 10 ans environ. J’ai toujours écouté beaucoup de rap en parallèle et au bout d’un moment j’ai ressenti le besoin de me lancer dans une nouvelle aventure, avec de nouvelles sonorités.

B! : Racontes-nous la conception de ton tout premier projet, La maison brûle.

C-B : Je venais à peine de commencer ma nouvelle carrière avec seulement deux morceaux sur internet, à l’époque je n’étais pas dans une démarche de me précipiter, mais plutôt de prendre le temps. Seulement, le programmateur du Montreux Jazz Festival m’a repéré sur les réseaux et m’a proposé de venir jouer pour l’édition 2018. A partir de là, il fallait que je produise davantage de sons car 40 minutes sur scène avec si peu de morceaux, c’est galère ! Avec mon équipe on s’est donc mis à la production, et suite à ça j’avais assez de matière pour sortir quelque chose de concret. Mon choix s’est porté sur la réalisation d’un EP plutôt qu’une mixtape. C’est comme ça qu’est né La maison brûle.

B! : Le Montreux Jazz Festival comme première scène ce n’est pas banal, tu n’as pas trop eu la pression ?

C-B : Franchement non ça allait. C’est vrai que je ne suis pas passé par le schéma classique, c’est-à-dire faire mes preuves via des petites scènes pour ensuite espérer jouer à ce festival. Cette opportunité m’a vraiment donné confiance en mon projet et depuis j’espère continuer sur cette lancée.

B! : Pourquoi l’EP fait tant référence au champ lexical de l’incendie ?

C-B : Pour moi, il était primordial de créer un univers avec un fil conducteur autour de ce projet, c’est mon côté cinéphile qui parle ! Le feu peut évoquer à la fois la destruction mais également la beauté. Je me suis rendu compte que j’utilisais cette métaphore dans plusieurs de mes titres, et j’ai décidé d’orienter la trame de l’EP autour de cette thématique.

B! : Tu fais souvent référence au 7ème art dans tes textes, et plus particulièrement avec le titre Drive, dont le clip n’est pas sans rappeler le film éponyme.

C-B : Je trouve que l’oeuvre de Nicolas Winding Refn est intéressante parce que l’atmosphère est la majeure partie du temps relativement calme avec des musiques douces et peu de dialogues, ce qui renforce la surprise quand surviennent les moments violents du film. C’est typiquement le cas avec la scène de l’ascenseur, qui commence par un court instant sensuel et se termine dans une ultra violence brutale. C’est vraiment un procédé cinématographique qui m’inspire, beaucoup plus que le propos du film en lui-même d’ailleurs.

B! : D’autres long-métrages t’ont marqué ?

C-B : L’univers de Gaspar Noé me plait énormément. J’ai récemment vu Enter the Void et Irréversible, deux descentes aux enfers résolument esthétiques. J’aime beaucoup l’acteur Tom Hardy, et encore plus depuis le visionnage du film de gangsters Legend, pour lequel il incarne des jumeaux.

B! : Chez Beware on adore les clichés, tu aurais un photographe à nous faire découvrir ?

C-B : Je te conseille vivement d’aller jeter un oeil au travail de Two Hands et de Ankward Silence, deux mecs ultra talentueux avec qui j’ai eu la chance de bosser.

B! : Un album et un clip à nous conseiller ?

C-B : L’album 808 Heartbreak de Kanye West, pas le plus récent mais un très bon projet à mes yeux. Quant au clip, Noir de Yzeult m’a gentiment mis une claque visuelle.

B! : Quelle est la suite pour toi ?

C-B : Un prochain EP pour le début de l’année 2020, j’ai de nouveaux morceaux en préparation et je vais faire la première partie d’Odezenne aux Docks de Lausanne le 26 octobre prochain.

B! : Je te laisse le mot, la phrase ou le monologue de la fin.

C-B : Merci pour la force, restez connectés, ce n’est que le début de l’aventure Chien Bleu !

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