De passage au sein du fief haut-savoyard Château Sonic les dix ans du festival, le DJ et producteur Pura Pura s’est prêté à l’exercice de l’interview pour Beware. L’occasion d’évoquer son attrait pour l’expérimentation sonore, ses sessions stud’ hyper productives avec Hyas ou encore ses nombreux projets à venir (dont deux déjà coffrés!). Entretien.
Beware : Tu te souviens de ton premier contact avec la musique ?
Pura Pura : “Depuis que je suis gamin je baigne dans la musique via mes parents. Je me souviens qu’à l’époque où on habitait dans le Cher, tous les dimanches après-midi on écoutait Jamiroquai, Stevie Wonder, Buena Vista Social Club, du funk, du jazz…Ma mère était dans le classique tandis que mon père kiffait l’électro avec des artistes comme Tiësto et Armin van Buuren.”
B : Tu as commencé relativement tôt dans le Djing sous l’alias de Baadman avec notamment une release sur le label parisien Kitsuné.
PP : “À 14 ans, j’ai accompagné mes parents chez le meilleur pote de mon père et il se trouve que le frère de celui-ci, présent pour mixer, c’était Don Remini, artiste qui a eu une certaine hype au sein de la scène Bloghousedes années 2010 avec le titre “Let Me Back Up”. J’ai passé ma soirée à le regarder mixer sur ses platines et j’ai eu un véritable déclic. Il m’avait d’ailleurs filé une liste de titres sur un fichier Excel pour que j’aille digger. Mon père m’a offert des platines un an plus tard pour mon anniversaire et dès lors je n’ai pas arrêté de m’entraîner dans ma chambre à raison de 7 heures par jour. Dès l’âge de 16 ans j’ai énormément joué en festivals et sorti cette fameuse tape sous Kitsuné. Au bout d’un moment, j’ai eu l’impression de tourner en rond, d’être bridé dans mon processus créatif alors je suis reparti de zéro sous le blaze de Pura Pura en 2016.”
B : Pourquoi ce blaze d’ailleurs ?
PP : “Quand j’étais à Rennes on faisait beaucoup de soirées gaming chez moi dont Crash Team Racing sur PS1/PS2. Je prenais toujours le petit tigre Pura !”
B : Depuis quelques années, tu collabores étroitement avec le DJ / producteur lyonnais Hyas, comment vous avez connecté ?
PP : “On s’est connecté via un pote en commun, Sevenbeatz, qui nous a dit qu’on devrait trop faire du son ensemble. On a beaucoup parlé sur les réseaux avant de se capter en vrai… 5 minutes avant de jouer chez Rinse en B2B ! L’alchimie a été immédiate, si bien qu’on a enchainé sur plein de sessions prod.”
B : Paru cette année sur Bardouin Music ; l’album “LOUDER!!!” conçu avec Hyas. Tu peux me raconter sa genèse ?
PP : “On est des grands matrixés de Footwork, on en joue beaucoup sur nos émissions de radio respectives ainsi qu’en sets communs. Puis un jour, on s’est dit qu’on allait caler toutes les tracks qu’on a toujours voulu avoir sur un projet de cette envergure sans se mettre de barrières. Au final on a atteint les 40 tracks donc il a fallu trier pour affiner le truc. Pendant nos sessions créatives on sortait environ 5-6 sons par jour, on est hyper productifs. On a décidé d’appeler le skeud Louder car on fait le bruit qu’on veut si j’ose dire.”
B : Comment s’est déroulé ton processus créatif sur l’EP collaboratif “Side by Side” ?
PP : “À l’ancienne, j’ai sorti beaucoup d’edits sur Bandcamp, c’était un peu ma spécialité on va dire. Parmi ces edits, des titres orientés rap. La vision de ce projet, c’était de travailler en collaboration avec la scène hip-hop ainsi qu’avec des producteurs du milieu comme sur le titre “Villa” en featuring avec LeDouble et Ele A sur lequel j’ai invité un beatmaker plug que j’adore ; Milanezie. Cet EP s’inscrit dans une démarche de pousser le concept à fond lorsque j’ai une idée en tête. Par exemple, à l’avenir j’aimerais trop sortir un disque dédié à la musique de films français des années 70 version footwork jazz.”
B : Quelles sont tes tracks en rotation en ce moment ?
PP : “Le dernier album de Domi et JD BECK et plus particulièrement leur titre “OUT OF SYNC” qui est magnifiquement complexe. “Soma” de Skrillex je l’écoute en boucle et surtout la track “Diwali” que j’ai joué plein de fois lors de mes sets et enfin, le single “No One Play The Game” de Martyn avec Duvall Timothy en featuring. C’est un artiste dubstep qui a basculé dans le jazz fusion pour son projet “Music for Existing.”
B : C’est quoi la suite pour toi en 2026 ?
PP : “J’suis en train de travailler sur une réédition de mon EP “RALLY”, avec des morceaux inédits issus de ma session New-Yorkaise. On a un autre EP avec Hyas de prévu et je repars aux States en octobre. J’ai deux EP de terminés mais je laisse un peu de temps avant de les sortir, j’aime trop faire du son c’est ça le truc !”
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