Depuis sa naissance en 2022, le Festival TranseAtlantique a fait de Saintes un petit port d’attache pour les musiques francophones. Chaque été, pendant quelques jours, la ville ouvre ses fenêtres sur l’autre rive de l’Atlantique et accueille une constellation d’artistes, de musiciens et de spectateurs venus faire dialoguer leurs imaginaires. Plus qu’un rendez-vous musical, le festival s’est construit comme un espace de circulation : des voix, des générations, des accents et des histoires qui se croisent et se répondent.

Car c’est peut-être là que réside l’âme du Transe Atlantique : dans cette volonté de faire tomber les frontières, géographiques autant que musicales. Chanson, pop, rock, électro, groove ou poésie se côtoient au fil d’une programmation qui préfère la curiosité aux étiquettes et la rencontre aux chapelles.
Du 20 au 22 août, sa cinquième édition hissera une nouvelle fois les couleurs de cette amitié particulière qui unit la France et le Québec. Une célébration d’autant plus précieuse que le monde culturel traverse des temps moins cléments. Face aux restrictions budgétaires qui fragilisent les festivals, Raphaëlle Chovin et son équipe ont choisi de tenir le cap. Avec peu de moyens, mais beaucoup d’obstination, ils ont imaginé trois jours de musique comme une parenthèse suspendue, où les rives françaises et québécoises se rejoignent le temps d’un été.

Et pour faire entendre cette histoire commune, le festival a convoqué quelques belles figures de la scène musicale. Cassius, pionnier de la French Touch, fera résonner ses pulsations électroniques, tandis que Sinclair, Sanseverino, Fishbach, Mademoiselle K et Vaudou Game viendront chacun déposer leur univers sur les scènes saintaises. Des esthétiques différentes, des générations qui se croisent, mais une même envie de faire vibrer le présent.
À leurs côtés, une nouvelle génération viendra troubler les habitudes et ouvrir d’autres chemins. Requin Chagrin, Miki, Teddybear, Julie Aubé, Les Frères Lemay, 2120, Kamilou, Queen Ka et Nicolas Dax composent une mosaïque d’artistes dont les voix dessinent déjà les contours de demain. Et lorsque la nuit tombera sur Saintes, Voyou et Corine prolongeront la fête derrière les platines, pour que la musique continue de circuler jusque tard dans la nuit.

Mais le festival se joue aussi ailleurs que sur scène. Dans les ateliers, dans les conversations, dans ces moments où un artiste quitte la lumière pour venir à la rencontre de ceux qui l’écoutent. Le festival aime ces instants où la distance entre le public et les musiciens s’efface, où une chanson devient une histoire que l’on partage, où un accent québécois rencontre une oreille saintaise.
C’est peut-être finalement cela, le Transe Atlantique : un festival qui ne se contente pas de faire traverser la musique, mais qui fait voyager les gens avec elle. Pendant trois jours, Saintes devient ainsi le point de rencontre de deux rives, deux cultures et d’une même langue, celle, universelle, de la musique.




