Paris, Berlin, Genève, Lisbonne, Mexico, Istanbul, New York City…bien avant de sillonner les clubs du monde entier afin de concocter des sets aussi imprévisibles qu’addictifs, c’est à Annecy que Loulou Ferrari (Louise à la ville) s’épanche pour la première fois sur la musique. Issue d’une famille de mélomanes, celle-ci fait ses classes au conservatoire national avant de s’immerger dans le DJing pour finir par ne plus jamais lâcher les platines. De passage aux Jeudis Electro à Thonon-les-Bains, Loulou Ferrari s’est entretenu avec Beware, distillant quelques bonnes tracks au passage. Morceaux choisis.
Beware : Tu te souviens de ton tout premier contact avec la musique ?
Loulou Ferrari : “En famille, on a tous baigné dans la musique. Avec mes trois frères on était au conservatoire en classe de percussions, avant que je poursuive ma formation avec la batterie. Mon père possédait un studio de musique. Parfois j’allais lui rendre visite et j’ai souvenir d’une odeur de clope omniprésente au sein du spot pendant qu’il passait des sons. Niveau disque qui m’a marqué, je dirais Dark Side of The Moon de Pink Floyd qui m’a vraiment mis une claque vers l’âge de 15 ans.”
B : Avant d’être DJ, tu as officié au sein du duo folk Comet Gunn.
LF : “Comet Gunn, ça a été un projet éphémère qu’on a lancé avec le mec avec qui j’étais et qui était à fond dans la musique. On a sorti un seul et unique EP, “Les Escaliers” sur le label parisien AB Records. Apprendre à composer à deux c’est un bon exercice car il faut sans cesse s’adapter à l’avis de l’autre. L’aventure a duré un an à peine mais j’en garde de super souvenirs.”
B : Comment tu es tombée dans le DJing ?
LF : “Via le même mec ! Entre 2010 et 2012 j’ai écumé les soirées lyonnaises et c’est comme ça qu’on s’est rencontrés. Il avait une platine vinyle, j’avais une table de mixage, j’ai racheté une platine et on a commencé à s’entrainer à mixer.”
B : Quelle est l’origine de ton blaze ?
LF : “Mon pseudo date du lycée et ça m’a suivi depuis. C’est un mix entre mon surnom Loulou et l’actrice Lolo Ferrari. En vrai ça sonne bien à l’international et pour les générations qui ont la référence en tête c’est marrant.”
B : Comment tu définirais tes sets ?
LF : “Mes sets sont assez imprévisibles, je n’aime pas trop les préparer car c’est cool de jouer avec l’ambiance du moment. Parfois j’ai eu tendance à trop les peaufiner pour au final me retrouver à faire un truc qui ne colle pas avec la vibe du public. J’ai quand même toujours une liste de sons que j’ai envie de tester mais niveau processus je pioche dans plein de playlists et je concocte mon set comme ça.”
B : Tu as performé deux fois sur la web-radio HÖR Berlin, quels sont tes souvenirs ?
LF : “La première fois, je revenais du Mexique en décembre donc j’étais bronzée et ça rendait bien à la caméra ! (rires). La deuxième fois, j’étais dans un rush pas possible pour rejoindre le studio. J’avais chopé un vélo pour y aller mais c’était le 1er mai à Berlin, énormément de monde en ville, pas de place pour se garer donc je l’ai amené direct chez HÖR. Sans oublier les vinyles à transporter que j’avais décidé de ramener pour l’occasion. J’avais un haut trop grand pour moi, d’ailleurs on le voit sur la vidéo je n’arrête pas de le remonter. Le son était trop fort donc j’ai dû demander à un ingé de le baisser en plein set. Bref, beaucoup de péripéties mais finalement c’était un très bon moment”.
B : Quel est ton avis sur la scène musicale d’Annecy ?
LF : “La scène électro de la ville est hyper intéressante, avec plein d’artistes éclectiques, mais le problème c’est qu’il manque des lieux pour les accueillir. La mairie n’est pas vraiment favorable à l’implantation de nouveaux projets et c’est tellement dommage. Le seul spot que je peux citer c’est “Le Téléphone Rose”.
B : La production c’est quelque chose qui t’intéresserait à l’avenir ?
LF : “J’aimerais bien me lancer oui ! Pour l’instant mon ordi est en fin de vie : après une décennie d’utilisation je dois le remplacer car il est saturé et pour utiliser Ableton je peux oublier. Mon père m’a proposé son aide pour m’aider à produire en plus. Fin 2026, je vais me mettre dans un tunnel créatif.”
B : Quelles sont tes tracks du moment ?
LF : “BeYourself” de Pancrasio ; hypnotique et progressif, tout ce que j’aime. “Body Mouvement” de Saoirse ; ça réveille un dancefloor ! Je vais essayer de la passer ce soir d’ailleurs, on va voir si la scène s’y prête.”
B : C’est quoi la suite pour toi en 2026 ?
LF : “Une multitude de gigs dont les 6 ans du collectif Hanabi dont je fais partie au Plantation à Paris. J’ai récemment lancé un autre crew pour faire des soirées, on a été sold out à la Péniche Cinéma. Son nom ? ShoeBox, en lien avec la boite à chaussures de chez mes parents et toute la légende qui l’entoure.”
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