La petite fille au tournesol MP

La voix rouge de James Colomina

Image d'avatar de Laura PeltierLaura Peltier- Le 19 septembre 2024

« En tant qu’artiste, je crois en la puissance des images pour éveiller les consciences ».
James Colomina.

On ne se rendra jamais assez compte des violences que subit le monde tant que l’on ne les vit pas. Beaucoup de choses ne sont pas montrées, ni dénoncées. Pourtant, certaines personnes, des artistes, nous montrent les coulisses de ces vies négligées. Dans un monde en proie aux conflits, l’art devient un cri du cœur.
C’est de James Colomina dont nous parlons aujourd’hui. Un sculpteur français, qui a choisi des figures de couleur rouge pour illustrer la douleur, la vulnérabilité et l’espoir.

Ses œuvres sont bien plus que de simples sculptures : ce sont des témoignages, des appels à la paix et à l’innocence bafouée. C’est une invitation à s’interroger sur les questions sociales et politiques qui touchent notre monde. Pourquoi eux ? Pourquoi vous ? Pourquoi nous ?

Un artiste, une couleur, une cause

street art camera de James Colomina

Le rouge, couleur de la vie et de la colère

Le rouge est omniprĂ©sent dans son travail. Ce choix n’est pas anodin. On associe souvent cette couleur Ă  la violence, la passion, le danger, mais aussi Ă  la vie et au sang. Notre regard est instantanĂ©ment attirĂ© et s’invite Ă  une rĂ©flexion plus profonde. Colomina fige l’urgence des situations qu’il dĂ©nonce. Que ce soit la guerre, l’injustice sociale ou la vulnĂ©rabilitĂ© des enfants, il nous fait entendre un cri visuel qui transcende les mots. On se rappelle alors que chaque instant doit nous ĂŞtre prĂ©cieux et que les injustices ne peuvent ĂŞtre ignorĂ©es.

L’enfant au bonnet d’âne

Des actions fortes

Sculpture Emmanuel Macron par James Colomina

Colomina n’expose pas dans des musĂ©es. Non ! Ce serait bien trop banal. Ses Ĺ“uvres s’exposent elles-mĂŞmes dans la rue, lĂ  oĂą tout le monde peut les voir, les ressentir et interagir. Nous sommes amenĂ©s sur des lieux de dĂ©bats et de discussions. C’est un choix : l’art doit ĂŞtre accessible Ă  tous. Cette approche a conduit Ă  des installations marquantes, telle que la sculpture d’Emmanuel Macron placĂ©e parmi des sans-abri Ă  Paris, (une critique de la gestion des inĂ©galitĂ©s sociales). Ces actions sont souvent rĂ©alisĂ©es sans autorisation. Il veut que ses Ĺ“uvres parlent, dĂ©noncent et, surtout, fassent rĂ©agir. Elles nous parlent, maintenant, agissons !

L’art comme outil

Des lieux chargĂ©s d’histoire

Les endroits choisis ne sont pas sĂ©lectionnĂ©s par hasard. Ils sont souvent chargĂ©s d’histoire, comme la place de l’IndĂ©pendance ou le mĂ©tro Universytet. Ces lieux ont Ă©tĂ© tĂ©moins de nombreux Ă©vĂ©nements marquants. Colomina tisse un lien entre l’histoire de la ville et un sujet prĂ©sent. Ces espaces publics deviennent alors des espaces oĂą passĂ©, prĂ©sent et futur se rencontrent. C’est un peu comme si son art nous permettait de remontrer dans le temps, en vivant l’instant.

L’enfant comme miroir de la sociĂ©tĂ©

Qu’est-ce que l’image de l’enfant nous renvoie ? Elle est Ă  la fois le symbole de ce que nous devons protĂ©ger et celui de ce que nous risquons de perdre si nous ne changeons pas. En mettant en scène des enfants dans ces contextes, Colomina renvoie Ă  la sociĂ©tĂ© une image dĂ©formĂ©e de ce qu’elle devient. Ces enfants rouges incarnent ainsi des formes de rĂ©sistance, nous rappelant que notre avenir dĂ©pend de notre capacitĂ© Ă  prĂ©server l’innocence et Ă  combattre l’injustice. Quel monde voulons-nous laisser aux gĂ©nĂ©rations futurs ?

James Colomina rouge enfant contre policier

Son art voyage en Ukraine

Récemment l’artiste c’est déplacé en Ukraine. Il nous a partagé sa vision du monde à travers son art. De ce qui se passe et de ce qui s’y cache. Pour mieux comprendre, je vous laisse avec ses quelques phrases sur deux de ses œuvres.

La petite fille au tournesol

Une petite fille qui tient un tournesol et qui regarde vers l’avenir : « Elle symbolise le renouveau et l’espoir pour l’Ukraine. C’est la vision d’un avenir lumineux. Cette installation marque une nouvelle ère pour le pays, celle de la liberté et de la fierté. Les tournesols, l’emblème de l’Ukraine, incarnent la résilience et la détermination du peuple ukrainien à reconstruire et à s’épanouir malgré les épreuves. Cette œuvre est un hommage à l’indépendance de l’Ukraine et un appel à la solidarité et à l’espoir des jours meilleurs. »

La petite fille au tournesol, lieux avant
La petite fille au tournesol oeuvre de street art par James Colomina
La petite fille au tournesol gros plan

L’attrape-cœur

Sur la façade du mĂ©tro Universytet Ă  Kiev, se trouve un enfant qui tient un cĹ“ur devant son visage, et un nounours assis Ă  ses cĂ´tĂ©s : « Cette installation symbolise l’innocence et la vulnĂ©rabilitĂ© des enfants au milieu des conflits. En choisissant la devanture du mĂ©tro de Kiev, j’ai voulu mettre en lumière le rĂ´le de ces lieux devenus des abris pour protĂ©ger les civils des bombardements, offrant un semblant de sĂ©curitĂ© dans des moments de grande menace. Le cĹ“ur que l’enfant tient devant son visage reprĂ©sente l’amour, la compassion et l’espoir — des valeurs essentielles face Ă  la violence et la peur. Le nounours, symbole de l’enfance et du rĂ©confort, rappelle que mĂŞme dans les moments les plus sombres, les enfants ont besoin de protection et de tendresse. PlacĂ©e Ă  cĂ´tĂ© d’un parc, cette sculpture Ă©voque aussi la libertĂ© du jeu et le droit des enfants Ă  vivre leur enfance en toute insouciance. Ă€ travers cette Ĺ“uvre, je souhaite souligner l’importance de prĂ©server l’humanitĂ© et l’amour, surtout pour les plus jeunes, dans ces temps troublĂ©s. »

L’attrape cœur
L’attrape cœur  en gros plan

D’autres œuvres porteuses de messages forts

  • La colombe de la paix, un message d’espoir
  • La petite fille Ă  la balançoire : l’innocence volĂ©e par la guerre
  • La marelle, contraste entre jeu et destruction
  • Le messager, un hommage aux hĂ©ros ukrainiens

En plus de ses installations en Ukraine, il s’est fait connaĂ®tre par des Ĺ“uvres intĂ©grĂ©es dans plusieurs grandes villes du monde telles que Paris, New York ou Berlin.

La colombe
La fille à la balançoire
La marelle
Le messager

Des œuvres éphémères qui deviennent un impact durable

Souvent installées clandestinement et pouvant disparaître du jour au lendemain, leur impact reste durable. Ce caractère éphémère renforce leur force symbolique. On se dit que tout est fragile, que la beauté comme l’innocence, peuvent être détruites à tout moment. C’est pourquoi il est essentiel de parler de ces œuvres, de les photographier, de les raconter. Chaque sculpture doit laisser une trace, un souvenir, car elle porte en elle un message puissant. Nous pouvons aussi devenir acteurs du changement.

La fille à la balançoire

James Colomina est un artiste qui ne laisse personne indiffĂ©rent. Il ne nous laisse pas indiffĂ©rents ! Il ne fait pas que sculpter des figures rouges, il sculpte aussi nos esprits, nos cĹ“urs et notre conscience. Nous sommes poussĂ©s Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  ce que nous sommes devenus et Ă  ce que nous voulons ĂŞtre. Que ce soit par la couleur, le choix des figures d’enfants ou les lieux de ses installations, il nous montre le monde diffĂ©remment : Ă  travers ses yeux. Colomina ne se contente pas d’imaginer et de crĂ©er ; il est un acteur du changement, un provocateur bienveillant qui, Ă  travers son art, nous rappelle que l’humanitĂ©, dans toute sa complexitĂ©, mĂ©rite d’être protĂ©gĂ©e. Une vie n’est pas moins importante qu’une autre.

Retrouvez le travail de James Colomina sur son site : https://www.james-colomina.com/

enfant sur un pilier James Colomina
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Laura Peltier
Article écrit par :
Je m'appelle Laura Peltier, étudiante en art et passionnée par l'écriture. Je cherche à transformer des souvenirs personnels en émotions universelles. Mon art est une quête pour immortaliser l'éphémère, une exploration de la mémoire où chaque toile et chaque mot devient une trace de vie.

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