Une statue d’un mystérieux homme marchant en tenant un drapeau qui lui recouvre le visage et une signature placée en bas de la colonne de pierre qui la supporte agite les rues de Londres. Le nom sur toutes les lèvres ? Banksy, le célèbre street artiste britannique connu pour ses œuvres au pochoir engagées et son identité secrète. Après plusieurs heures de silence complet, l’artiste se fait entendre !

Le mystère de Waterloo Place
L’art de Banksy est reconnaissable grâce à son style bien défini au fil des décennies et des nombreuses représentations de son travail sur les murs des bâtiments londoniens. Tellement reconnaissable que l’artiste ne signait plus ses fresques depuis quelques années, préférant révéler qu’il était derrière le projet en l’affichant sur Instagram.
Son nom sur une pierre s’est finalement avéré un aveu de la part du street-artiste, une reconnaissance plus tard expliquée par une vidéo de l’installation de la statue. Depuis l’apparition d’un pochoir représentant deux enfants allongés sur le dos, observant le ciel sur deux façades à Bayswater en décembre dernier, l’artiste se faisait discret. Cette statue signe-t-elle son retour ?

Pour l’instant, tout ce qu’on sait de l’œuvre, c’est ce qu’elle veut bien nous dire. Le nouveau résident de Waterloo Place est un homme en costume marchant d’un pas décidé en dehors de son haut socle en pierre. De sa main droite, il brandit fièrement un drapeau qui lui recouvre entièrement le visage. Derrière lui se dresse le club privé, Athenaneum, et de la statue d’Athena, déesse de la sagesse, symbole d’apprentissage et d’intelligence, à qui il doit son nom.

Un endroit stratégique qui fait réagir. Parce qu’Athéna n’est pas la seule à se dresser face à cet homme aveuglé par son drapeau. Des figures historiques ayant marqué l’histoire d’Angleterre sont représentées en bronze autour de ce nouvel arrivant. L’ancien roi Edward VII et la pionnière des soins infirmiers modernes Florence Nightingale lui tiennent compagnie. Un point qui ne ravit pas tout le monde.
Dans la vidéo partagée par l’artiste, il retient l’opinion d’un passant. Un homme âgé, mécontent de la statue et de son emplacement. Un contraste avec les retours positifs que reçoit l’artiste sur ses réseaux sociaux.
Sa statue dérange, interroge, appelle à la remise en question. Un homme si apprêté, se déplaçant avec conviction devant un monument prônant la conservation d’un certain intellect en petit comité, qui se laisse guider par le drapeau (symbole de patriotisme ?) même lorsque celui-ci l’empêche de voir.
Un choix en réalité, d’obéir aveuglément à ce qui est dit, ce qui est présenté comme la marche à suivre. Alors, se retrouver confronté à cette représentation d’une conviction aujourd’hui activement pointée du doigt, réveille une réaction brute de la part des citoyens.
Personne n’aime se faire critiquer, pourtant c’est ce que préfère faire l’artiste. Interpeller la société sur des problèmes qu’ils peuvent régler en se remettant en question et se mobilisant.



