
Antonio Segura, alias Dulk, construit son imaginaire à partir d’encyclopédies et de documentaires. Ses fresques représentent des créatures que l’on n’a jamais vu mais qui nous semble pourtant familières. Loin de simplement nous émerveiller ses fresques nous posent des enjeux environnementaux et écologique.
Des encyclopédies familiales aux murs des villes, la naissance d’un imaginaire foisonnant

Né à Valence en 1983, Antonio Segura grandit entourer d’animaux. Enfant, il aide son père à nourrir les oiseaux élevés par sa famille et observe poissons, chiens et chevaux. Il passe aussi du temps à redessiner des animaux présents dans les anciens ouvrages de ses parents. L’illustration devient rapidement une manière de prolonger cette curiosité pour le vivant.

À 18 ans, Il commence alors des études d’économie, qu’il abandonne dès la première année pour se former à l’illustration puis au graphisme à l’Université de Valence. Cette double culture entre dessin et pratique urbaine restera au sein de son travail. Dulk passe aussi bien par la peinture et le muralisme que par la sculpture ou l’illustration.

Derrière cette légèreté se cache un engagement fort, les animaux deviennent les personnages d’un monde fragile pour sensibiliser.
Pour Dulk, les animaux de ses illustrations ne sont cependant pas de simples images naturalistes. Il les observe, les documente puis les transforme, jusqu’à créer des organismes hybrides composer de différentes espèces qui nous sont plus familières. Cette imagination vient directement de son rapport au vivant, Dulk explique que ses voyages dans des régions reculées et ses observations de la faune constituent une source majeure de son travail. Une fois rentré en studio, il tente de transposer cette expérience en images.

Les couleurs vives et ses compositions foisonnantes donnent ainsi une apparence presque ludique à des situations beaucoup plus inquiétantes. C’est notamment cette contradiction qui se retrouve dans son projet Heritage. Dulk met à l’honneur la richesse de la biodiversité tout en montrant la menace qui pèse sur elle.

Cette démarche s’est particulièrement précisée avec ses projets récents. Pour The Forest Prisoners, réalisé à Madrid en 2025, Dulk représente des espèces comme le lynx ibérique, le blaireau, le hérisson ou la cigogne noire dans des fragments de forêts isolés par l’activité humaine. Le titre lui-même résume son message, ces animaux sont devenus prisonniers des quelques habitats qui leur restent.

Du voyage au mur, raconter ce que l’on ne voit plus
Dans son Heritage Project, il voyage pour observer les écosystèmes avec l’aide d’experts locaux, documente les espèces rencontrées puis transforme ces recherches en œuvres. L’objectif est de faire prendre conscience aux spectateurs que les animaux qu’il contemple actuellement sont en danger.

Mediterraneus, réalisé à Valence en 2025 avec la Fondation Oceanogràfic, pousse cette méthode encore plus loin. Une dizaine d’espèces marines y sont disposées en spirale selon leur état de conservation. Des biologistes et vétérinaires ont accompagné le projet afin d’en assurer la précision scientifique.

Dulk ne renonce pourtant pas à l’imaginaire. Ses animaux hybrides continuent de peupler ces murs semblables aux habitants d’un monde parallèle. Créer l’émerveillement pour dévoiler, derrière la créature fantastique, le vivant bien réel qu’elle représente. Pour suivre l’actualité de ses travaux, rendez-vous sur son compte Instagram.



