Entre le retour solaire de Steve Lacy avec Bébé, Larry June replonge dans l’âge d’or du rap américain avec son nouvel album Who Coppin, tandis que Nia Archives transforme le chaos intérieur en piste de danse sur There Goes Ma Head. Voici les trois morceaux qui nous ont donné envie de rejouer le son.
Steve Lacy – Bébé
Il y a les sons d’été qu’on met à fond sur une enceinte Bluetooth. Et puis il y a ceux qu’on lance juste pour profiter du moment. Bébé fait clairement partie de la deuxième catégorie. Extrait de l’album Oh Yeah?, le nouveau morceau de Steve Lacy s’appuie sur une guitare douce, des paroles simples qui racontent un coup de foudre ne laissant plus de place à rien d’autre, et cette ambiance légèrement planante qui donne envie de lézarder au soleil. Sous la vidéo, un commentaire résume parfaitement ce qu’on a ressenti : « On a l’impression d’être dans une très longue voiture sur la Route 66… jusqu’à atteindre l’océan. Puis de continuer à rouler dessus. » Dit comme ça, l’image paraît presque absurde. Pourtant, c’est exactement la sensation que laisse Bébé. On se croirait dans la dernière scène d’un vieux film américain, les vitres baissées, avec l’envie de laisser le morceau tourner.
Larry June – Go Outside Intro (feat. Wallo267)
Dès les premières notes de Go Outside Intro, on comprend que l’instru va faire une bonne partie du travail. Extrait du nouvel album Who Coppin, le morceau s’ouvre sur une voix samplée, posée sur une nappe sonore douce qui installe immédiatement une ambiance très chill. Avant même que Larry June n’entre en scène, Wallo267 ouvre le morceau avec une prise de parole qui pose le décor. Puis le rappeur déroule son flow calme et assuré.
Le clip pousse encore plus loin l’esthétique rap américain des années 2000 : jeans baggy, maillot de hockey XXL, yacht, voitures de collection et image volontairement vieillie, comme si tout avait été filmé avec un vieux caméscope. Ce n’est pas une nostalgie forcée ou une tentative de rejouer une autre époque. C’est du old school totalement assumé, porté avec assez d’assurance pour ne jamais ressembler à un déguisement. En bref, c’est du Larry June.
Nia Archives – There Goes Ma Head
Avec There Goes Ma Head, Nia Archives transforme le bazar qui lui traverse la tête en un morceau presque euphorique. Extrait de son nouvel album Emotional Junglist, le titre avance comme un flux de pensées impossible à calmer. Le rythme ralentit, accélère, s’emballe puis redescend, comme lorsque plusieurs émotions se mélangent et qu’on ne sait plus très bien laquelle écouter.
Le clip en noir et blanc prolonge cette impression : dans un bâtiment désaffecté, les corps dansent, font la fête et semblent parfois complètement ailleurs. Tout est un peu chaotique, mais c’est précisément dans ce désordre que le morceau trouve son énergie. Nia Archives réussit ainsi à donner une forme au tumulte intérieur, sans sacrifier le côté très cool et accessible du titre. Une bonne manière d’entrer dans son univers sans se prendre immédiatement une avalanche de breakbeats en pleine tête.



