Raul Sisniega

Raul Sisniega et le muralisme de créatures imaginaires démembrées

Raul Sisniega repense la place de l’humanité dans le monde en inventant des créatures toutes plus effrayantes les uns que les autres.

Peinture sur toile d'oiseaux qui forment un cercle

Raul Sisniega, artiste muraliste mexicain, représente des monstres et des créatures aux yeux exorbitants et aux membres disposés aux quatre coins de ses œuvres. En créant de tels personnages par le Street-Art, il entend explorer le futur et la volonté de l’Homme de se sentir éternel.

Fresque d'un crâne entouré de multiples yeux
Créature proche du dragon qui emporte des crânes avec elle.

Un propos existentiel

Ses créatures mélangent les formes du cubisme et les inspirations du fameux « dia de los muertos » au Mexique. Il recouvre les murs, mais aussi des toiles et des céramiques de ses œuvres psychédéliques qui trouvent leurs sources dans des questions existentielles et le rappel que la mort finit toujours par s’imposer à l’Homme. 

Œuvre de Sisniega qui serpente le mur.

La mise en scène des squelettes et de crânes comme dans la culture mexicaine pousse à la réflexion sur le sens de l’existence humaine. De même, l’émiettement en particules fines des créatures qui prennent des formes animales peu être interprété comme un message d’alerte de la disparition de multiples espèces de la surface de la terre.

Des œuvres à l’international

Sisniega a participé à de nombreux projets à but non-lucratif dans son propre pays, mais ses œuvres s’observent aussi à Londres, Manchester ou encore Sydney. L’arrivée, dans des pays occidentaux, de cet art traditionnel précolombien représentant la mort peut paraître macabre lorsqu’il est affiché de manière ostensible, mais en allant au-delà de la première impression, ces œuvres prennent tout leur sens.

Un visage apparaît au milieu de deux mains ouvertes
Monstre cyclope avec deux bouches représenté par Raul Sisniega

Des extraterrestres et des illusions pour l’avenir

Selon Raul Sisniega, certains des personnages de ses muraux représentent l’idée qu’il se fait de l’apparence des extraterrestres et de montres, comme son compatriote Dos Diablos. Ces derniers entrent dans un jeu d’illusions d’optique créées par l’artiste mexicain à l’aide des formes géométriques. La déconstruction des corps, avec des membres qui apparaissent prétendument de manière aléatoire sur les murs, a contribué à caractériser le style de Sisniega.

Vision éloignée de l'œuvre "intelligence aliène"
Coatlicue, personnage inspiré des civilisations précolombiennes en forme d'arbre.

L’apparition des yeux ou des mains sans lien avec un corps lui permettent d’explorer le thème de la transformation de la nature et de l’Homme en de simples formes qui font partie d’un univers à part. En effet, les formes de Sisniega se confondent souvent avec le décor qui entoure les créatures étranges. 

Avec le mélange des influences, ce street artiste mexicain crée presque une mythologie, le lien étant entretenu entre son art et les civilisations précolombiennes. Il crée, par son art, une sorte d’hypothèse de ce à quoi pourraient ressembler les corps dans le futur si l’Homme continue de chercher à vivre pour l’éternité.

Oeuvre sur mur en brique "Nada más que píxeles "
oiseau en pleine décomposition peint sur un mur.

Ayant commencé dans l’art muraliste au début des années 2010, il a, depuis, compilé ses créations dans deux livres : « Make your mark : The new urban artists » et « Muros somos : los nuevos muralistas mexicanos ».

Retrouvez Sisniego sur Instagram et sur son Behance.

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