Ole Marius Joergensen

Ole Marius Joergensen, portrait d’un photographe amoureux de la nature et nostalgique du temps qui passe

Icône de la pop-culture, Ole Marius Joergensen photographie le quotidien à travers les codes du cinéma américain.

Un photographe imprégné par la culture américaine

Artiste norvégien né en 1976, Ole Marius Joergensen lève le voile sur sa terre d’adoption : l’Amérique du Nord. Ses photographies transmettent au spectateur une forme de “nostalgie sourde” – une nostalgie de l’enfance et du temps qui passe. Il a grandi les yeux rivés outre-Atlantique, fasciné par le storytelling à l’Américaine et l’American Way of Life de la fin du 20ème siècle.

Ses réalisations sont souvent qualifiées de “photographies cinématiques” et marquent l’esprit du public grâce aux couleurs vives qui se retrouvent juxtaposées à des éléments plus sombres.

Femme assise à table portant un masque chirurgical et homme versant du café
This is a view back on the golden days, Ole Marius (2022)

Fasciné depuis son plus jeune âge par Superman, Ole Marius n’a cessé de faire écho à cette référence culturelle américaine depuis qu’il pratique l’art de la photographie. Superman représente pour lui une forme de puissance et de courage qui dépasse les lois de l’entendement. Ce symbole a beaucoup influencé ses photographies mais d’autres références lui sont également chères.

Passionné de cinéma, il a grandi en regardant les œuvres de David Lynch et Steven Spielberg mais il s’est réellement construit grâce aux films et à la technique d’Alfred Hitchcock qui aura inspiré bon nombre de ses fonds et de ses mises en scène – mises en scène parfois lugubres et angoissantes. Bien que fasciné par le cinéma américain du 20ème siècle, Ole Marius est également imprégné de culture picturale : Edward Hopper ou Caspar David Friedrich, entre autres.

Ole Marius Joergensen, portrait d'un photographe amoureux de la nature et nostalgique du temps qui passe 1
Série “Finding the Red”, Ole Marius Joergensen

L’enfance et la Nature en communion

Ole Marius Joergensen est un artiste qui ne s’arrête jamais. Il est en constante quête d’inspiration, de lieux et de sujets. Si ses thèmes de prédilection restent les États-Unis de la fin du 20ème siècle, la nostalgie qui en découle et les milieux ruraux de ce pays, il aime aussi renouer avec ses propres racines et mettre en lumière sa terre natale norvégienne. Chacune de ses expositions propose quelque chose de différent tout en respectant un certain fil conducteur.

Sa première série de renom remonte à 2014 avec “No Superhero” – série qui est une ode à son héro d’enfance Superman. Ce superhéros est, aux yeux d’Ole Marius, la métaphore du courage et de l’humilité – personnage qui l’inspire depuis petit et qui le suit dans chacune de ses séries. “No superhero” est justement une série de photos réalisée à travers l’œil d’un enfant naïf mais admiratif des États-Unis de la fin du 20ème siècle.

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Série “No Superhero” (2014)

En 2015, Ole Marius Joergensen offre à son public sa deuxième série “Space Travels” – série qui retourne sur la terre natale de l’artiste et qui met en avant l’anxiété qu’il a pu ressentir plus jeune. Cette terre natale, bien qu’hautement essentielle dans la construction d’Ole Marius, est surtout synonyme d’anxiété et d’oppression pour ce jeune homme qui a toujours regardé au loin, inspiré par ce qu’il se passait outre-Atlantique.

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Série “Space Travels” (2015)

Puis c’est entre 2016 et 2018 qu’Ole Marius Joergensen revient finalement sur son passé et décide de dresser un portrait affectueux de la Scandinavie des années 1950-1960. Cette série “Vignettes of Salesman” fait honneur aux temps anciens où les hommes étaient plus proches de la Nature. De plus, c’est une référence directe à Arthur Miller (dramaturge et essayiste du 20ème siècle) qui plaçait la Nature au cœur de ses écrits.

Montagnes et deux maisonnettes avec un homme portant une valise
Série “Vignettes of Salesman” (2016)

A lot of traditions are being lost as new technologies have conquered our world.

Ole Marius Joergensen dans “Vignettes of Salesman”

Cette volonté de renouer avec la Nature, d’être plus ancré dans le sol est un leitmotiv que le spectateur va retrouver dans toutes les futures séries d’Ole Marius. En effet, dès 2019 et sa série “A long forgotten nocturne”, il place à nouveau la Nature et ses ressources au cœur de ses photos. Cette ode au monde naturel est en lien direct avec le Mouvement Romantique – mouvement où l’expression des sentiments et la nostalgie du temps qui passe occupent tout l’espace. C’est exactement ce qu’Ole Marius Joergensen a tenté de transmettre avec cette série : la disparition du monde rural simple et paisible au profit de la modernité et d’une société où l’immédiateté et la superficialité sont maîtres.

Maison en bois perdue dans les montagnes femme assise
Série “A long forgotten nocturne” (2019)

S’ensuit en 2019 la série “Finding the red” où l’empreinte du cinéma américain est omniprésente. Les symboles hitchockiens occupent le devant de la scène (personnages maussades et mystiques, corbeaux survolant le ciel, ambiance lugubre…). Néanmoins, cette série laisse également beaucoup de place aux vastes paysages faisant directement écho aux œuvres du peintre et graveur Edward Hopper.

Rue déserte femme portant une valise corbeaux survolant
Série “Finding the Red” (2020)

Enfin les années 2020-2022 sont deux années charnières pour Ole Marius Joergensen car elles sont une sorte de résumé de l’ensemble de ses œuvres. Comme si l’artiste avait souhaité faire un condensé de tout ce qu’il a pu vivre et voir au cours de ces dernières années.

Si la série “Club tropical” est très axée sur ses souvenirs d’enfance et sur une certaine nostalgie des années 1990, la série “All that was left was a yellow duck” met en avant sa relation avec la Nature. Il regarde à présent la Nature telle une grande aire de jeux dans laquelle et grâce à laquelle il est devenu ce qu’il est aujourd’hui, une aire de jeux qui l’a formé et forgé.

Jeune homme assis devant télévision dans salon rideaux et lampe allumée
Série “Club Tropical” (2021)
Lac montagnes matelas gonflabe en forme de canard
Série “All that was left was a yellow duck” (2022)

Un artiste reconnu, récompensé et encensé à l’international

Ole Marius Joergensen plaît et fascine le public et ceci se voit à travers les nombreux prix qu’il a pu recevoir au cours de sa carrière : le Prix de la photo de Paris PX3, Focus Photo, Moscow Photo Awards ou encorele Prix IPA International. Ole Marius est reconnu et admiré par ses pairs qui apprécient la justesse avec laquelle il fait honneur aux grands noms du cinéma comme Alfred Hitchcock ou Jacques Tati et de la peinture comme Edward Hopper. Ole Marius Joergensen arrive à puiser dans d’autres formes d’art, d’autres médiums et à les réinventer en photographie.

S’inspirer et élever sans jamais plagier, voici une des caractéristiques essentielles de cet artiste norvégien.

Fort de son succès, Ole Marius Joergensen a publié un livre comprenant des séries de photo. Ce livre fait écho à la fameuse référence culturelle qui l’anime depuis petit, Superman. Ce livre publié en 2021 s’intitule “No. Superhero” et les références sont à retrouver sur le site de l’artiste et sur son compte Instagram.

Livre photo Ole Marius couverture claire avec un homme
No. Superhero, Ole Marius Joergensen (2021)

On vous invite à jeter un coup d’œil au travail de Lukas Furlan, photographe qui met en lumière le nord du Vietnam.

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