mona caron street art

Invasion d’herbes folles avec les fresques titanesques de Mona Caron

Les plantes courent les rues grâce à Mona Caron, artiste suisse se plaisant à vêtir les immeubles de gigantesques herbes folles et autres fleurs champêtres.

Eutrochium à Jersey City (New Jersey) © Mona Caron
Eutrochium à Jersey City (New Jersey) © Mona Caron
Eutrochium à Jersey City (New Jersey) © Mona Caron
Eutrochium à Jersey City (New Jersey) © Mona Caron

Basée à San Francisco, l’artiste parcoure le monde à la recherche d’espaces urbains pour y faire fleurir ses fresques. Mêlant muralisme, street art, botanique et activisme, portrait d’une créatrice à la main verte.

Un “art monumental et héroïque, humain et populaire”

Mona Caron s’inspire du muralisme, un mouvement artistique mexicain apparu au début des années 20 et défini par la réalisation de peintures politiques gigantesques ornant les façades d’immeubles. Ce mouvement a permis aux muralistes de se réapproprier l’espace public tout en utilisant l’art comme moyen de contestation et d’expression. Cet “art monumental et héroïque, humain et populaire” (Siqueiros, peintre muraliste), Mona décide de l’interpréter dans une version moderne et surtout, végétale.

Eutrochium à Jersey City (New Jersey) © Mona Caron
Namur (Belgique) © Mona Caron

Mona grandit dans une région verdoyante de Suisse. Auprès de sa famille, elle s’imprègne de la nature, trouvant parmi les plantes la source de ses inspirations futures. Après de brèves études de littératures anglaises à Zurich, elle décide de s’installer à San Francisco, ville dans laquelle elle a obtenu son baccalauréat en Beaux Arts, mention illustration. Dans le compté de Californie, elle plante ses racines, expérimentant son art et sa manière de créer avec diverses fresques.

Épilobe en épi, Portland © Mona Caron
Épilobe en épi, Portland © Mona Caron

Semer les graines d’un activisme artistique

Artiste aux multiples supports, Mona pose son dévolu sur la réalisation d’herbes sauvages gigantesques sur les façades d’immeubles, au cœur d’un paysage urbain qui grandit, lui, en rasant ces mêmes plantes. Ce projet d’envergure, elle le nomme “Weeds“. L’artiste souhaite envahir les villes de mauvaises herbes, ces plantes dont on tente de se débarrasser, qui finissent constamment par réapparaître mystérieusement.

Elle décore des façades, envahit le paysage urbain, parfois sur près de 50 m de haut : les herbes poussent et rampent le long des buildings, à l’image des gratte-ciels qui demeurent, eux, toujours plus hauts et toujours plus ternes.

Cohosh à Brooklyn © Mona Caron
Cohosh à Brooklyn © Mona Caron

Qu’il s’agisse d’espèces envahissantes ou de plantes sauvages bénignes, elles agissent comme des mauvaises herbes lorsqu’elles apparaissent clandestinement, de façon autonome, dans des endroits urbains surprenants.

Mona Caron

Pour contrecarrer la grisaille de la ville, rien de tel que de voir de gigantesques fleurs escalader le long des immeubles. Avec ces fresques, la nature ne se fait plus écraser par l’homme et ses volontés d’expansion voraces. Les plantes finissent par reconquérir leur terrain, plus majestueuses que jamais, à la fois titanesques et superbes.

L’art de la muraliste vient questionner et pointer du doigt des thématiques écologiques, l’empreinte que peut avoir l’homme sur l’environnement. En retrouvant ces herbes qu’on ne côtoie plus au sein des villes, on les laisse de nouveau s’imposer dans un paysage qui ne leur appartenait plus.

Mona à Versailles (Projet 1096) © Aruallan
Mona à Versailles (Projet 1096) © Aruallan
Mona à Versailles (Projet 1096) © Aruallan
Mona à Versailles (Projet 1096) © Aruallan

Mona Caron, dans la fleur de l’art

La muraliste défini ses fresques comme une forme d’ “art-ivisme“, un activisme permis par le biais de l’art. Dans cette démarche, elle travaille régulièrement aux côtés d’organisations sociales et environnementales, afin de créer de nouvelles fresques. C’est par exemple aux côtés de l’organisation Quai 36 qu’elle réalisera une fresque à Versailles, dans le cadre du Projet 1096.

Limonium à San José (Californie) © Mona Caronv
Limonium à San José (Californie) © Mona Caron

Libère-toi de tes carcans et renait aussi résistant qu’une mauvaise herbe.

Devise de l’artiste
Grande Gentiane, Le Locle (Suisse) © Mona Caron
Grande Gentiane, Le Locle (Suisse) © Mona Caron

Avec Mona Caron, les plantes n’ont pas fini de courir les rues, et son art-ivisme non plus. Le street art, dans sa dimension grandiose, est un médium artistique régulièrement utilisé par divers créatifs pour s’exprimer sur des situations et des problématiques sociétales. Dans cette démarche, on peut retrouver l’artiste C215, ou encore celui qu’on ne présente plus : Banksy.

Pissenlit à Oluff Nilssons Väg (Suède) © Mona Caron
Pissenlit à Oluff Nilssons Väg (Suède) © Mona Caron
Kaohsiung (municipalité spéciale de Taïwan) © Mona Caron
Kaohsiung (municipalité spéciale de Taïwan) © Mona Caron
Kaohsiung (municipalité spéciale de Taïwan) © Mona Caron
Kaohsiung (municipalité spéciale de Taïwan) © Mona Caron
Salicorne à San Francisco, © Mona Caron
Salicorne à San Francisco, © Mona Caron
Pedicularis densiflora à San Francisco, © Mona Caron
Pedicularis densiflora à San Francisco, © Mona Caron

Pour découvrir ses nouvelles fresques et suivre l’actualité de l’artiste, ça se passe sur son site et sur son Instagram.

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