Lolo Zouaï prend la route avec son premier album, “High Highs To Low Lows”

Tel un regard attendrissant porté sur sa vie, Lolo Zouaï nous dévoile son premier album intitulé “High Highs To Low Lows”. Bercée par des désillusions passées et déterminée, elle s’empare de sa plume pour composer un morceau dénonciateur porteur de renouveau. Un morceau qui donnera naissance à une oeuvre personnelle, introspective emplie de sincérité. Rencontre.

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En quoi considères-tu la musique comme un challenge ?

Lolo Zouaï : Je ne dirais pas que la musique incarne complètement un challenge, c’est avant tout divertissant. Lors de la composition, la partie instrumentale découle naturellement contrairement à l’écriture. Trouver deux phrases peut me prendre deux semaines ce qui ressemble à une torture psychologique. Traduire ta pensée, ton émotion en quelques mots n’est pas une démarche évidente. Tu dois être impactant. Le challenge se situe dans l’aboutissement d’une composition. Il est toujours plus simple de commencer que de terminer.

Quel est le fil conducteur de ton premier album ?

Lolo Zouaï : Ce premier album est une présentation qui retrace ma vie, mon parcours, tout simplement. Chaque morceau traduit une période, un moment vécu. Je recherchais un équilibre entre une forme de divertissement et une réelle profondeur. Certaines compositions sont “sexy” d’autres davantage introspectives, teintées de tristesse et de mélancolie. Ce contraste était important pour montrer ces diverses facettes de ma personnalité. Je suis une personne qui rit beaucoup mais qui pleure également beaucoup. L’authenticité est primordiale.

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Les morceaux de ton double single « Ocean Beach » ne figurent pas dans ton album. Pourquoi dissocier ces projets?

Lolo Zouaï : “Ocean Beach” incarne une parenthèse pour moi, un peu comme un jardin secret qui me renvoie à certaines choses. Ces compositions douces n’étaient pas cohérentes avec la rythmique du premier album. Finalement, mon histoire et ma voix relient ces compositions mais je souhaitais les dissocier.

“ Il y a un côté hip-hop qui vient de San Francisco, des mélodies plus classiques qui évoquent Paris, on retrouve aussi des sonorités arabiques dans les adlibs, inspirées par mes racines algériennes, et enfin une énergie plutôt rentre-dedans qui rappelle clairement New York, où je suis désormais installée.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de ton premier album ?

Lolo Zouaï : Tout a commencé avec “High Highs To Low Lows” puis “Blue” avant un enchaînement considérable de morceaux. Ce début d’année était une période intense étant donné que je passais mon temps au studio. J’ai abandonné temporairement Netflix, on va dire. Quand toutes les compositions sont terminées, les arrangements surviennent. C’était un peu compliqué à la fin mais quand une musique est terminée, je passe automatiquement à la suite.

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« Jade » signifie en anglais le sentiment de ne rien ressentir. As-tu l’impression de devenir insensible face à la beauté qui t’entoure ?

Lolo Zouaï : Parfois, je ressens une vague d’émotion me submerger et puis rien. C’est facile de ne pas être ancré dans le présent, de se sentir absent tout en étant physiquement à un endroit. C’est un sentiment que tout le monde peut ressentir à un moment donné. Je me sens réellement vivante quand je suis sur scène. Tout comme à Ocean Beach. J’ai besoin de voir la mer. Collaborer avec Dev sur ce morceau était une belle expérience, tout était simple et naturel. “Jade” se présente donc comme une forme de dialogue, une évolution inattendue mais qui donne davantage de teneur à cette composition.

“Lose Myself” induit une forme de vulnérabilité. Dirais-tu que tu es une personne sensible ?

Lolo Zouaï : Je suis extrêmement sensible. Les émotions des personnes qui se situent autour de moi me touchent directement. Je ne sais pas si cela se ressent quand je parle dans le cadre d’interviews par exemple. Plus le temps passe, plus une forme de mélancolie survient ce qui n’est pas une chose négative selon moi. La sensibilité accentue la créativité. J’ai composé ce morceau pour me remémorer le temps de mes premières compositions face à la mer. Tout était encore à faire. Il est facile de se laisser envahir par les désillusions mais elles ne doivent pas être une finalité.

Tu as réalisé plusieurs de tes clips. Que souhaitais-tu transmettre comme émotions à travers ces réalisations “artisanales”?

Lolo Zouaï : Une forme d’authenticité avant tout. Je souhaitais montrer une forme de réalité sans artifice ce que la caméra VHS permet. Hannah Hotchkiss, ma meilleure amie me suit dans ces périples en capturant ces instants bruts. On se retrouve dans un quartier de New York, on marche dans les rues, on rentre dans des épiceries, ce qui donne ces moments de vie. Pour “Ocean Beach” nous sommes retournées à San Francisco. Il pleuvait et j’ai voulu imiter les rappeurs dans leurs voitures. Je vais devoir en réaliser un à Paris maintenant.

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“Beaucoup” résonne comme une ballade sensuelle. Pourquoi ce sursaut de délicatesse ?

Lolo Zouaï : Les chansons françaises sont poétiques, classiques, dotées d’une beauté intemporelle. Je n’allais certainement pas mettre de l’auto-tune ou faire du hip-hop dans cette langue. L’écriture devait être profonde, douce et parler d’amour tout simplement. “Beaucoup” est le dernier morceau de l’album, un moment apaisant. Il était important pour moi que la culture américaine comprenne davantage la chanson française.

Ces prochains mois ?

Lolo Zouaï : Je pars en tournée aux Etats-Unis puis au Canada. Je reviendrai en Europe pour certains festivals comme le We Love Green, avant de débuter une tournée dans le coin. La “Ride” ne fait que commencer !

“You don’t want me, I’m crazy
But there’s no one like me and that drives you wild
You don’t need me, but you crave it
You lose your mind every time that I, Ride”