Jaffna monte monte : rencontre avec les protégés de Thylacine

Lundi soir, nous avons rencontré le groupe de musique électronique Jaffna, signé sur le label Intuitive Records créé par Thylacine.

Des échanges simples avec un duo jovial et amical, qui nous raconte leur histoire des étoiles dans les yeux, excités par ce qui leurs arrive. Leur 2è EP « Retrograde » sorti le 20 avril fait encore mouche, une belle histoire pour ceux qui ont commencé à composer ensemble il y a 2 ans et demi.

On les retrouvera en première partie de MAI LAN au Badaboum ce mercredi 2 mai et au Marvellous Island le samedi 19 mai pour 1h de live avant de reprendre la tournée en première partie de Thylacine.

Salut les gars, vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Bravin : Bravin, je suis au clavier du groupe Jaffna et co-créateur. Je suis né en Allemagne, j’y ai vécu pendant 10 ans. Ensuite à Londres pendant 15 ans et là je suis à Paris depuis 3 ans et demi mais je suis d’origine Sri Lankaise.

Stan : Je m’appelle Stan, je suis parisien depuis tout petit. Ça fait que 2 ans que je fais de la musique, avant j’étais dans la cuisine donc rien à voir . J’ai commencé quand j’ai rencontré Bravin.

 

C’est cette rencontre qui fait que tu t’es mis à la musique ?

S : Exactement, je chantais un peu je fais quelques trucs par ci par là mais rien de professionnel quoi. Je faisais ça pour le plaisir sur mon temps libre.

 

Et toi Bravin tu faisais donc déjà de la musique avant.

B : J’ai une formation classique de piano pendant 10 ans. Et à Londres à la fin je commençais à travailler sur des projets pour des films et des pubs. Mais c’est à la rencontre de Stan que j’ai découvert la musique électro, parce que lui n’écoute que ça, il connaît toutes les soirées sur Paris tout ça. Il m’a fait écouter et on a commencé comme ça.

S : Pour la petite histoire, Bravin est sorti avec ma sœur et ils se sont rencontrés au Conservatoire de Londres, et c’est comme ça qu’on s’est rencontrés. Donc ensuite on a commencé à découvrir ensemble la composition électronique avec Ableton. Bravin avait commencé un peu, moi ça m’intéressait et on a commencé comme ça.

Stan et sa fracture de l’humérus

Et en 1 an et demi vous avez donc sorti votre premier EP.

S : J’avoue on a eu un peu de chances avec tout ça mais je bossais à la Bellevilloise, j’étais très ami avec une fille et son copain c’était Thylacine. En fait quand on a commencé la musique on voulait juste avoir un avis, donc on lui a demandé à lui où on pouvait s’améliorer. Et en fait il a dit qu’il adorait ce qu’on faisait et qu’il voulait nous signer donc c’était super.

B : On a eu de la chance c’est sorti assez vite.

S : Oui et un an après on a sorti un nouvel EP (Retrograde, sorti le 20 avril).

 

Comment s’est passé le déclic ? Vous vous êtes dit on va faire de la musique ensemble ? Vous aviez dans l’idée de sortir un EP ?

S : Oui un peu, c’était un peu flou. Quand on a commencé à faire de la musique c’était pour découvrir. On était trop inspirés au début. Et un jour on s’est dit : ce serait cool de faire juste quelques morceaux, pas un EP mais avoir un petit contenu quoi.

 

Vous vouliez définir votre univers en quelques sortes.

B : Exactement. Après on a commencé à faire 5 ou 6 morceaux et c’est ce qu’on a envoyé à Thylacine.

S : Mais le vrai déclic c’est quand Thylacine nous a dit qu’il voulait nous signer. Là on s’est dit il se passe un truc sérieux. Et suite à ça on a vraiment beaucoup bossé. On a énormément échangé avec lui, parce que même le premier EP qu’on pensait avoir fait nous, on n’a gardé aucun des morceaux à part « Immersion ».

Donc Immersion c’est un des premiers sons que vous avez fait, et c’est aussi un de ceux qui vous a fait connaître avec un clip dédié.

S : Surtout qu’on ne pensait pas du tout que c’était celui-là qui allait marcher. On pensait que c’était le moins accessible alors qu’au final c’est celui qui a le mieux marché. Comme quoi on ne peut pas vraiment savoir.

 

Comment vous définiriez l’univers musical Jaffna alors ?

B : Ça a beaucoup changé depuis le dernier EP. Le premier était plutôt une électro intimiste, léger.

S : Y a des moments un peu pop aussi parfois.

B : Mais Chill ça c’est sûr.

S : Alors que le deuxième c’est bien différent quand même.

B : Oui il y a toujours un fil rouge mais c’est déjà un peu dark et rétro sûr, il y a une grosse influence retro et vintage.

S : Oui c’est vraiment notre délire en ce moment, depuis quelques mois on est sur les synthés.

B : On a été obsédés par ça et ça nous a donc inspiré. Surtout avec tout ce qui se passe autour de nous maintenant, avec les films, dans l’art… Il y a beaucoup d’influences retro. Déjà avec Black Mirror et surtout pour nous il y a eu Stranger Things.

S : Ouais les influences c’est les années 80, même la BO de Retour vers le futur, on trouve ça génial. En tout cas c’est qui nous inspire nous en ce moment, le prochain EP sera sûrement différent.

 

Bravin

 

Comment vous composez à 2 ? Quelqu’un prend le lead ?

S : Ça dépend en fait. Bravin il est très technique parce qu’il a une longue formation classique. Moi du coup j’apprends en travaillant et je vais proposer des trucs oralement, et lui peut réaliser. Ça crée une bonne osmose entre nous. Parfois je vais commencer à chanter quelque chose t lui va pouvoir le reprendre. En général pour produire on va d’abord trouver des sons qui nous plaisent, et à partir de ces sons on va créer une mélodie ou une structure.

B : Oui on commence toujours par les sons, c’est ça qui nous attire dans la musique électro. Sur le dernier EP le morceau Eleven, on a commencé avec la voix de Stan en impro, on n’avait que ça. Ensuite j’ai joué avec des effets là dessus et on a fit un mélange avec ça.

S : Au niveau création c’était le plus intéressant pour nous. En tout cas il n’y a pas une façon de faire précise.

Le premier EP est sorti il y a un an. Que s’est il passé depuis pour vous ?

B : Je pense que la différence entre les deux est que nous n’avions pas fait le live du premier EP avant sa sortie. Ça nous a aussi beaucoup inspiré pour le deuxième EP, on avait une idée de ce qui pouvait marcher en live.

Vous avez pensé l’EP pour le live alors ?

S : En tout cas ça nous a vachement influencé comparé au premier EP qu’on a fait juste pour la musique. Quand on a commencé à faire du live, surtout aux premières parties de Thylacine où il y avait beaucoup de monde, on voyait comme ça sonnait. Donc oui ce qui a le plus changé en 1 an c’est qu’on a fait une quinzaine de lives.

Jaffna

Comment peut-on définir l’évolution entre les deux EP ?

B : On écoute beacoup de musique tous les deux, pas forcément les mêmes choses. Il y a un socle en commun mais on a des goûts différents. Stan écoute plus de techno, minimal, house, et moi plutôt électro, pop, R’n’b.

S : Et ce qu’il s’est passé aussi c’est qu’aujourd’hui on maitrise beaucoup mieux le logiciel. On a eu plus de possibilités. En termes de production, je trouve que le 2e EP est vachement plus abouti que le premier.

 

On a parlé un peu du style de ce 2e EP, aux couleurs un peu dark et retro.

S : Oui absolument, on a aussi 2 featuring sur l’EP avec Anna Majidson du groupe HAUTE et Dylan qui avait déjà bossé sur des prods de Thylacine. On est contents d’avoir créé un EP complet.

Vous vous êtes entourés sur le 2e EP ? Thylacine vous a suivi ?

S : On est hyper bien entourés avec notre label parce que c’est un petit label indépendant, du coup la communication est hyper simple. On a juste envoyé à Thylacine notre projet pour avoir des retours mais moins pour avoir des conseils quoi. On a fait ce qu’on voulait mais il nous a donné de bons conseils. Au départ on n’avait pas de voix sur Beyond et il nous a dit « je pense que là ce serait intéressant, on pourrait peut-être essayer quelque chose » et au final on est trop contents du résultat. On pensait avoir fini notre EP il y a 7 mois, et Thylacine nous a dit je pense que vous pourriez améliorer ça, ça et ça et souvent il a raison donc on lui fait vraiment confiance. En tout cas on a beaucoup bossé sur ce projet.

Dans quelles conditions faut-il se trouver pour écouter ce dernier EP ?

B : Je ne pense pas en soirée, qui était plus le cas pour le premier EP.

S : Le live rend vraiment bien quand même.

B : Pour moi le live c’est différent, je veux dire en boîte je ne pense pas que ça fonctionne.

S : Il s’écoute bien avec son casque en fait.

B : Oui c’est vrai, parce que moi j’aime bien être chez moi dans ma bulle pour écouter un morceau, et je fais que ça.

S : Je pense que ce qu’on fait est assez accessible, mais pour comprendre la musique c’est bien de se concentrer un peu. En tout cas j’ai l’impression qu’on peut l’écouter un peu partout.

B : Ça dépend du son aussi. Moi j’imaginais Eleven chez toi, concentré. Mais Beyond peut être pas.

L’EP étant complet, les sons différents les uns des autres aussi et ne s’écoutent pas tous de la même façon. Et visuellement, vous portez une attention particulière au graphisme de vos pochettes. L’aspect visuel a un impact important pour vous ?

S : Ouais, en fait c’est un pote de Bravin qui s’appelle Mathias qui a créé les visuels pour les 2 EP. On trouvait ça important d’avoir un suivi sur le visuel, un truc un peu original et cohérent. Quand il a présenté son projet pour le premier EP ça nous avait grave plu et au label aussi, alors on voulait continuer là-dessus, il nous fait toujours de supers propositions. C’est un super bosseur il a beaucoup travaillé en bande dessinée donc il a une inspiration intéressante.

Vous allez défendre l’EP mercredi pour la première fois en live, au Badaboum pour la première partie de MAI LAN. Quelles sensations avant ce live ?

S : On est super excités ! Nous on veut trop faire du live tout le temps, ça nous a manqué un peu pendant qu’on était en studio. Donc là on est vraiment impatients et excités de le présenter, surtout au Badaboum parce que ça va être intéressant niveau son.

 

Vous faites du pur live ? Ou vous couplez un peu avec des DJ Set ?

S : On ne fait pas du tout de DJ Set, on sait pas faire en fait, on n’a jamais fait. Bravin est au synthé, il a deux claviers, et moi je suis aux machines et on recompose les morceaux directement. Je me suis blessé là, une fracture de l’humérus en snowboard il y a un mois et demi, un bon truc de gogole. J’ai voulu prendre une barre de slide. Je suis tombé sur la glace taillée autour du module. Je ne suis qu’à la moitié de mon rétablissement c’est une grosse fracture. C’est le genre de truc avec le bras en zig zag quoi, morphine, hélicoptère etc. Du coup je me suis entrainé à ne jouer que d’un bras, heureusement que je ne fais pas de clavier. Donc là ça fait un mois et demi qu’on répète et voilà, ça va le faire ! Pour le Marvellous Island aussi je vais jouer comme ça. Je pourrai dire que je l’ai fait que d’un seul bras.

 

Qu’est ce que ça change pour vous justement de jouer au Badaboum et au Marvellous en terme d’organisation et de préparation ?

S : Déjà en terme de temps parce que le Badaboum on joue 30 minutes pour une première partie et au Marvellous on va jouer presque une heure.

B : Aussi au niveau des sets parce que Badaboum c’est plutôt électro alors que le Marvellous est plus pour les fans de techno. On va jouer avant MAI LAN alors on s’adapte aussi au public que l’on a. Marvellous on a plus travaillé sur quelque chose qui tabasse.

S : On a retravaillé toutes nos musiques pour faire un truc vraiment carré.

B : Oui et on a même créé deux musique exprès pour ce live au Marvellous.

S :  On veut faire un truc qui défonce ! À la base on avait un live où je chantais etc, et puis on sait dit que ça n’avait aucun sens, je ne vais pas chanter à Marvellous ! Donc oui on a fait deux sons parce qu’on voulait vraiment aller au bout des choses. Maintenant en terme de stress c’est différent, le Marvellous c’est notre premier grand festival donc c’est entre stress et excitation. En plus tous nos potes vont venir ça va être trop cool, on est vraiment impatients.

 

Vous écoutez quoi en ce moment ? Vous avez un artiste à conseiller à nos lecteurs ?

B : Jon Hopkins avec « Emerald rush » et « Everything connected », Chrome Sparks aussi qui a sorti un album il y a une semaine.

S : Moi il y a un groupe que j’aime bien en ce moment c’est Colorado, ils font plein de sons retros c’est trop cool ! Je comprends pas pourquoi ils sont pas trop connus alors que je trouve ça génial.

B : Ouais ils sont vraiment cools en fait ! C’est un peu indie aussi. George Fitzgerald aussi j’aime bien, surtout le morceau avec Lil Silva qui s’appelle Roll Back.

S : Moi je suis encore en blocage sur Bicep et j’écoute pas mal de rap aussi. J’aime bien Isha et Vald aussi, y a des sons que je trouve intéressant.

Quels sont les futurs projets maintenant ?

S : Il y a un clip qui arrive là qui a déjà été tourné pour la musique Beyond qui devrait sortir dans un mois. On est trop fiers de ce clip parce que ça faisait longtemps qu’on voulait un clip important avec pas mal de budget, qui fait passer un cap. C’est un pote du collège que j’avais pas vu depuis très longtemps, on s’est croisés par hasard et il est chef opérateur, il fait plein de trucs en ce moment et on s’est dit qu’on pouvait faire un truc ensemble. Ça c’est fait comme ça. Après on devrait reprendre la tournée avec Thylacine pour faire pas mal de premières parties, on est vraiment impatients.

Et vous définiriez comment votre relation avec Thylacine ?

S : C’est un peu bizarre comme il est plus jeune que nous, on a 28 ans nous. Mais il est tellement mature qu’on a l’impression qu’il est plus âgé que nous, on s’entend très très bien et on devient potes de plus en plus. C’est un malade de travail il nous pousse vraiment pour aller chercher encore plus loin. C’est un peu un parrain, en tout cas un mentor. Même quand on est partis avec lui en tournée on hallucine parce qu’il fait tout quoi. Même quand le concert est fini, il a fait 1h30 et il range tout lui-même, il va faire le merchandising tout seul, c’est vraiment un exemple. Sa carrière il l’a très bien construite, il a construit son label tout seul.

 

Vous êtes la première signature sur son label Intuitive Records d’ailleurs.

S : En artiste oui on est les premiers.

 

Un guilty pleasure pour terminer ?

S : Moi y a des sons de Francky Vincent que j’aime beaucoup je dois avouer, y en a que j’écoute tout seul chez moi.

B : Moi c’est plutôt des sons de Bollywood.

S : Linkin Park aussi ! Mais c’est un classique, je sais pas si c’est guilty pleasure. C’est comme Sum 41, Blink 182.

 

On vous l’avait dit, les gars sont des crèmes.

Retrouvez leur actu sur Facebook.

 

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