Œuvre de Georges Rousse

Georges Rousse ou l’art de l’anamorphose !

Image d'avatar de Étienne PoiarezÉtienne Poiarez - Le 15 mai 2024

Figure incontournable de l’anamorphose, George Rousse bouleverse les limites de l’espace.

Georges Rousse street art œuvre multicolore avec forme géométrique

Né à Paris en 1947, Georges Rousse est un artiste contemporain français, cumulant les casquettes de peintre, photographe, plasticien et architecte. Dès l’âge de 9 ans et ce fameux Noël où il a reçu en cadeau le mythique appareil photo Brownie Flash de Kodak, Georges Rousse s’est montré féru de photographie. Quelques années plus tard, alors qu’il est étudiant en médecine à Nice, il décide d’apprendre chez un professionnel les techniques de prise de vue et de tirage puis de créer son propre studio de photographie d’architecture. Mais bientôt sa passion le pousse à se consacrer entièrement à une pratique artistique de ce médium sur la trace des grands maîtres américains, Steichen, Stieglitz ou Ansel Adams.

Aujourd’hui reconnu pour ses innovations esthétiques, il expose à travers le monde son œuvre protéiforme tournant autour du trompe-l’œil. Mais rien à voir avec les fantaisies les plus évidentes. Ici, nous sommes en face d’une transformation, d’un glissement, de la dérive de nos perceptions vers de nouvelles réalités, bouleversant nos repères et nos habitudes visuelles à travers la création de visions légèrement décalées de notre monde. 

Georges Rousse street art

La relation entre espace et peinture

Son art lui permet de redéfinir la limite entre espace et peinture. Depuis les années 1980, il s’amuse à investir des bâtiments souvent abandonnés pour y établir des œuvres picturales éphémères que seule la photographie permet de restituer.

Avec un habile exercice entre l’espace réel, celui du lieu où il expose, et l’espace fictif qu’il imagine et modèle avec la peinture et l’architecture, il nous entraîne dans une nouvelle dimension qu’il invoque avec l’aide de la photographie. Ses principales sources d’inspiration proviennent du Land Art et aussi de Malevitch, qu’ils combinent afin d’incarner la peinture dans l’espace d’une manière inédite et radicale.

Oeuvre bleue cercle sur fond d'apartement

En 2004, dans un entretien avec Philippe Piguet, Georges Rousse décrit son travail de la manière suivante : « c’est surtout une tentative pour moi de devenir peintre. De repousser la photo en y introduisant des personnages peints sur toutes sortes de supports, notamment sur les murs dans des lieux abandonnés. Très vite, je me suis rendu compte que, si j’adore la peinture, pour moi, elle n’était qu’un simple moyen. Mon support, c’est le mur. L’expérience du rapport entre la figure peinte et l’espace, puis de cette relation de la photo au sujet peint, c’était juste l’histoire d’une époque ».

Superbe œuvre d'anamorphose en noir et blanc sous charpente par le créateur Georges Rousse
cube et cercle avec illusion d'optique peint sur les murs
Cube et cercle

Le dessin sert de base à Georges Rousse : « à une certaine époque, j’ai cessé de dessiner pour me familiariser avec le logiciel Photoshop et la pratique de l’ordinateur. Mais je me suis rendu compte que je travaillais alors sur l’image du lieu et non sur le lieu lui-même. Or, mon choix était inverse : travailler sur l’espace, non sur l’image de l’espace. Avec l’aquarelle et le dessin je vis intensément l’espace, sa lumière. Avec l’ordinateur, je fais du couper-coller : c’est très différent. Je me suis remis au dessin. Cela me permet d’être plus inventif, de me situer pleinement dans l’espace, d’en comprendre la construction, la mise en œuvre, d’anticiper les difficultés. Tout cela je le vis mieux par le dessin que par l’ordinateur. »

Georges Rousse œuvre anamorphose vue de face
oeuvre d'anamorphose de Georges Rousse vu sur le côté
Forme géométriques peintes (carré rond et triangle) sur les murs avec effet de perspective
Oeuvre en damier par Georges Rousse
Rond noir parfait en anamorphose peint sur la charpente d'un batiment

Anamorphose dans tous les sens

Ses créations tournent essentiellement autour d’une même technique : l’anamorphose. Il développe ses formes en fonction d’un point de vue final qui sera celui de l’objectif photographique. Réparti sur les différentes parois de l’espace, le dessin opère une annulation de sa profondeur réelle pour mieux lui substituer la frontalité d’une forme géométrique. Ainsi, par cet effet très maîtrisé, il bouleverse notre perception de l’espace.

Peut-on classer ces créations dans la case street-art ?

Georges Rousse Utopia en anamorphose
Ecriture typographie avec illusion d'optique
création architecturale jouant avec l'anamorphose
Œuvre graphique par Georges Rousse

Certaines œuvres de Georges Rousse sont visibles sur son instagram ou sur son site officiel

Article initial publié le 12 octobre 2017 mis à jour par Aurélie Cordonnier le 15/05/2024

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Étienne Poiarez
Article écrit par :
Étienne Poiarez, doctorant à l’École Doctorale des Humanités à Strasbourg, a écrit un mémoire sur La Trilogie Cornetto d'Edgar Wright. Il a également obtenu un master en Information et Communication à Paris III Sorbonne-Nouvelle. Actuellement, il se consacre à une thèse sur le comique dans la cinématographie européenne récente, examinant les liens entre esthétique et éthique dans ses recherches sur des réalisateurs tels que Yorgos Lanthimos et Quentin Dupieux. En plus de ses travaux académiques, il a publié un article sur Tsui Hark et prépare un essai intitulé « La Trilogie Cornetto d’Edgar Wright ».

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4 commentaires

  • Il s’inscrit dans la continuité de ce que fait Felice Varini,le maître de l’anamorphose in situ. Je crois que le damier bleu est en fait une de ses oeuvres. Pour le reste, ce que fait Rousse est superbe !

  • Guillaumeguillaume

    On va plutôt classer cela dans « art in situ »

    « Street art » est une appellation fourre-tout pour celui où celle qui n’a pas fait de recherche sur le sujet. Pour quelqu’un qui n’en fait qu’effleurer la surface.

    • On peut plus parler d’art contextuel sinon ici, le Street-art est justement le nom du marché qui le concerne aussi sinon dans la discipline on pourrait plutôt parler d’art urbain, je n’avais jamais entendu parler du “in situ” comme un courant à part entière (?!?) mais peut-être ne suis-je pas allé moi non plus dans les limbes, tu pourrais m’en dire plus doc ?

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