Vous avez forcément déjà entendu parler de Dubaï, et peut-être même y êtes-vous déjà allé. L’associant sûrement, à juste titre, à la ville de la démesure où tout est possible. Cet émirat ne recule devant aucun défi et le prouve grâce à de nombreux projets tous plus ambitieux les uns des autres.

Skyline de Dubaï vu du design district

La construction du World Trade Center de Dubaï en 1979, plus haut gratte-ciel de la ville à l’époque, ouvrira la voie à une série de projets architecturaux ambitieux comme la création de 200 îles artificielles avec Palm Islands, ou encore The World, un archipel qui représente notre planète. Plus anecdotique, Burj Al-Arab, autoproclamé seul et unique hôtel sept étoiles au monde et plus récemment le Burj Khalifa, qui du haut de ses 828 m (trois fois la Tour Eiffel) est aujourd’hui la tour la plus haute du monde.

skyline de Dubaï

Cette démesure architecturale, est certes impressionnante et constitue une grande partie de l’image que nous avons de Dubaï, pourtant la ville a bien plus à offrir sur le plan culturel.

Une ville qui se tourne vers la culture et ses événements à portée internationale

Ne pouvant se reposer uniquement sur le pétrole contrairement aux autres émirats (puisqu’il représente moins de 5% du PIB de Dubaï), l’émirat a rapidement affiché sa volonté de s’ouvrir au monde. Pour cela, la ville a diversifié son développement dans plusieurs secteurs dont le tourisme, et la culture, avec pour point de départ l’histoire de Dubaï et celle de sa transformation, en mettant en avant ses cités de marchands, ses mosquées, ses souks, ou encore le village patrimonial de Bastakiya, reconstruit à l’identique, où s’installeront de nombreux musées. 

Dubaï cherche aussi à s’imposer dans le secteur de l’art contemporain en offrant la possibilité aux artistes étrangers et locaux de présenter leurs travaux par le biais d’installation de rues, ou dans les musées, comme le Jameel Arts Centre.

Le design et l’innovation ne sont pas en reste, puisque l’émirat organise depuis 2015 la Dubaï Design Week à laquelle il associe le Global Grad Show, un salon qui sélectionne, parmi plus de 1 000 candidatures, 150 créateurs/innovateurs étudiants, venants d’une quarantaine de pays.

L’objectif du Global Grad Show est de proposer des inventions, solutions pour un monde meilleur en respectant les valeurs suivantes : l’innovation, l’égalité, l’impact social et environnemental et enfin l’échange. Cette année, on a pu y retrouver une application de réalité virtuelle (Kitonas) qui aide les utilisateurs à mieux comprendre les personnes handicapées ; des gants en latex (First Aid Gloves) qui peuvent sauver des vies (avec un tuto imprimé sur le gant pour vous rappeler les gestes qui sauvent) ou encore « Matières spécifiques », atelier qui s’interroge sur la conception et l’utilisation actuelles des appareils ménagers dans la maison, où les objets à forte consommation d’énergie et à l’obsolescence programmée sont devenus la norme. Le designer français propose une approche plus durable, utilisant des bases de la physique pour assurer une économie de moyens.

La création de musées permettant une offre large et accessible (voire gratuite)

 L’un des premiers musées contemporains, premier musée non-commercial, non-gouvernemental et ayant un mandat civique, à avoir ouvert à Dubaï est le Jameel Arts Centre. 

Il propose des expositions d’artistes nationaux et internationaux dans un environnement de 10 000 mètres carrés ponctué de 7 jardins accueillant eux aussi des œuvres. Ce musée possède aussi la Jameel Library, qui accueille en libre accès les artistes pour leurs recherches ou différents travaux.

Dubai et le désert

L’émirat se projette et travaille aussi à la construction du Musée du Futur, à l’initiative de la Dubaï Future Foundation. Il devrait ouvrir ses portes courant 2020 et s’annonce d’ores et déjà comme un véritable incontournable de Dubaï. L’anneau géant se situera près des iconiques Emirates Towers et sera composé de sept étages où prendront place des laboratoires d’innovation dédiés à la recherche médicale, aux transports, à l’éducation, aux cités intelligentes, à l’énergie ou encore aux hautes technologies.

Des quartiers moins médiatisés

Si jusqu’à présent, vous avez pu apprécier la vision ultra moderne de la ville de Dubaï, sachez qu’une partie, plus terre à terre, avec moins de skycrappers existe. Il faut pour cela se diriger au nord-est de la ville, la dans le quartier de Deira, à quelques encablures de l’aéroport, où vous pourrez vous balader dans le souk. Exit les bolides, c’est à pied qu’on se déplace ici. Odeur d’encens, et de tissus, vous pourrez y découvrir pleins de belles (et bonnes) choses. Et pourquoi pas par exemple tester les glaces au lait de chamelle ? En traversant le bras de mer en bateau, vous arrivez à la vieille ville de Dubaï bien qu’il s’agisse en réalité d’une reconstruction de l’ancienne ville à l’identique, on retrouve finalement assez peu de bâtiments d’époque.

vieux dubai
petite vue de Dubai

Plus loin, vous arriverez dans le quartier de Jumeirah, plus populaire. Vous trouverez dans ce quartier quelques œuvres d’art dispersées dans les rues. Et si vous êtes venu à Dubaï aussi pour découvrir le street art, sachez que certains quartiers ont des espaces dédiées à l’expression artistique. C’est le cas de Jumeirah, La Mer ou encore Karama et City Walk ( un des premiers quartiers piétons de Dubaï). 

dubai

Voulant s’imposer dans cette proposition culturelle, Dubaï ne s’arrête pas là. Elle propose, en plus de sa fête de la musique, le Free Music Festival, tous les ans en mars. C’est une semaine de concerts gratuits dans certaines stations de métro de la ville avec pour l’année 2019, 25 artistes invités venus du monde entier et elle n’hésite pas à lancer des appels aux artistes afin de décorer les rues. Sole DXB est également un évènement phare de Dubaï, mêlant la culture de rue, du lifestyle, art, mode, musique et design. Le Dubaï Jazz Festival, qui accueillera en 2020 Ms Lauryn Hill, Bruno Major, Lionel Richie, One Republic, Spyro Gyra, fait partie des immanquables. 

oeuvre par Vhils
Oeuvre de street art par Vhils

Certains quartiers comme le Design District sont des musées à ciel ouvert avec des œuvres artistiques venant de tous les coins du globe. Il n’y pas de cahier des charges. Les artistes peuvent proposer leurs projets à l’organisme « Brand Dubai » et s’ils sont sélectionnés, être invités à le réaliser, grandeur nature, dans les rues de Dubaï. C’est ce qui appuie cette touche multiculturelle que possède la ville.

Par Seth Globepainter
Oeuvre par Seth Globepainter

Il y a aussi le quartier artistique d’Alserkal Avenue qui depuis 2008, s’est développé pour devenir le quartier artistique principal de Dubaï et des Émirats Arabes Unis. Composé de galeries d’art (dont la galerie française CUSTOT), studio d’artistes, le premier cinéma d’art et d’essai ouvert dans la région du Golfe, le Cinema Akil fondée par l’émirienne Butheina Kazim, ou encore des restaurants (dont INKED, restaurant où le chef français Hadrien Villedieu fait des merveilles). 

La ville propose une offre culturelle riche et qui ne cesse de s’étoffer en prévision de l’Exposition universelle qu’elle accueillera en 2020 et qui elle aussi sera démesurée avec ses 192 pays participants et ses 25 millions de visiteurs internationaux.