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Yukari Chikura, Bird Dance Children Walking on Snowy Road (Les enfants de la danse des oiseaux cheminent sur la neige), 2012. Série Zaido. Crédit : © Yukari Chikura

Un bicentenaire de la naissance de la photographie aux couleurs du Japon

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Image d'avatar de Benoît Dupuis-TordjemanBenoît Dupuis-Tordjeman- Le 2 octobre 2026

Dans le cadre du bicentenaire de la naissance de la photographie, la Bibliothèque nationale de France propose une exposition jusqu’au 31 janvier 2027. Celle-ci retrace, à travers 300 œuvres, l’évolution de la pratique photographique au Japon, depuis 80 ans.

Si l’acte officiel de naissance de la photographie est publié en 1839 en France, c’est en 1826-1827 que Nicéphore Niépce réalise ce qui est généralement considéré comme la plus ancienne photographie conservée, Point de vue du Gras, depuis la fenêtre de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes. La fin d’année 2026 marque donc le bicentenaire de cette naissance. 

Pour commémorer la chose, la Bibliothèque nationale de France, l’une des « premières institutions occidentales à s’intéresser à la photographie japonaise moderne et contemporaine », a décidé de présenter des photographies d’artistes nippons. L’établissement précise que cette collection « rassemble près de 4 000 tirages réalisés par quelque 200 artistes et reporters, ainsi qu’une centaine de revues et d’ouvrages emblématiques retraçant l’histoire de la photographie japonaise depuis 1945 ». 

La bibliothèque explique que la particularité de cette collection réside dans les grands axes – thématiques et esthétiques – qui la composent, à travers des « reportages consacrés au monde rural, aux fêtes, aux rituels ou à l’expansion urbaine et économique », ou à travers des constructions « théâtrales, fantaisistes ou poétiques ». La photographie japonaise accorde une place essentielle aux sensations et aux atmosphères, comme c’est le cas avec Rinko Kawauchi, Yoshi Itasaka qui passa cinq ans en Ukraine à la recherche de « l’âme du pays » ou de Lorraine Turci qui, bien que française, s’inspira de l’esthétique japonaise lors de son voyage à la découverte de la culture aïnoue. 

Une exposition par étape

L’exposition de la Bibliothèque nationale de France est divisée en six sections thématiques. On commence avec Face au réel, où le photoreportage et « son réalisme occupent une place prépondérante dans la production d’après-guerre », « contribuant à reconstruire un socle national commun où se mêlent résilience après le traumatisme nucléaire, intérêt pour les coutumes ancestrales et aspiration à la modernité ». L’exposition se poursuit avec Étrange quotidien qui regroupe des œuvres plus intimistes, instantanés d’une expérience ordinaire. Des thématiques qui ne sont pas sans rappeler l’œuvre de Kazuo Kitai, qui documenta le quotidien des habitants des zones en guerre. 

Arrive ensuite une troisième section, intitulée Corps mis en scène, et s’intéressant aux mises en scène théâtralisées. L’établissement précise que « cette partie rassemble un grand nombre de recherches et d’expérimentations photographiques autour de la direction des corps ».  Puis arrive Bonjour Paris ! La Ville lumière devient la scène de ses photographies réalisées par des artistes japonais de passage, parfois pour un temps, parfois pour des périodes plus longues ou le reste de leur vie, certains s’étant installés dans la capitale. Leur regard sur la ville, comme le précise l’établissement,  oscille «  entre curiosité et fantasmes, recherche d’archétypes et de références connues, souci de saisir le particulier et rejet de tout exotisme ». 

Enfin, l’exposition se termine avec Calligraphies du monde et Sensible et impalpable, deux parties qui délaissent l’humain pour se consacrer, respectivement, « au règne des formes, influencé par l’art oriental de la calligraphie » et aux sensations et atmosphères. Le réel laisse ici la place à l’abstraction. 


Au fil de ces six sections, l’exposition dessine ainsi une photographie japonaise loin de se limiter au seul témoignage documentaire. Si le réel, le quotidien et les bouleversements de la société constituent un matériau privilégié, les photographes s’en emparent aussi pour explorer la mémoire, l’intime, le corps ou encore les sensations. Une manière de montrer, à travers des approches très différentes, comment la photographie peut se situer à la frontière du réel et de l’imaginaire.

Exposition jusqu’au 31 janvier 2027 à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand I galerie 2. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 13h à 19h. Cette exposition est labellisée Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture. 

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Benoît Dupuis-Tordjeman
Article écrit par :
Journaliste et photographe, je m'intéresse à l'art mais aussi aux sciences. Amateur de grandes randonnées et d'astronomie, j'aime découvrir le monde et en partager la beauté. J'aime aussi communiquer cet amour du beau et parler d'écologie. https://linktr.ee/benoitdt_photographie

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