social reich, par Biancoshock

Biancoshock ou l’artiste de l’éphéméralisme

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Nous nous sommes souvent interrogés sur le travail de l’artiste italien Biancochock : Street art ? Détournements urbains ? Performances ? Jusqu’au jour où l’artiste s’est lui-même placé comme pionnier du mouvement de l’éphéméralisme. Entre humour, références pop, réinterprétations urbaines et installations satiriques, Biancoshock propose encore et toujours des œuvres in situ qui poussent le spectateur à s’interroger sur son environnement.

Social Reich de Biancoshock, représentant une croix gammée sur fond rouge dont les lignes forment le F de Facebook.
Biancoshock, Social Reich, NUART Festival, Stavanger, 2014
creation par Biancoshock  Graffiti is a religion
Biancoschock, Graffiti is a religion

Depuis 2004, Biancoshock a produit plus de 650 installations autour du globe. Bien vite, il se prend au jeu et comprend que l’art urbain est plein de possibilités. Très attaché à certains combats, que viennent matérialiser ses œuvres, il cherche alors un terme à même de rassembler activisme et art urbain performatif : l’Ephemeralism.

Il s’agit d’un mouvement artistique et activiste qui définit les œuvres qui n’existent que de façon éphémère dans l’espace public, mais qui se pérennise grâce à une documentation photographique et vidéo. Cette définition fait entrer une pluralité de productions possibles comme l’œuvre “Graffiti is a religion”, installation regroupant une centaine de morceaux de graffiti présentés dans des petits sacs d’échantillonnage.

Pour Biancoshock, l’éphéméralisme “a pour but de produire des œuvres d’art qui doivent exister brièvement dans l’espace mais de manière illimitée dans le temps”.

"In Globalization" de Biancoshock représentant un homme écrasé sous un bâtiment.
Biancoshock,, In Globalization (2013)
Biancoshock, 70 Degrees of Decay, 2013, oeuvre de détournement d'un logo de recyclage.
Biancoshock, 70 Degrees of Decay, 2013
Biancoshock, No Title, 2013, un gros pansement sur un mur qui se désagrège.
Biancoshock, No Title, 2013
Epidemic Happiness est une oeuvre de Biancoshock qui représente un ourson en peluche avec une pancarte "Love me I'm Kitty".
Biancoshock, Epidemic Happiness, 2012
Street Hungry par Biancoshock, un grand pacman qui s'apprète à manger des éléments urbains.
Biancoshock, Street Hungry, 2011
Biancoshock, oeuvre nommée New Horizons qui représente une bouée doté d'un aquarium en son centre.
Biancoshock, New Horizons, Stiege, 2017
Biancoshock, In Globalized 2, représentant un toboggan pour enfant avec une poutre en son centre.
Biancoshock, In Globalized 2, AXA Festival, Oporto, 2014

Dans ses nombreux projets, existe toujours un aspect parodique, satirique et moqueur qui interpelle le spectateur et le pousse à s’interroger sur la société qui l’entoure. L’utilisation de l’espace public n’est pas seulement support artistique, mais tient une place prépondérante dans le travail de Biancoshock. Il s’agit plutôt de détourner ou d’intégrer l’espace et les éléments qui le composent dans une œuvre qui défend une idée ou un combat.

VIP par Biancoshock, Une personne SDF sur tapis rouge.
Biancoshock, VIP, Estonie, 2016

L’expression VIP est ici détournée pour coller au concept de Very Important Pauvre. L’œuvre interpelle le passant qui a pris l’habitude de détourner le regard de ces personnes pauvres et vulnérables que nous rencontrons tous dans la rue. Ainsi, les personnes qui normalement ignorent les sans abris ne peuvent s’empêcher de regarder les Very Important Pauvres. Biancoshock dédie l’œuvre à la Syrie, pays en conflit qui produit des milliers de réfugiés qui se retrouvent alors dans nos rues.

Issu de la série Borderline par Biancoshock, une bouche d'égout aménagée.
Biancoshock, Borderlife, Milan, 2016
Issu de la série Borderline par Biancoshock, une bouche d'égout aménagée en douche.
Biancoshock, Borderlife, Milan, 2016

Dans le cadre de son projet, intitulé “Borderlife”, Biancoshock a décoré des bouches d’égouts abandonnées pour les transformer en minuscules pièces secrètes, dans le quartier de Lodi à Milan. Biancoshock dit de cette création urbaine : ‘’Si quelques problèmes ne peuvent pas être évités, on peut essayer de les rendre plus confortables. Un exemple d’inspiration est Bucarest, où plus de 600 personnes vivent sous la terre dans les égouts.’’

A l’intérieur du projet, il dénonce également les conditions de vie des personnes en difficulté à Bucarest en ajoutant un lien HTML sur lequel on peut se renseigner sur les enfants et les familles qui habitent sous terre. L’art devient un prétexte pour dénoncer, renseigner, aider et contribuer à l’amélioration des conditions de vies de ces personnes. En utilisant l’art, il tente de donner un visage à toutes ces personnes qui habitent sous terre, résidant dans l’espace public mais dans l’ombre.

Digital Vandalism est une performance de l'artiste Biancoshock, ici une vidéo sur ordinateur sur lequel il peint à l'aide d'une bombe.
Biancoshock, Digital Vandalism. Milan, 2016

Digital Vandalism est une performance visible sur youtube qui met en scène Biancoshock devant son ordinateur qui, à l’aide de photoshop, peint sur un mur. Dans une seconde partie, il peint à l’aide d’une bombe son ordinateur qui affiche le mur. Il dira de cette œuvre ” Les outils du digital permettent de changer la réalité. Actuellement, un acte de vandalisme peut être réalisé assis confortablement devant son PC. La valeur d’une action est-elle dans l’acte de le faire ou dans la façon dans laquelle elle est introduite a une audience ?’’

Si vous avez apprécié le travail urbain de l’artiste Biancoshock vous devriez visiter son site et jeter un œil au travail de LosOtros qui évolue aussi dans l’univers du street art.

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