Banksy Cut and run

Banksy : une première exposition officielle depuis 2009 à Glasgow

Image d'avatar de Lucie SolLucie Sol - Le 20 juin 2023

Le mystérieux artiste Banksy a ouvert ce dimanche 18 juin sa première exposition officielle en solo depuis plus de dix ans, après l’avoir annoncée le jeudi 15 seulement. Et c’est la Galerie d’Art Moderne (GoMa) de Glasgow en Ecosse qui a le privilège de l’héberger, jusqu’au 28 août.

Banksy : une première exposition officielle depuis 2009 à Glasgow 1
© Banksy, Cut and Run au GoMa de Glasgow

Dans les coulisses de l’artiste

Son identité reste encore inconnue à ce jour, et pourtant Banksy poursuit dans la provocation avec cette exposition qui oscille entre énigmatique et authenticité, sous le nom de Cut and Run. Les photos sont interdites, à l’exception d’un polaroid souvenir pris par le personnel du musée, et les téléphones sont confisqués à l’entrée. Quelque chose qui renforce l’aura de mystère planant autour de l’artiste, alors même que celui-ci expose pour la première fois certains de ses pochoirs les plus célèbres et d’autres de ses outils, dont le mécanisme ayant servi à lacérer de l’intérieur sa toile Girl with balloon lors de sa vente aux enchères en 2018.

L’artiste explique lui-même ce choix d’exposer à Glasgow par le fait qu’y soit située son œuvre d’art préférée : la statue du duc de Wellington, dans la rue, sans cesse affublée d’un cône de signalisation orange par les habitants de la ville. Une impertinence anonyme qui doit bien plaire à l’artiste…

expo Banksy
© Le musée GoMa à Glasgow avec la statut du Duc de Wellington devant

Passer de l’illégalité à la reconnaissance

Il (ou elle) confie avoir attendu avant d’exposer ses pochoirs car il savait que ceux-ci constitueraient des « pièces à conviction » pour l’incriminer. En effet, si la célébrité de l’artiste est telle que toutes les places de l’exposition se sont vendues en moins de quatre jours, son activité reste illégale et peut l’amener à être accusé de détériorations. Cependant, Banksy considère cette menace de moins en moins concrète aujourd’hui au vu de la réception que connaît son travail, et c’est pourquoi il décide d’exposer ses pochoirs à la vue de toutes et tous – sans ignorer, et même souligner que cela constitue en soi une nouvelle bravade.

Cut and Run
© Le musée GoMa à Glasgow pour leur exposition Cut and Run sur Banksy

Cela s’inscrit également dans une récupération institutionnelle du mouvement street art plus globale, dont les artistes les plus reconnus dans le monde de l’art accèdent à des expositions muséales. Cela peut apparaître comme un comble pour des street artistes qui investissent les rues pour manifester leurs idées à travers une démarche subversive, dénonciatrice et populaire. Et pourtant, le mouvement street art connaît une reconnaissance académique croissante et réelle, et de nombreux évènements dédiés sont créés (comme le Festival Peinture Fraîche à Lyon, le Musée Banksy à Paris, l’exposition CAPITALE(S) à l’Hôtel de ville à Paris qui s’est terminée ce samedi 3 juin…).

Si cela témoigne peut-être d’une rigidité moindre de la part des institutions artistiques quant à ce qui peut être exposé ou pas – encore que cela doive être à nuancer étant donné le caractère avant tout consensuel des artistes en l’occurrence exposés – c’est aussi une manière pour les street artistes d’acquérir plus de visibilité, et de rendre leurs œuvres plus pérennes en créant hors la rue et dans les murs. Dans le cas de Banksy, investir les musées est une provocation de plus : il expose les pochoirs avec lesquels il a réalisé ses œuvres les plus connues.

rat courant avec un cutter dans une sorte de panneau de signalisation rouge
© Glasgow GoMa, pour l’exposition sur Banksy, Cut and Run

Qui est Banksy ?

La volonté de conserver malgré tout son anonymat pourrait s’expliquer par le souci de continuer à créer dans des endroits divers sans être reconnu voire arrêté. Cela participe également de son succès, les hypothèses concernant son identité proliférant et accroissant l’attrait pour ses œuvres.

Il existe même des conjectures selon lesquelles Banksy ne serait en réalité pas une personne mais un groupe de personnes se relayant pour réaliser les œuvres. L’artiste canadien Chris Healey en est par exemple convaincu, et soutient même que le collectif serait dirigé par une femme, se rangeant du côté d’une supposition à nouveau peu partagée. Elle n’a rien d’inconcevable pour autant, et ses partisans en appellent au fait que l’on ne parvienne pas à établir son identité avec précision justement car on cherche un homme là où existe une femme. Mais cela n’a rien de certain pour autant, et constitue une hypothèse parmi d’autres.

Partagez avec vos amis :)
A voir aussi !
La photographe Marie Tomanova brise tous les stéréotypes

La photographe Marie Tomanova brise tous les stéréotypes

Stéréotypes de beauté, de genre, de classe, Marie Tomanova fait…

28 septembre 2023

Circonstances et Conséquences : coup d’oeil sur le métrage Lynchéen de Gabin Vissouze

Circonstances et Conséquences : coup d’oeil sur le métrage Lynchéen de Gabin Vissouze

Coup d'oeil sur un court-métrage au caractère hybride et expérimental.

27 septembre 2023

Justin Buisson, le motion designer qui se mue en youtubeur vulgarisateur

Justin Buisson, le motion designer qui se mue en youtubeur vulgarisateur

Focus sur Justin Buisson, ce jeune lyonnais passionné d’art 3D,…

26 septembre 2023

Lucie Sol
Article écrit par :
Lucie Sol
Etudiante en Lettres Modernes à l'ENS de Lyon, je suis passionnée par l'art, la culture, la littérature et leur partage. Je vous souhaite une bonne lecture !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.