
De ses souvenirs du Devon aux façades des grandes villes, Sophie Mess fait pousser des fleurs là où l’on ne les attend pas. Mais loin de simplement ajouter une touche de nature au béton, la muraliste britannique joue avec les proportions, sous son pinceau, les fleurs grandissent jusqu’à rivaliser avec les bâtiments qui les accueillent.
Du Devon à Londres, la nature prend racine aux pieds des immeubles.

Avant de peindre des fleurs de plusieurs mètres de haut, Sophie Mess a grandi au milieu des paysages du Devon, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Le changement de décors avec la ville lorsqu’elle s’installe à Londres en 2015 est radical. Loin de la campagne de son enfance, elle découvre un environnement où la nature se fait plus rare. Ce manque finit par se retrouver dans sa pratique artistique.

Les fleurs apparaissent progressivement dans ses projets, jusqu’à en devenir le thème central de ses fresques. Leurs présences représente l’expérience personnelle d’une artiste qui cherche à retrouver, au milieu de la ville, un semblant des paysages dans lesquels elle a grandi.
Les fleurs atteignent les sommets de la ville pour mieux s’y confondre

À travers le pinceau de Sophie Mess, la nature change de dimension, ses fleurs s’étendent sur des façades entières et prennent une échelle normalement réservée aux bâtiments et constructions humaines. À Laon, en France, l’artiste réalise ainsi en 2023 une fresque florale de 15 mètres sur 10, couvrant cinq étages d’un bâtiment. Le gigantisme devient alors une composante essentielle de son langage. Les pétales, les tiges et les feuillages sont suffisamment imposants pour que le spectateur ne les regarde plus comme il regarderait une fleur dans un jardin.

C’est aussi ce qui peut distinguer son travail d’une partie du muralisme qui utilise la nature pour plus simplement végétaliser la ville. Chez Sophie Mess, la fleur ne semble plus chercher à se faire une place entre les immeubles, elle adopte leurs proportions jusqu’à donner l’impression de les concurrencer. Là où l’architecture domine habituellement le paysage urbain, ses fleurs semblent parfois avoir grandi jusqu’à reprendre le dessus.
Le temps d’une escapade dans un jardin géant

L’objectif n’est cependant pas pensé comme une opposition frontale à la ville. Sophie Mess explique plutôt vouloir provoquer chez ceux qui rencontrent ses œuvres un sentiment de calme, de joie et d’émerveillement. Ses fleurs monumentales deviennent ainsi de grandes parenthèses visuelles dans cet environnement urbain.

Cette volonté dépasse aujourd’hui le seul cadre de la rue. En 2025, Sophie Mess présente notamment son travail à la Saatchi Gallery dans le cadre de l’exposition Flowers – Flora in Contemporary Art and Culture. Ses fleurs ne cherchent donc pas seulement à rappeler la nature aux citadins. En se confondant dans l’échelle des immeubles, elles imposent une autre image au paysage urbain. Pour suivre l’actualité de ses travaux, rendez-vous sur son compte Instagram.


