YOKO IISHI

Yoko Iishi et les cerfs sacrés de Nara

À Nara, au Japon, les cerfs sacrés sont des animaux urbains qui font partie intégrante de la ville. Bien que considérée comme un problème dans la majeure partie du pays, à Nara, la population de cerfs est sacrée et protégée par la loi. La photographe Yoko Iishi photographie ces animaux aux premières heures du jour ainsi qu’à la tombée de la nuit et les magnifient dans des tirages subtils.

Yoko Iishi, Before Dawn, un cerf dans l'obscurité.
Yoko Iishi, Before Dawn
Yoko Iishi, Going to town, deux cerfs dans l'obscurité.
Yoko Iishi, Going to town

En l’an 767, Takemikazuchi (la principale divinité du sanctuaire de Kashima) a été officiellement consacrée au sanctuaire de Kasuga à Nara, afin de protéger la capitale Heijokyo. À l’époque, il était dit que le Dieu du Tonnerre était venu à Nara à cheval sur un cerf blanc. Depuis, les cerfs de Nara sont considérés comme des messagers divins et sont protégés.

Plus de 1 200 ans se sont écoulés et bien que le paysage urbain de l’ancienne capitale ait complètement changé, les activités des cerfs restent les mêmes. Au 17 juillet 2018, 1360 cerfs vivaient à Nara. Poussés par l’instinct, les cerfs sortent tôt le matin de la forêt de Kasuga, parcourent la ville déserte et vont errer près de la boutique de crackers à l’arrivée des touristes. Le soir, les cerfs retournent ensemble dans la forêt.

Détaché des préoccupations humaines, le cerf libre de Nara se promène comme si il possédait le monde comme s’il disait : «Les rues sont à nous». La série de Yoko Iishi se nomme “The streets are ours”.

Yoko Iishi, Go to work, des cerfs seuls dans la ville.
Yoko Iishi, Go to work
Yoko Iishi, Exit, un cerf poussant un tourniquet.
Yoko Iishi, Exit

 “À Nara le cerf est admiré et protégé, on lui donne de la nourriture et on fabrique des gâteaux spécifiques pour que les touristes puissent les nourrir, et ailleurs ils sont tués, car ils sont considérés comme les ennemis des agriculteurs. Pourtant ce sont les mêmes animaux. C’est l’attitude des humains qui changent complètement en fonction de leur intérêt. C’est un peut-être un peu fort comme expression, mais je trouve que les hommes sont égoïstes en changeant leur attitude suivant le contexte. Les cerfs eux se comportent toujours de la même manière. “

Yoko Iishi, The streets are ours, un troupeau de cerfs avançant dans la ville.
Yoko Iishi, The streets are ours
Yoko Iishi, Call of nature, un cerf dans des toilettes publiques avec du papier toilette dans la bouche.
Yoko Iishi, Call of nature

Yoko Iishi est une photographe basée à Kanagawa au Japon. Fascinée par la vision du monde obtenue à travers un objectif, elle se passionne pour la photographie d’animaux. En mars 2011 elle débute le projet “The Streets Are Ours” qui a pour but de photographier les cerfs sacrés de Nara et Miyajima. Elle publie alors un premier livre de ses photographies nommé “Dear Deer” en décembre 2015 et obtient sa première exposition solo au Nikon Salon Ginza en janvier 2016. Elle participe à la revue Santa Fe en novembre de la même année et remporte le choix des jurés (Mme Rebecca Norris Webb tout particulièrement) à la Lens Culture Street Photography Awards en 2019.

Yoko Iishi, Town walk, un cerf marchant seul dans la ville.
Yoko Iishi, Town walk
Yoko Iishi, Walk around, un cerf traversant au passage piéton.
Yoko Iishi, Walk around

«Ces moments pittoresques où l’on peut voir le cerf tôt le matin se tenant au milieu d’intersections désolées, non liés par les frontières et les lois de l’homme, mais habitant une ville créée par l’homme sont fascinants et inspirants» explique Yoko Iishi dans un communiqué.

Yoko Iishi, Appointment, un cerf devant des escaliers.
Yoko Iishi, Appointment
Yoko Iishi, We're Fellows, quatre cerfs les uns avec les autres dans la ville.
Yoko Iishi, We’re Fellows

C’est après avoir trébuché sur un chevreuil à une intersection en 2011 que la photographe Yoko Iishi se décide à prendre en photo les animaux de la ville de Nara et de l’ile de Miyajima. A travers ces images surréalistes se dégage une douceur, et aussi de l’étrangeté. La nature et la ville semblent cohabiter à travers un drôle de compromis. Le fait de les photographier tôt le matin ou tard le soir permet de n’avoir aucun être humain sur les images, créant ainsi une ambiance post-apocalyptique où l’animal semble régner en maître.

Si vous avez apprécié les photographies de Yoko Iishi, jetez un œil à son site, nous nous proposons de découvrir celles de Roman Jehanno qui a également travaillé et photographié au Japon.

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