Photographie Worl Press de l'année par Amber Bracken

Colonisation et écologie, les prix du World Press Photo dévoilés

Le concours World Press 2022, qui récompense les meilleures photographies de presse de l’année a rendu son verdict hier.

Affrontements à Myanmar en février 2021
Sligshots, Anonyme prix d’Asie du Sud Est et d’Océanie
Des enfants palestiniens éclairés sous une tente à Gaza
Palestinian children in Gaza, Fatima Shbair

Après la publication des résultats continent par continent le 24 mars ici, les quatre prix mondiaux ont été attribués : la meilleure photographie, la meilleure histoire, le meilleur projet long terme et la meilleure photographie en format libre. 

Rena Effendi, présidente du jury, a précisé qu’un lien existait entre les quatre vainqueurs qui s’inscrivent dans le thème des conséquences de l’action de l’humanité dans l’idée de progrès et de ses effets dévastateurs sur la planète.

Prix de la photo de l’année en mémoire de la colonisation

Prix World Press de photographie de l'année
Kamloops Residential School, Amber Bracken

La Canadienne Amber Bracken, photographe au New-York Times remporte le prix de la photographie de l’année pour Kamloops Residential School. Elle commémore la découverte de centaines de corps d’enfants victimes de la politique des pensionnats pour autochtones au Canada menée pendant la colonisation. Leur but était de « civiliser et convertir » les populations indigènes pour les occidentaliser. 

Cet effacement progressif de l’identité locale a été accompagné d’au moins 6,000 morts et de nombreux autres enfants disparus. Sur la photographie d’Amber Bracken, l’arc-en-ciel enjambe les tombes de certaines des victimes de ces internats découvertes seulement l’été dernier. Les habits sur les croix en hommage aux enfants disparus permettent de dénoncer sans montrer les conséquences de la colonisation.

L’histoire de l’année

Un homme met le feu au bush australien pour préserver l'environnement
Saving forests with fire par Matthew Abbot
les Nawarddeken mettent le feu à une partie de leur territoire
Saving forests with fire par Matthew Abbot

Avec les incendies en Grèce et en Sibérie, World Press ne voulait pas manquer l’occasion d’insister sur ce fléau en récompensant le travail de l’Australien Matthew Abbot pour l’histoire de l’année. Saving forests with fire est une série de photographies qui raconte comment les Nawarddeken arrivent à éviter les incendies de grande ampleur sur leur territoire en brûlant certains endroits de la forêt. En agissant de la sorte et en choisissant les moments où la température est plus basse, cette population préserve ainsi son environnement !

Une famille s'écarte du feu volontairement déclenché dans le bush
Saving forests with fire par Matthew Abbot

Le meilleur projet sur le long terme

Vue des conséquences de la déforestation en Amazonie au Brésil
Amazonian Dystopia par Lalo de Almeida

Comment parler de conséquences de l’action humaine sans évoquer l’Amazonie ? La catégorie du projet sur le long terme a récompensé la série de photographies Amazonian Dystopia réalisée par Lalo de Almeida. Le poumon de la planète ne connaît pas de trêve et son exploitation s’accélère. 

Un jeune homme sur l'avant d'une barque, tronçonneuse à la main au milieu de l'Amazonie.
Amazonian Dystopia par Lalo de Almeida
Les membres d'une tribu d'Amazonie forcés à l'exil
Amazonian dystopia par Lalo de Almeida

De 2019 à aujourd’hui, la dévastation de cette forêt a suivi un rythme effréné, plus rapide encore que celui de la dernière décennie. Dans sa série, Lalo de Almeida montre aussi la menace sur le mode de vie des 350 tribus autochtones qui peuplent encore la forêt à cause des besoins de l’industrie agroalimentaire.

Le meilleur format libre

Vidéo Blood is a seed sur la perte de savoir-faire agricole à cause du déplacement des populations
Blood is a seed, Isadora Romero

Enfin, le prix World Press pour la nouvelle catégorie du format libre a été décerné à l’Équatorienne Isadora Romero pour sa vidéo Blood is a seed. Celle-ci interroge sur les conséquences de l’immigration sur la transmission de savoir agricole ancestral. À travers son histoire familiale personnelle, ses ancêtres ont été déplacés de Colombie à l’Equateur, elle raconte comment la disparition de ces techniques a contribué à faire disparaître près de 75 % de l’agro biodiversité au cours du XXe siècle.

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