Violaine & Jeremy : Illustration 1

Violaine & Jeremy : Illustration

On était à la recherche de la nouvelle pépite qui fournirait notre collection d’articles sur l’illustration, de la jolie petite parure qui paraderait avec fierté sur nos murs, on a donc décidé de sortir le grand jeu et de mettre les petits plats dans les grands. Du coup on s’est perdus un temps sur les Internets, puis deux, puis trois, puis … vous m’avez compris. On a donc vite décidé de revenir aux sources et de regarder ce qu’il se fait par chez nous : dans nos belles contrées françaises.

Je vous rassure, on vous a évité les clichés de paysages enneigés, préférant l’élégance brute de la poudre de graphite à la poudreuse des cimes enneigées, comme certains ont l’art de nous faire rager ces derniers temps. Hein connard ?

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Pour tout vous avouer, ça fait déjà quelques mois qu’on suit le travail de Violaine & Jeremy, cerbère à deux têtes – faut bien des exceptions – de l’illustration composée par Violaine Orsoni et Jérémy Schneider, sans prendre néanmoins le temps de vous les présenter. Une erreur que nous nous devions de rectifier, mais vous nous comprendrez, il faut savoir se laisser un temps pour être totalement charmé.

Violaine & Jeremy, c’est un studio d’arts graphiques et d’illustrations basé dans la capitale qui sévit sur toutes sortes de supports. Mais on doit avouer avoir été principalement bluffé par leur talent 2B à la main et leur passion du dessin.

 

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Violaine & Jeremy, c’est un peu, beaucoup, la classe à la française : élégance et raffinement tout en sachant toujours y ajouter la bonne dose d’exubérance. Les rendus sont tout simplement géniaux et s’inscrivent dans une ambiance quasi feutrée, extrêmement douce à l’oeil, qui nous retranscrit toute l’idylle qu’entretient le duo avec l’illustration, mais aussi et surtout le goût du travail bien accompli.

Dans leurs visuels, ce qui nous a surtout marqué, c’est leur maîtrise des volumes et lumières. On se sent vite un peu con, excusez ma familiarité mais ne nous cachons pas, ce qui doit être dit, doit être dit : leurs volumes, textures, et lumières, on est encore loin de les égaler. C’est tout ce travail autour des ombres et du jeu de lumière qui dégage le style de Violaine & Jeremy, en plus de leur imagination débordante qui leur permet d’allier idées de génie et technique infaillible.

Ce qui est sûr avec ça, c’est que Violaine et Jeremy ne se paye pas le luxe de se jouer de nous : on ressent la maîtrise dans les coups de crayon. Peu de violence et beaucoup de passion pour un résultat qui parvient, définitivement, à nous charmer. Ajoutez à cela également leur talent pour le graphisme et l’édition et vous finirez comme nous, convaincus. Et puis y’a du grain et des petits points, et ici on aime bien les petits points …

Violaine et Jeremy

Et c’est dans leurs studios, à quelques pas du cirque d’hiver dans le 11ème arrondissement que nous les rencontrons afin de rassasier notre curiosité et d’en savoir un petit peu plus sur le duo.

 

Interview

 

Beware Mag : Comment en êtes vous arrivés à avoir votre propre studio d’arts graphiques ? Est-ce par un besoin de liberté ?

Violaine : L’histoire est assez simple, on a monté le studio il y a 3 ans, à peine 1 an après la sortie d’école de Jérémy,  après cette école il a commencé un stage qui a débouché ensuite sur un job de Directeur Artistique en agence de publicité, chose qu’il a complètement détesté, et c’est là qu’on s’est rencontré. J’étais directrice de production dans cette agence. La pub, ça faisait 4 ans que j’y travaillais et j’avais réellement envie de faire autre chose. Nous sommes ensuite tombés amoureux, on a alors décidé de créer quelque chose ensemble. Jérémy désirait évoluer sans patrons, moi depuis ma sortie d’école j’ai toujours pensé que j’allais faire mon propre truc, mais le faire seule est assez compliqué. L’opportunité vient toujours quand tu trouves la bonne personne avec qui le faire. On a des savoirs-faire qui sont très complémentaires lui et moi. Jérémy c’est l’artiste de la team, c’est lui l’illustrateur, moi je suis la directrice artistique, je sais vers où je veux aller, j’ai l’oeil. Pour revenir sur ce besoin de liberté, c’est tout à fait ça, et ce n’est que ça. C’est la liberté de ne plus avoir de patron, de dire non quand on en a envie, de choisir les projets etc.

BM : Comment s’organise votre binôme ?

Violaine : À la base je n’étais pas graphiste, et Jérémy m’a donc apprit à faire du graphisme, après, la Direction Artistique, j’ai toujours su le faire. Ce qui fait que notre team s’organise de manière assez claire, c’est que, si l’on prend le process dans l’ordre; cela va de l’idée, de la conception que l’on partage complètement que ce soit sur de l’illustration, des maquettes, du motif, on partage la conception à deux. Les premiers jets de créa, c’est souvent Jérémy qui les sorts, ensuite, moi je prend ses premiers jets et je les déroules sur tout ce dont on a besoin, je vois s’il faut changer des choses… enfin, la partie clients, je m’en occupe de A à Z.

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BM : Comment choisissez vous vos projets ? 

Jérémy : Nous n’avons quasiment jamais prit de boulots, projets alimentaires. On a assez de choix de commandes où l’on peut choisir ce qui nous semble le plus intéressant. Au début on prenait un peu tout ce qui tombait, et maintenant on a beaucoup de demandes et donc on est obligé de faire des choix, on prend donc les projets les plus intéressants. L’argent c’est jamais ce qui nous fait choisir un projet, ca marche par coup de cœur.

Violaine : Au tout début on ne savait même pas si on allait avoir des clients, on avait quasiment pas de réseau, mais on s’est rendu compte que l’on avait quand même suffisamment de réseau pour pouvoir travailler tous les jours, c’était surtout par un réseau d’amis. On a jamais eu à chercher de boulot, même au début. On a également fait le choix de construire un book via chaque projet, et qu’on sente que dans chaque projet, ce ne soit pas de l’alimentaire.

Jérémy : En fait c’est comme si l’on construisait un projet continu et que chaque projet contribue à construire notre style.

Violaine : Et aujourd’hui nous avons beaucoup de demandes, donc ce qui nous fait choisir, c’est beaucoup l’amplitude du projet, sa qualité et aussi sa visibilité.

BM : Comment avez vous définit vos choix créatifs, votre direction artistique autour de la revue Influencia ?

Violaine : On se devait de créer une revue intemporelle, c’est-à-dire quelque chose de ni jeune, ni vieux, ni has-been, qui traverse les âges… c’est ce que l’on a voulu faire. L’idée était de faire une revue assez haut de gamme, qui change de ce que l’on peut voir sur le marché. L’éditeur voulait complètement se démarquer de ces magazines, avoir de la tendance et des articles de fond. Et le brief était donc de faire quelque chose d’intemporel, ensuite nous nous avons totalement apporté le truc de l’illustration.

Jérémy : On était totalement libres, on avait juste le logo à placer, on a pu créer la typo, on a tout fait de A à Z, on a également sélectionné les illustrateurs. 

Violaine et Jeremy

BM : Pourquoi, Jérémy, cet intérêt pour l’hyper réalisme ?

Jérémy : Petit, je prenais des cours de dessin et je faisais de la peinture, presque de l’art brut, il fallait pas du tout que l’on dessine précisément. J’ai ensuite fait un bac L en histoire de l’art, et dans les cours d’art et les cours de dessin, il n’y avait qu’un cours, études documentaires où l’on pouvait dessiner très précisément, sinon ce n’était pas du tout quelque chose que l’on m’avait inculqué.

Caravage et Ingres est (…) le meilleur dessinateur qu’il y ai jamais eu.

On vit dans les écoles d’art encore avec l’esthétique du début 20ème, généralement tous les peintres que les profs adorent c’est les Fauves par exemple, avec de la couleur, des touches, alors que moi je suis plutôt tourné Caravage et Ingres que j’adore, qui est pour moi le meilleur dessinateur qu’il y ai jamais eu, et c’est un artiste que les profs ne mettent jamais en avant. Malgré la précision qu’apporte la photo, j’ai toujours aimé dessiner, j’adore la technique de dessin d’Ingres,  le clair obscur du Caravage, toutes ces références à ces peintres m’inspirent. Faire ressentir le volume c’est ce qui me plait le plus dans le dessin.

BM : Quel projet vous a demandé le plus de réflexion et de préparation ? 

Violaine : C’est assez égal, pour chaque projet on met la même intensité de réflexion et de préparation.

Jérémy : Il y a rien qui ressort vraiment car tous les projets nous tiennent à coeur. On ne veut rien bâcler, on veut tous les pousser jusqu’au bout, quitte à faire des nuits blanches, travailler le week end, je ne peux pas me dire que je bâcle un truc.

BM : Quels sont vos projets à venir ?

Violaine : On a un projet avec la Villa Méditerranée qui se situe à côté du Mucem à Marseille qui fait une revue annuelle. Nous faisons donc le numéro 2 cette année, qui va être imprimée à la fin du mois.

Jérémy : C’est une revue dont le graphisme est assez bien travaillé, plus poussé qu’Influencia en tout cas, on a hâte qu’elle soit imprimée. Les contenus sont très très intéressants. 

Violaine : La revue ADN est prévue pour la rentrée, qui est une nouvelle revue sur l’actualité de la communication, mais avec une maquette qui pour le coup n’a rien à voir avec Influencia (ADN et Influencia sont du même éditeur, ndlr.), pour la première fois il y a zéro illustration, à la demande de l’éditeur.

Jérémy : Oui ce n’est que de la photo et il y a un gros travail de typographie. 

 

 

 

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Retrouvez tout les travaux du duo sur leurs réseaux :

http://violaineetjeremy.fr/

https://www.behance.net/violaineetjeremy

http://www.facebook.com/ViolaineJeremy

 

 

Article par Kidz et interview par Vic

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