Valentin Petit est un jeune réalisateur de 21 ans qui commence à se forger une réputation grandissante au sein de la scène artistique. Véritable touche à tout, il ajoute une touche toujours très personnelle à ses réalisations en les orientant vers des thèmes qui lui sont chers.

C’est donc en plein centre de Montpellier que je retrouve cet étudiant plongé dans la production d’une vidéo pour Antidote Magazine. Un espace de travail nickel et ordonné mais néanmoins torturé ces derniers temps par le nombre grandissant de projets. Je visite les lieux et reconnais certains murs qui ont portés des freestyles fronçais au détour d’une pièce envahie par des reptiles en tous genres. L”interview commence et je découvre alors un peu plus un jeune homme très déterminé et passionné par ce qu’il fait.

1.  Salut Valentin, pourrais-tu te présenter en quelques mots pour nos lecteurs et nous en dire un peu plus sur ton parcours ? 

Salut, je m’appelle Valentin Petit, j’ai 21 ans et je suis étudiant actuellement. J’ai fait toute ma scolarité à Bourges, j’ai eu mon bac ES et ensuite j’ai fait une formation qui me plaisait pas du tout (management d’entreprise).
Du jour au lendemain j’ai arrêté ma formation puis j’ai passé mon diplôme en candidat libre. Je me suis réorienté vers une MANAA en essayant d’intégrer une école publique, ce qui est très difficile en France, du coup je suis parti à l’école de Condé à Lyon. Ca a été une bonne expérience, et c’est là que j’ai pris conscience que le milieu de la communication visuelle m’intéressait vraiment. En parallèle j’avais toujours cette passion pour la vidéo, du coup je me suis donné à fond dans mes études, ce qui m’a permis de finir bien classé dans ma promo et de rattraper une école publique. Je suis donc entré en BTS Communication Visuelle option Multimedia à Jean Monnet.  Après mon BTS je souhaiterai intégrer l’ensAD option photo/video.

2.  Qu’est-ce qui t’a poussé vers le monde de la vidéo ? 

Depuis tout petit je suis passionné par les sports extrêmes, j’ai fait longtemps du roller et beaucoup de motocross. Malheureusement j’ai fait une grave chute il y a quatre ans, ça m’a éloigné des terrains.
Du coup j’ai découvert la vidéo en filmant tous les week ends mes potes qui ridaient. J’ai commencé à en poster quelques unes sur le net, au fil du temps j’ai gagné plusieurs compétitions mondiales comme Riders Match (gagnée deux ans d’affilé). Ce qui m’a permis de m’acheter du matériel plus performant et de me rendre compte que la vidéo c’était pas si mal que ça au final.
Grâce à ça j’ai rencontré pas mal de gens intéressants et plus particulièrement dans le domaine du son ce qui m’a offert de la visibilité grâce à des réalisations de clips.

3.  A seulement 21 ans tu possèdes déjà une certaine notoriété. Tes réalisations séduisent de plus en plus, les projets professionnels commencent à affluer, les features et les concours gagnés également, à quoi dois-tu cette réussite ? 

La seule chose qui paye c’est le travail. Ces deux-trois dernières années j’ai vraiment mis ma vie personnelle de côté, je ne fais que travailler, je dors trois quatre-heures par nuit.
C’est très difficile de conjuguer cette passion et le milieu scolaire. Le diplôme c’est quand même un gage de sécurité pour les clients plus tard, du coup je ne néglige surtout pas les études qui passent avant tout, c’est là où j’assure un max.
Et tout mon temps libre je le réserve à la vidéo et au milieu visuel. Je pense aussi qu’il faut avoir une très bonne veille concurrentielle et être très ouvert d’esprit. Savoir suivre les tendances c’est très important tout comme posséder une très bonne culture graphique actuelle, sans ça on a du mal à suivre le mouvement.

4. Des coups de coeur particuliers à faire partager ? 

Au niveau des inspirations pour tout ce qui est vidéo, Kubrik. Mais j’aime beaucoup aussi Gaspard Noé. Au niveau de la typographie, ça vient surtout des pays de l’Est, ce sont des killers, même dans le milieu du graphisme en général. Au niveau du son tout ce qui est Abstract Hiphop, dubstep, avec des grands groupes comme Boards of Canada, Amon Tobin, Apheix Twin, Foreign Beggars, Gonjasufi, Mexicans with Guns, Murcof …

5. Pour en revenir à ton travail, après avoir observé ton portfolio on constate que tu touches à toutes sortes de projets de la réalisation de clips au court métrage, en passant par une séance tatooage au détour d’une session de ride. Je remarque l’immense tatooage sur ton bras, tu as baigné dans le milieu des sports de glisse un bon nombre d’années, tu te nourris de musique. Tes vidéos sont donc très personnelles ?  

J’ai surtout besoin de m’exprimer, de raconter des choses personnelles dans mes vidéos. C’est un peu comme une thérapie. En tous cas, c’est comme ça que je vois les choses. Ça me ferait chier de filmer des golfeurs, ou Tokyo Hotel. Le meilleur moyen de progresser c’est de lier l’utile à l’agréable.
Je filme des choses auxquelles je tiens. J’aime bien mélanger tout ça, je trouve ça plus cohérent, je suis plus en accord avec mon travail.

6. On observe également une certaine pureté dans tes réalisations. Notamment pour la vidéo “Everydayz – Temps Mort” où tout est lié au milieu naturel. Même au niveau de la production et la manière avec laquelle tu as travaillé l’image on ressent un soucis  de la pureté de l’image. Cette sensibilité pour la nature c’est quelque chose que tu essayes de transmettre dans tes vidéos ?    

Dans mon travail je voudrais arrêter un peu tout ce qui est 3D & effets vidéos. Je voudrais retourner à l’essentiel de la vidéo : mettre en avant la beauté de l’image. J’aimerai aussi plus travailler le fond à l’avenir. Je pense que si je peaufine le fond, la forme ça se ressentira. Comme pour le projet Everydayz, j’ai fait très attention à la forme et j’avais une liberté totale pour le fond. J’aimerai faire ressortir le côté du travail à la main dans mes vidéos. Le milieu de la nature, c’est un milieu qui m’est très cher. J’aimerai l’exprimer plus subtilement dans mes réalisations. C’est d’une telle beauté et d’une telle richesse. Jouer sur les effets  lumineux, les textures, les matières … La nature c’est une créativité infinie à laquelle chacun peut y assimiler son interprétation.

7. Je suis arrivé en plein milieu de l’editing pour Antidote Magazine, ces derniers temps tu as été très actifs avec un bon nombre d’actus. On peut s’attendre encore à d’autres sorties de ta part ces prochaines semaines ?

J’ai fait mes premiers pas dans le milieu de la mode avec la vidéo pour Antidote Magazine, c’est vraiment un milieu sympa. Mes deux mois de vacances vont être réservés pour tourner des clips. Je m’entoure de jeunes beatmakers talentueux, ça va être cool. Un peu dans la continuité clip pour Everydayz où j’étais totalement libre artistiquement. Je compte aussi travailler beaucoup sur la lumière, on peut en tirer énormément, la photo ce n’est que de captation la lumière.

8. Et pour la suite, tu envisages quoi ?

Travailler dans des agences de pub, faire mes armes dans le milieu professionnel. Puis à terme me mettre en freelance. Je me considère pas encore comme professionnel, même si je ressens de plus en plus que ça commence à se professionnaliser. Je me considère avant tout comme un étudiant. Puis après, me mettre dans le long métrage à terme, ça me ferait bien kiffer. Mais il faut d’abord avoir un gros vécu avant et une grosse culture. J’étais pas un grand fan au départ, c’est grâce à la vidéo que je m’y suis intéressé, mais c’est vraiment ce que je souhaite faire.

9. Merci Valentin pour le temps que tu as accordé Beware, un petit mot pour la fin ? 

Je tiens à remercier toutes les personnes qui me soutiennent et ont confiance en mes projets. Plus particulièrement celles qui me suivent depuis mes débuts et sont toujours présentes à mes cotés.
Petite pensée aux haters qui ont essayés décrédibiliser mes derniers projets : ils se reconnaîtront.

Bonne continuation à Beware !

www.valentinpetit.fr