thylacine Sheremetiev

Thylacine prend l’eau dans son dernier clip “Sheremetiev”

Sorti ce jour, le dernier clip de Thylacine nous emporte dans les profondeurs marines, un naufrage orchestré avec brio.

Thylacine prend l'eau dans son dernier clip "Sheremetiev"

Plongeon en arrière

Dans Sheremetiev, troisième extrait de son album Timeless à paraître le 2 octobre prochain, Thylacine nous confirme ses inspirations classiques déjà dévoilées dans Allegri et Satie I. Cette fois, le titre s’inspire du morceau Nine sili nebesniye compositeur russe Alexander Sheremetev, bien moins connu du grand public, voire inconnu.

Monté en reverse, nous assistons à la chute d’un orchestre et de leurs instruments, qui bien que déjà passée, se laisse imaginer (non, nous ne palerons pas de Titanic). Violons, partitions, piano, se retrouvent immergés, en suspension dans cette eau presque noire.
Et si les bulles d’air semblent plus en vie que les individus comme figés dans leur mouvement, c’est accompagné d’un son quasiment religieux que nous retenons notre souffle face à ces images léchées rappelant l’idée d’une nature morte, ou du moins pas réellement vivante.

Sheremetiev clip

Thylacine se dévoile dans une nouvelle intimité créant ainsi un mélange entre espoir et douce mélancolie appuyé par un piano envoutant digne des ritournelles du Fabuleux destin d’Amélie Poulain et de voix en écho, profondes et résonnantes, propres à l’artiste russe qui l’inspire. À contre courant d’une obligation actuelle à la rapidité, le son presque religieux et les images ralenties nous plongent dans une douce rêverie.

Fidèle à son minimalisme, le son s’écoute purement, en toute confidence. Il est intéressant de voir, au travers de cet orchestre déchu qui revient doucement à la surface, qui se rembobine, l’envie de l’artiste de faire revivre, ou de créer pour d’autres, l’intérêt du public pour ces musiques classiques et ces sonorités oubliées bien que dispersées dans l’inconscient collectif. Un retour ressource qu’il sauve de la noyade et de la perdition en eaux profondes pour ravir nos oreilles. Car les deux réalisateurs confiaient à Tsugi leur inspiration issue du travail de Bill Viola et sa vidéo Ascension un mélange entre “la progression lente et la force”.

Trois titres sont donc maintenant parus sur cet album qui n’en fini pas de nous surprendre et de nous captiver. Un nouveau regard sur l’artiste et sa musique qui forcent à reconsidérer les origines de la musique, même électroniques, vers des inspirations auxquelles nous oublions de penser parfois. Un classicisme moderne, délicieux à écouter, et magnifiquement mis en images.