Théo Gosselin

Théo Gosselin, un photographe nommé sauvage !

ll y a quelques jours, je suis allée à la rencontre de Théo Gosselin. Un photographe aux routes vallonnées pour ne pas dire « wild » tout simplement. On l’aime pour son goût de la vie sauvage, nature, sans filtre et pourtant si poétique. Une soif du voyage, de l’aventure qui transpire dans son travail, comme intemporel. 

Beware : A quel moment as-tu voulu faire de la photo ? 

Théo Gosselin : « C’est venu assez tard finalement. J’ai grandi à la campagne, je venais en ville au Havre pour retrouver mes amis qui eux faisaient de la musique ou du skate à l’époque. C’est à ce moment-là quand j’avais 16 ou 17 ans. Grâce à cela, j’ai commencé à faire de la photo et quand je ne faisais pas de skate et bien je faisais de la photo. Lors des concerts de mes potes, j’essayais de faire des photos des musiciens qui passaient, etc. Au bout d’un moment, je me suis lassé de faire des photos de gens qui faisaient des choses et je me suis fait la réflexion que c’était désormais à moi de diversifier mes projets.
C’est un peu comme ça que c’est parti.

Portrait par Théo Gosselin
Portrait par Théo Gosselin


Ensuite, je suis parti à Amiens en 2009 pour poursuivre des études de design graphique. J’avais alors 18 ans. C’est véritablement à ce moment-là que j’ai réalisé énormément de photos, à la manière de reportages disons.
Je prenais en photos mes amis, mes amoureuses, tout ce qu’il se passait. Finalement je n’ai pas vraiment décidé d’être photographe, c’est plus les autres qui ont décidé pour moi, à force de poster mes images en ligne – nous étions dans les balbutiements de Facebook à cette époque-là. Dès que j’ai commencé à poster ces images de mes amis et de mes premiers voyages, des marques ont commencé à me contacter et à me demander si je serais capable de faire la même chose sur un projet plus professionnel avec les contraintes qui en incombent. C’est alors que j’ai réalisé que je pouvais être payé pour faire la chose que j’aime le plus faire sur Terre.

The ghost of Tom Joad
The ghost of Tom Joad


Voilà la Genèse de mon travail. A aucun moment, je n’ai voulu devenir photographe d’autant plus que je faisais de la musique à côté. Je voulais devenir illustrateur à la base, puis je me suis rendu compte que je ne voulais pas passer ma vie derrière un bureau à dessiner et que je souhaitais continuer de faire des photos, profiter de ma folle jeunesse et faire des shootings avec mes amis.

Couverture du livre "Roll"
Couverture du livre “Roll”


J’ai commencé par avoir un blog puis un Skyblog puis une page fan sur Facebook pour montrer mon travail. Sur les réseaux sociaux à l’époque, il y avait encore pas mal de place pour les photographes puisque c’était le début. Ensuite ce modèle a saturé puisqu’il y a eu énormément d’artistes qui l’ont utilisé. C’est ce qui m’a permis d’avoir une longueur d’avance et de me démarquer. Maintenant je suis complètement sur Instagram.
Je t’avouerai cependant que c’est une époque qui me manque car les images étaient un peu moins perdues dans la masse. C’était aussi un temps où l’on cherchait les images sur son ordinateur, assis dans son fauteuil, ça n’avait pas le même charme. 

Maud Chalard, de dos
Maud Chalard, de dos

Ça fait aujourd’hui 10 ans que je consacre mon travail à la publicité.
J’ai commencé avec une marque de chaussures qui s’appelait Shmuv, puis il y a eu de plus grosses marques et j’ai ainsi arrêté mes études d’Arts. 

Maintenant, je fais à la fois de la publicité, de la photo éditoriale et enfin un travail un peu plus artistique où là je produis mes livres, mes expositions, mon travail personnel avec mon amoureuse Maud Chalard, mes voyages, etc. ».

Nu à retrouver dans The Roll
Nu à retrouver dans “The Roll”

Beware : Ton univers en 3 mots ? 

Théo : « Je pense qu’il y a du cinéma, de la liberté et de la folie. Disons par là, un côté un peu sauvage. Et il y a aussi beaucoup de musique »

Beware : Tu aimerais faire du ciné ? 

Théo : « Mon objectif initial, c’était de faire de la photographie durant dix ans, pour gagner en confiance en moi avant de faire du cinéma.
La photo m’a amené à avoir de la conviction, à savoir ce que je voulais vraiment et ma conviction était ensuite de faire de la fiction. C’est pourquoi maintenant je fais de plus en plus de clips. C’est là un travail beaucoup plus long en amont, où il faut être extrêmement rigoureux.
Moi j’aime l’imprévu que je peux trouver dans la photographie et que je ne peux pas me permettre dans la réalisation de clips. »

Portrait dans la caravane
Portrait dans la caravane

Beware : Ton ADN « wild » en photos, tu souhaites le conserver ? 

Théo : « Oui, même si avec Internet comme on le disait tout à l’heure, on peut être influencé. Je sais que mon style aujourd’hui peut être un peu dépassé même si ce qui transparaît – musique, nature, amitié, AMOUR, voyage, fête – est intemporel et rencontrera toujours un public qui partage ces valeurs. Mon univers traite parfois aussi la nostalgie, la poésie. C’est tout ce qui m’anime et me rend super heureux. »

Beware : Qu’est-ce qui te fait rêver et inonde ton travail ? 

Théo : « C’est la photo qui m’a aidé à vaincre ma timidité, aller à la rencontre des autres, voyager. J’envoyais à l’époque des messages à des gens en leur disant : « Je fais des photos et j’adorerai faire des photos de ton univers. »

Nu à la fenêtre
Nu à la fenêtre

Beware : Les collaborations qui t’ont le plus marqué ? 

Théo : « Ce n’est pas vraiment des collaborations, c’est plus partir à l’aventure en voyage avec des amis photographes et vivre pleins de choses (Emanuel Rosario, Brice Portolano, et bien sûre Maud). 

Je suis en couple avec Maud Chalard depuis 10 ans, elle aussi photographe et j’ai moi-même beaucoup d’amis photographes. On s’est créés chacun notre univers et on a beaucoup appris les uns des autres. Je travail dans la publicité pour gagner ma vie et c’est la aussi une énorme source de rencontres incroyables, j’ai la chance de vivre de ma passion et travailler avec de grosses équipes aux 4 coins de la terre, dans des conditions météo parfois extrêmes, mais c’est toujours un super challenge et des moments enrichissants. »

Corps libres
Corps libres

Beware : Quels sont les artistes ou égéries que tu aimerais shooter ? 

Théo : « Adam Driver, Shia Lebœuf, Dave Grole (le batteur de Nirvana, Foo fighters). »

Beware : Peux-tu nous dire quelques mots sur tes prochains projets ? 

Théo : « Une nouvelle année commence, j’ai envie de retrouver mes premiers amours qui sont : l’aventure/camping avec mes amis et des images très cinématographiques. L’année passée, j’ai fait beaucoup d’éditos et de nus féminins pour un projet de livre, mais je me rends compte que l’aventure et les rencontres me manquent énormément. »

Clara Berry
Clara Berry

Beware : Coté expo ? 

Théo : « Je viens de sortir mon 4ème livre « Roll », édité à la fin de l’année 2021. Il retrace 6 ans de ma vie, la première édition est « sold out », nous l’avons donc rééditer avec quelques petits changements. 
Mon livre représente tout ce qu’il s’est passé dans ma vie entre 2015 et 2021, mon passage à l’âge adulte entre voyages, poésie, musique, amour mais aussi des moments plus durs de ma vie, le deuil notamment. J’espère organiser cette année une grosse exposition consacrée a ce livre, ainsi que des nouveaux clichés réalisés ces prochains mois. »

couple dans la rivière
Couple à la rivière

Pleins de beaux projets pour cet artiste à la grande sensibilité.
Retrouvez tout le travail de Théo Gosselin via son compte Instagram.  

théo gosselin photographe

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