Levon Biss

[Interview] Levon Biss : la macro photo pour alerter le déclin des insectes

Levon Biss est entré dans le monde de la photographie vers ses 18 ans. Aujourd’hui, il a 47 ans, et n’hésite pas à utiliser ses clichés comme messages pour les générations présentes et celles à venir.

Une abeille bleue calamintha vue de près prise grâce à la macro photo.

Beware : Comment êtes-vous entré dans le monde de la photo ?

Levon Biss : J’ai commencé à prendre la photographie au sérieux quand je suis entré en école d’art, quand j’avais environ 18 ans. Avant, j’avais toujours voulu être illustrateur, mais je pense que j’ai finalement choisi le bon chemin. Après avoir fini l’école, j’ai eu la chance de trouver un travail de photographe junior. Mon boss m’a tendu la caméra, et m’a dit “fonce”. Alors, c’est ce que j’ai fait.

Pendant mes premières années en tant que photographe professionnel, j’ai essayé de consacrer pas mal de temps à mes photographies personnelles, tout en faisant les photos pour lesquelles j’étais payé. Quand j’y repense, je me rends compte à quel point c’était important. Je pouvais m’entraîner sans le stress d’avoir mes clients.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Mon inspiration principale est la nature, que ce soit des espèces botaniques ou des insectes. Quand vous regardez quelque chose de très près, c’est très différent de quand vous le regardez juste avec vos yeux. Il y a tellement de variétés et de diversités dans la nature que j’aurais toujours quelque chose à prendre en photo.

Une coccinelle vue de près, prise à l'aide d'un microscope.

Pourquoi la macro ?

Je fais de la macrophotographie parce que je suis sans arrêt surpris. Dès que je photographie quelque chose de nouveau, j’apprends quelque chose de plus. Ça nous permet de rendre le monde invisible, visible, et il y a beaucoup de satisfaction là-dedans. Encore plus quand mes images sont utilisées par des enfants à l’école pour apprendre l’histoire de la nature et l’art.

Qu’est-ce qui vous fascine dans la macro photo ?

La macro photo est une fenêtre sur le monde invisible. Dans notre vie quotidienne, on s’est habitués à notre environnement, à sa taille. Quand on étudie un monde plus petit que le nôtre, vous vous rendez compte qu’on n’est qu’une petite partie d’un écosystème encore plus grand. Il y a énormément de vie de toutes les tailles, et les plus petites semblent devenir les plus belles, enfin à mon avis.

Un scarabée vu de près avec ses magnifiques couleurs.

Quel est le message que vous souhaitez faire passer ?

Le message de mon travail est que nous devrions apprécier la nature, que ce soit les insectes, les mammifères, les plantes, les oiseaux ou les amphibiens. J’encourage les gens à penser comme nous, les humains, vivons sur la planète. On en a besoin bien plus qu’elle a besoin de nous. Une planète en bonne santé avantage toutes les espèces qui y vivent, et nous en faisons partie. J’espère que mon travail est vu comme une célébration du monde naturel, et qu’il rappelle au public combien la nature est précieuse. C’est quelque chose qui ne peut pas être tenu pour acquis.

Quel est votre cliché préféré ?

Il n’y en a pas un que je préfère. J’en aime beaucoup, mais je ne préfère pas une photo plus qu’une autre. Si je devais quand même en choisir une dans ma dernière exposition Extinct & Endangered, ce serait sûrement le bourdon géant de Patagonie. C’est une image incroyablement frappante qui vient d’un projet pour lequel je suis extrêmement fier. 

Une abeille vue de près prise grâce à la macro photo.

Comment cela se passe-t-il pour prendre en photo les insectes ?

Chacune de mes œuvres est créée avec 10.000 photos individuelles prises au microscope. Chaque photo d’Extinct & Endangered m’a pris environ trois semaines. Les photos sont imprimées en très large pour conserver chaque détail. Le public peut voir les images en haute définition sur mon site internet et zoomer sur les détails. J’encourage les parents ou les enseignants à montrer mes photos aux enfants. C’est éducatif et divertissant en même temps. Sur le site, vous pouvez aussi voir l’appareil photo que j’ai utilisé, et une vidéo sur le déclin des insectes et la perte de biodiversité. C’est une ressource précieuse pour les éducateurs et les écoles. C’est totalement gratuit, et ça devrait être utilisé pour éduquer les futures générations sur ces problèmes actuels graves. 

Cet insecte est le macrodontia cervicornis, le troisième plus grand coléoptère du monde.

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