L’exposition « Simone Veil. Mes sœurs » plonge dans l’intimité de la famille Jacob au destin bouleversé par la guerre. Laissant de côté la femme d’état, le Mémorial de la Shoah s’intéresse avant tout à l’individu.

Connue pour son implication dans la vie politique française et son travail sur la mémoire de la Shoah – travail aujourd’hui repris par d’autres –, Simone Veil a été le sujet de plusieurs expositions organisées par le Mémorial de la Shoah : Simone Veil, un destin. 1927-2017 présentée en 2020, puis Simone Veil, une vie de combats accueillie au Lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon en 2025.
Dans cette nouvelle rétrospective, le Mémorial plonge dans l’intimité de la fratrie Jacob. « On y découvre une Simone Veil souriante et insouciante, loin des représentations figées de la femme d’État », explique l’établissement dans son communiqué. Y sont exposés des extraits de correspondances, journaux intimes et récits ainsi que des photographies issues des archives des familles Jacob et Vernay.
Trois sœurs avant la guerre
Les trois sœurs, Madeleine (dite Milou), Denise et Simone, grandissent à Nice, dans les années 1920, au sein d’une famille juive française. Leur enfance heureuse est « peu à peu bouleversée par les crises économiques et politiques des années 1930, puis par l’Occupation et les persécutions antisémites ».
L’une des sœurs, Denis, s’engage dans la Résistance et sera déportée à Ravensbrück. Les deux autres, Milou et Simone, ainsi que leur frère Jean et leur mère Yvonne, seront arrêtés et les trois femmes déportées à Auschwitz au printemps 1944. Yvonne meurt à Bergen-Belsen (là où seront déportées en novembre de la même année Anne Frank et sa sœur). Le frère et le père, André, déplacé du convoi 73, ne reviendront pas.
Les textes et photographies, les entretiens réalisés par David Teboul et les voix des comédiennes Isabelle Huppert, Marina Foïs et Dominique Reymond retracent le parcours des trois sœurs « de l’insouciance niçoise à la reconstruction d’après-guerre ».
Réalisateur et photographe, David Teboul est l’auteur du documentaire Simone Veil, une histoire et du livre qui donna son nom à l’exposition. Son travail explore, à travers la famille Jacob, la mémoire et la transmission « à travers des récits personnels ».
Un frère photographe
L’exposition rend aussi hommage au frère Jacob, qui souhaitait devenir photographe. Faute d’avoir atteint son objectif de son vivant, le Mémorial de la Shoah expose ses photographies pour la première fois.
Ce rêve, sur lequel il travaille dès 1942 en travaillant brièvement dans un laboratoire photo, est mis à mal par sa déportation en 1944. Envoyé avec le seul convoi français à destination des pays baltes, il y est assassiné. Ses sœurs apprendront les circonstances de sa mort 34 ans plus tard, en 1978.
L’exposition est accessible gratuitement au Mémorial de la Shoah, du 10 février 2026 au 15 octobre 2026, au 17, rue Geoffroy-l’Asnier.





