Un pivotement de tête pour observer son visage sous un meilleur angle. Un souffle court pour obtenir ce ventre plat, ne serait-ce que l’espace d’un instant. Une main dans les cheveux pour les remettre en place… Rien ne lui passe inaperçu à la femme trentenaire qui rencontre son reflet dans le miroir. Elle passe tout au peigne fin, et mets en place des rituels qui se manifestent si souvent qu’ils en deviennent presque inconscients. Serafima Serafimova s’invite dans l’intimité de vingt femmes trentenaires pour capturer ces moments de négociations avec leurs corps. Une vidéo parlante dans laquelle beaucoup se reconnaîtront.

L’artiste utilise la technique cinématographique de la rotoscopie pour intensifier le réalisme de l’animation tout en préservant une part de pudeur pour chacun des sujets. Le choix du rose comme couleur dominante n’est pas un hasard. Elle symbolise le féminin et la vulnérabilité.

Rituels intimes

« FLAWED», qui signifie « imparfait »  en anglais, a été inspiré par le compagnon de Serafima Serafimova qui lui a fait remarquer que chaque fois qu’elle s’observait dans le miroir, elle ajustait son apparence.

« Je me suis aperçue que lorsque je croisais mon reflet sur n’importe quel type de surface réfléchissante, je rentrais mon cou et mon ventre et je penchais ma tête pour que mon apparence soit flatteuse. J’ai admis que c’était un rituel futile que j’accomplissais pour mon plaisir personnel, et puis, je me suis demandé si d’autres femmes faisaient de même pour gérer leurs  propres insécurités » confie Serafima Serafimova

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L’artiste a contacté d’autres femmes afin de savoir comment celles-ci géraient leurs complexes physiques.  Ceci a été le point de départ de « FLAWED». Serafima Serafimova a capturé des images de femmes en proie à leurs insécurités. Face à leurs miroirs, elles cherchent toutes à mettre en avant leurs avantages physiques et à minimiser leurs défauts – le tout dans le but d’attirer la sympathie du monde extérieur, mais aussi avec comme objectif de limiter l’impact négatif que leurs complexes ont sur leur estime d’elles-mêmes.

Un pas vers l’émancipation de la femme

Serafima Serafimova rappelle que le corps de la femme subit des changements perpétuels. Si l’adolescence est souvent une période ingrate, la vingtaine est considérée comme l’âge d’Or. Les femmes sont à l’apogée de leur beauté. La vie n’a pas encore eu le temps de laisser de traces sur ces peaux et ces corps encore frais. La trentaine en revanche est synonyme de déclin. Le corps est arrivé à maturité et quelques signes de vieillesse commencent à se manifester.

« Au lieu de célébrer notre corps pour tout ce qu’il a enduré au cours de notre vie, la société occidentale impose des dictats de beauté qui ne laissent aucune place aux imperfections. Il convient de les cacher ou de les supprimer complètement» explique l’artiste.

Avec «FLAWED », Serafima Serafimova a l’espoir d’encourager les femmes de toutes origines à accepter qui elles sont, telles qu’elles sont.

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