Rone Apache

Ça fait l’effet d’une bombe, celle qui étourdit. Celle qui plaque au sol.

Elle s’appelle Apache, c’est un EP, c’est Rone qui nous l’a fabriqué. On détaille sans trop en dire parce que ça s’écoute surtout : ci-contre, la version binaural à écouter avec un bon casque audio (son 3D), et ici, l’EP au complet en exclu chez xlr8r.

Bachi Bouzouk, une boucle acide et entêtante qui se joue de vos tympans en ondulant entre des basses pulsées. Tension maintenue mais nuancée par quelques éclats électroniques et effets sonores inattendus, en restant poli toujours. Apache, le genre de morceau où tu dis à tous tes potes “avec le casque sur les oreilles, c’est encore meilleur” alors qu’ils étaient déjà roses de béatitude. Douceur mutante, ballade lumineuse et tourmentée, un rythme qui balance, des dissonances que les tympans apprivoisent. Mais en fait, non, c’est Rone qui agite le pendule. Enfin, Origin ou les doigts dans la prise. Énervée, indocile, lancinante.

3 morceaux suffisent à exprimer, une fois encore, tout le génie du compositeur français qui enchaîne les concerts depuis ses débuts avec des pépites comme la Dame Blanche (Spanish Breakfast, 2009) ou ByeBye Macadam (Tohubohu, 2012).

On avait d’ailleurs eu la chance de faire la Saint-Valentin avec lui, l’hiver dernier (interview).  Il réinvente, expérimente et a cette faculté très agaçante de créer des sons aussi dingues que sa paire de lunette.

Sortie le 7 avril.