World Press Photo 2021

Découvrez le palmarès du World Press Photo 2021

Comme depuis maintenant 66 ans, la Fondation World Press Photo vient de dévoiler le palmarès de son concours annuel. Mondialement reconnu, celui-ci permet de mettre en lumière le fantastique travail des reporters et artistes qui nous offrent un point de vue unique sur notre Monde. World Press Photo récompense, ainsi, le meilleur du journalisme visuel de l’année écoulée, et ce, dans huit catégories distinctes : Contemporary Issues, Environment, General News, Long-Term Projects, Nature, Portraits, Sports and Spot News. Preuve de l’aura de ce prestigieux concours, cette année encore, le succès a été au rendez-vous avec plus de 74 000 clichés ont été soumis par environ 4 300 photographes du monde entier.

Pour l’édition 2021, le jury a décidé de récompenser 45 photographes provenant de 28 pays différents : l’Argentine, l’Arménie, l’Australie, le Bangladesh, le Bélarus, le Brésil, le Canada, le Danemark, la France, la Grèce, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, l’Iran, l’Irlande, le Mexique, Myanmar, le Pérou, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, la Suisse, les Pays-Bas et, enfin, les États-Unis.

World Press Photo of the Year :

The First Embrace

Portrait réalisé par le photographe basé à Copenhague (au Danemark) Mads Nissen

Réalisé par le photographe basé à Copenhague (au Danemark) Mads Nissen, ce portrait est le grand vainqueur de l’édition 2021. Cette scène, qui a eu lieu le 5 août 2020 au Brésil, nous montre Rosa Luzia Lunardi (85 ans) dans les bras d’Adriana Silva da Costa Souza, infirmière au foyer de soins Viva Bem, à São Paulo. Alors que le pays (et le Monde entier) est meurtri par la pandémie, cette photo a interpellé le jury grâce l’espoir qui émane de ce portrait. C’était, en effet, le “premier câlin” que Rosa recevait après cinq mois d’isolement dus aux mesures sanitaires en vigueur depuis le mois de mars 2020, au Brésil.

Photo story of the year

Habibi

Cliché réalisé par le reporter photo italien Antonio Faccilongo

Plus de 40 ans. C’est le temps qu’à déjà passé Nael al-Barghouthi en prison. Cela fait de lui le plus ancien détenu palestinien dans les prisons israéliennes. Réalisé par le reporter photo italien Antonio Faccilongo, ce cliché dévoile une réalité trop oubliée : les difficiles conditions des prisonniers en Palestine. On y voit le costume de Nael, laissé accroché dans sa chambre par sa femme Iman Nafi. Après une première arrestation en 1978 à la suite d’une opération commando anti-israélienne, Nael al-Barghouthi est libéré en 2011. Il profite de ce moment de liberté pour épouser Iman, mais est de nouveau arrêté trois ans plus tard. Seulement, cette fois-ci, le verdict sera plus sévère : il est condamné à la prison à vie.

Catégorie Contemporary issues

Yemen: Hunger, Another War Wound

Portrait réalisé par le journaliste argentin Pablo Tosco

Réalisée par le journaliste argentin Pablo Tosco, cette photo prise au Yémen remporte le 1er prix Contemporary issues de la catégorie photo seule. Pris le 12 février 2020, ce portrait nous raconte l’histoire de Fatima. Alors que le conflit armé bat son plein, cette mère de 9 enfants se bat pour subvenir aux besoins de sa famille. Son village a été dévasté et la famille est obligée de vivre de la pêche. Malgré tout cela, Fatima “est revenue pour reprendre ses moyens de subsistance, achetant un bateau avec l’argent qu’elle gagnait en vendant du poisson.”

Sakhawood

Cliché réalisé par Alexey Vasilyev (un photographe basé en Russie)

1er prix Contemporary issues de la catégorie histoires, ce cliché réalisé par Alexey Vasilyev (un photographe basé en Russie) nous dévoile les coulisses d’un tournage. On peut, ainsi, y voir une équipe en train de tourner le seconde partie de The Old Beyberikeen With Five Cows, un long-métrage basé sur conte populaire originaire de Sakhan, en Russie. Un tournage qui permet de mettre en lumière l’une des régions les plus actives du pays, artistiquement parlant avec “entre sept et dix longs métrages y sont tournés chaque année”.

Catégorie Environment

California Sea Lion Plays with Mask

Photo réalisée par Ralph Pace

Selon la BBC, on estime que 129 milliards de masques jetables et 65 milliards de gants jetables ont été utilisés chaque mois pendant la pandémie. Des chiffres énormes causés par une crise sanitaire sans précédent. Seulement, de nombreux recoins du Monde se sont vite retrouvés jonchés de masques abandonnés dans la nature. Et comme l’a démontré Ralph Pace avec sa photo primée dans la catégorie photo unique, l’écosystème de la Californie fut touché par ce désastre écologique. On peut, de fait, y voir une otarie, curieuse, nageant en direction d’un masque jetable près du site de plongée Breakwater de Monterey.

Pantanal Ablaze

Photo réalisée durant un incendie par Lalo de Almeida

Lalo de Almeida est ce que l’on peut qualifier de vétéran du journalisme photographique. Et, après de longues années à parcourir le monde, le reporter s’est intéressé aux incendies qui ont ravagés une partie du Brésil. Sa série, récompensée dans la catégorie sujet, s’intéresse, donc, à l’incendie qui a, notamment, touché la ferme São Francisco de Perigara, qui abrite l’une des plus grandes populations d’aras hyacinthes (Anodorhynchus hyacinthinus) du Brésil. Mais, surtout, aux nombreux pompiers qui ont risqué leurs vies pour y mettre un terme.

Catégorie General News

The First Embrace

Portrait réalisé par le photographe basé à Copenhague (au Danemark) Mads Nissen

Paradise Lost

Portrait réalisé par Valery Melnikov
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Après un cessez-le-feu de 30 ans, le conflit opposant l’Azerbaïdjan aux Arméniens pour le contrôle du Haut-Karabakh, dans le Caucase du Sud, a repris de septembre à novembre 2020. Photographe basé à Moscou et spécialisé dans le Documentaire, Valery Melnikov a décidé de documenter la renaissance de ce court conflit, qui n’en reste pas moins ravageur, dans cette série choc qui a su s’attirer les faveurs du jury.

Catégorie Nature

Rescue of Giraffes from Flooding Island

Photo prise par la réalisatrice, photographe et écrivain Ami Vitale

L’île de Longicharo était autrefois une péninsule. Seulement, la montée des eaux, conjuguée à de puissants épisodes de pluies, ont coupé la péninsule pour former une île à part entière. Des changements majeurs qui ont aussi grandement influé sur l’écosystème de la région et, notamment, sur les girafes de Rothschild. “Des pluies particulièrement fortes en 2019 ont provoqué de nouvelles inondations, échouant neuf girafes…” Réalisatrice, photographe et écrivain, Ami Vitale a donc suivi le quotidien de la communauté locale, des défenseurs de l’environnement du Kenya Wildlife Service, du Northern Rangelands Trust et de Save Giraffes Now, qui se sont alliés pour sauver cette population de girafes.

Pandemic Pigeons—A Love Story

Photo prise par Jasper Doest, un photographe allemand
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Jasper Doest, un photographe allemand, fait assurément partie de ces personnes ayant vécu une expérience unique lors de la période de confinement, début 2020. Bloqué dans leur appartement à Vlaardingen (aux Pays-Bas), lui et sa famille se sont, en effet, lié d’amitié avec… un couple de pigeons. Le quotidien de la famille Doest fut, donc, ponctué par les visites quotidiennes d’Ollie et Dollie, les noms choisis par la famille. Si cette série brille de par son histoire belle et incongrue, elle permet aussi de réhabiliter ces animaux trop cantonnés à une image de saleté : “bien que l’on pense qu’ils soient des vecteurs de maladies, la preuve est faite du contraire. Il est rare que les pigeons des villes transmettent une maladie à l’homme”.

Catégorie Portrait

The Transition : Ignat

Portrait réalisé par Oleg Ponomarev

Être russe et faire partie de la communauté LGBT rime avec devoir se battre au quotidien. La Russie est, de fait, un pays où la stigmatisation et la violence restent dominante. Un amendement à la constitution russe, effectué en juillet 2020, stipule même que le mariage est une union entre un homme et une femme, sans autre option possible. C’est dans ce contexte, ô combien difficile, qu’Oleg Ponomarev nous invite à rencontrer Ignat, un homme transgenre, et Maria, sa petite amie. De l’incompréhension de leurs proches, au harcèlement, en passant par une peur constante, leur histoire représente un véritable exemple de combativité et met sous le feu des projecteurs une réalité que l’on tente d’étouffer.

The ‘Ameriguns’

Portrait réalisé par le photographe italien Gabriele Galimberti
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Selon le Small Arms Survey, un projet de recherche mondial indépendant basé à Genève, en Suisse, la moitié de toutes les armes à feu détenues par des particuliers dans le monde, à des fins non militaires, se trouvent aux États-Unis. Il y a plus d’armes en circulation (393 millions) que d’habitants (328 millions). Des chiffres mirobolants quand on sait à quel point le pays est meurtri par les nombreuses tueries qui ont lieu durant son Histoire (633 fusillades de masse rien qu’en 2020). Seulement, les partisans du second amendement reste nombreux, ce qui bloque une réelle évolution de la législation. C’est, justement, cette réalité qu’a voulu mettre en scène le photographe italien Gabriele Galimberti à travers les portraits de ces partisans et collectionneurs, d’armes.

Catégorie Sports

Log Pile Bouldering

Cliché réalisé par Adam Pretty

Les différentes infrastructures sportives tant été fermées en raison de la pandémie, de nombreux sportifs ont du redoubler d’efforts pour trouver un moyen de continuer leurs entraînements. Parmi eux se trouve Georg, un passionné d’escalade de bloc, qui consiste à grimper sur de petites formations rocheuses et des blocs ne dépassant généralement pas six mètres de haut, sans corde ni harnais. Il a, en effet, du, pour continuer à exercer, trouver un endroit adéquat. Heureusement, il trouva son bonheur à Kochel am See, en Bavière, en Allemagne. À savoir, un imposant tas de rondins. Commença alors un entraînement, comme nous le montre ce cliché réalisé par Adam Pretty, tant éprouvant qu’unique.

Those Who Stay Will Be Champions

Photo prise lors d'un match de Basket-Ball par le photographe canadien Chris Donovan

Les efforts déployés par l’équipe de basket-ball des Flint Jaguars, à Flint, Michigan, États-Unis ne s’arrête pas à la sphère du sport. Ils sont l’incarnation de l’envie de vaincre d’une ville entière. En effet, Flint doit, depuis plusieurs années, se battre contre l’incessante émigration causée par “le déclin précipité de son industrie automobile”, symbolisé par le groupe General Motors, “une crise sanitaire due au fait que les autorités ont changé de source d’approvisionnement en eau sans prendre les précautions nécessaires et la négligence systémique des quartiers très pauvres à prédominance noire.” À travers cette série, le photographe canadien Chris Donovan dresse, donc le portrait d’une communauté soudé qui tente de survivre malgré l’adversité.

Catégorie Spot News

Emancipation Memorial Debate

Photographie réalisée par la photojournaliste et présidente de la WPOW Evelyn Hockstein

Publiée dans le Washington Post, cette photographie réalisée par la photojournaliste et présidente de la WPOW (pour Women Photojournalists of Washington) Evelyn Hockstein symbolise parfaitement la fracture idéologique qu’ont vécu, l’année dernière, les États-Unis. Au centre des débats : le Mémorial de l’émancipation, qui montre le président Abraham Lincoln tenant la Proclamation d’émancipation d’une main et ayant l’autre posé sur la tête d’un homme noir en pagne, agenouillé à ses pieds. Un monument qui, selon ses détracteurs, véhicule une image “paternaliste” et qui minimise le rôle des afro-américains dans leur quête de liberté. De l’autre côté, ceux qui s’opposent à l’enlèvement de la statue affirment qu’il s’agit d’une “représentation positive de personnes libérées des chaînes de l’esclavage” et que l’enlèvement de tels monuments équivaut à un effacement de l’histoire.

Port Explosion in Beirut

Portrait réalisé par le photographe d'origine italienne Lorenzo Tugnoli

Sûrement l’un des moments les plus traumatisants de l’été dernier. L’explosion d’entrepôts à Beyrouth (au Liban) a, en effet, mis à l’arrêt et en deuil une nation entière. Provoquée par plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium haute densité, cet incident aura soufflé tout ce qui se trouvait dans un rayon d’un kilomètre de l’entrepôt. Au moment de faire les comptes, les chiffres sont effrayants : 190 décès, 6 000 blessés, quelques 300 000 personnes déplacées et, environ 6 000 bâtiments endommagés. Basé en Asie centrale, le photographe d’origine italienne Lorenzo Tugnoli a pu documenter cette catastrophe, qui aura en plus ébranler la confiance du peuple envers son gouvernement.

Rendez-vous sur la page dédié au concours pour voir le travail de tous les nominés et découvrez, aussi, le palmarès de l’année dernière.

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