Paco Pomet

Paco Pomet : l’irruption du surréalisme

Découverte de l’imaginaire décalé et toujours marqué par une touche humour du peintre espagnol.

Trois femmes, assises autour d'une table. Tout est en noir et blanc, a l'exception d'un petit soleil, flottant au dessus d'une nappe, qui émet une lumière dorée.
Hespérides

Depuis près de vingt ans, le peintre Paco Pomet construit un univers qui oscille entre réalisme, merveilleux et bande dessinée poétique.

L’humour toujours

L’irruption surréaliste

Le peintre espagnol tire souvent la base de ses tableaux de photographies vintages, parfois connues du grand public, souvent chinée par ses soins. À la manière de So Yoon Lym, il part de situations banales et joue sur les matières pour les transformer. Plutôt que d’user de jeux de couleurs cependant, il fait basculer ses tableaux dans un univers pleinement imaginaire.

Partant de moments ordinaires, des voitures sur la route, des photos de famille, par exemple, il fait intervenir un univers tiré de la pop culture. Un décalage qui ne manque pas d’humour. Tirant son inspiration d’images souvent tirées d’archives américaines des années 1950, l’aspect vintage pourrait donner à ses toiles un ton plus sérieux, complètement dérouté par l’irruption d’éléments inattendus. Colorés et lumineux, ses détails en deviennent rapidement l’élément central.

Peinture en noir et blanc d'une voiture qui avance vers un chemin entre deux montagnes. En face, une masse rose, comme du bubble gum, gagne du terrain à la manière d'une coulée de lave.
Ambush
Plan d'un paysage en noir et blanc d'un lac de montagne, devant lequel une famille est attablée. Au fond, un nuage rose en champignon émet du sol.
El último día, a la hora del té (Le dernier jour, à l’heure du thé, NDLR)
Paysage d'une maison délabrée et d'une voiture ancienne, au coeur de montagnes. Une lumière bleue recouvre la toile, cadrée par des traits de couleurs comme des néons, qui partent des phares de la voiture et investissent l'espace.
Llegados a este punto (A ce stade, NDLR)
Deux travailleurs posent côte à côte. Chacun tient un sabre laser à la main.
The Dualist
Peinture d'un portrait de  couple. La femme est assise, en habit d'époque et l'homme se tient debout à ses côtés en habit militaire. Il tient dans sa  main droite une lune bleue et lumineuse.
Insomnia
Deux hommes en costume avancent, dos au spectateur. Leurs têtes ont étés retirées et de leur cous émane une lumière jaune. Plus haut, entre les deux, une tête flotte, d'où émane une lumière jaune également.
The Individualists

La BD rêvée

Le travail de Paco Promet lui permet d’exercer sa passion de la peinture, en prenant en main sa fascination pour le premier âge de la photographie, grâce à son talent pour une forme de photoréalisme. À la manière des photographies vintage, la texture continue à se faire sentir. Mais il y injecte également des moments tirés de l’univers de la bande dessinée.

Lieu idéal pour parler de l’enfance, l’univers de la bande dessinée porte à la fois l’enthousiasme naïf des premières lectures et la nostalgie douce-amère d’une époque plus douce. Lien parfait entre l’âge adulte et l’âge tendre, c’est le terrain de jeu rêvé pour s’adonner à créer un point de rencontre entre le réalisme froid et le surréalisme enjoué.

Deux enfants courent. Entre les deux, un personnage de bande dessinée, en couleur, est sur le point de les dépasser.
Middle Age Crisis
Peinture en sépia d'une tente de réclamation ancienne. Une grande bulle bleue et vide part du personnage réclamant, et une bulle de pensée rose flotte au dessus du personnage notant la réclamation.
Claim
Un artiste, assis, assemble ses couleurs sur un morceau de bois. Au dessus de lui, une bulle multicolore fait le lien entre sa boite de couleurs, ses touches assemblées et son visage.
Soliloquio
Portrait de trois hommes. Deux sont assis, et le troisième, debout, semble dire "WTF!! These jackasses left me standing again..."
Seaters
Plan d'un parc où des personnes se détendent sur l'herbe ou font des promenades en barque sur l'eau. Sur une rive, un soleil personnifié est assis, les pieds dans l'eau et la tête maintenue par sa main.
Little Big Grief
Plan d'une ville en ruine, couleurs minimales. Au fond, un immeuble tient toujours. A l'intérieur, des appartements colorés dans lesquels vivent des personnages de bandes-dessinées.
Oasis

La satire et la caricature

Un fatalisme persistant

Profondément marqué par ses influences ibériques, Paco Promet ne peut s’empêcher d’être fataliste. Ayant grandi dans une société où les résidus de la violence franquistes continuaient à marquer les esprits, ses tableaux se font le reflet d’un pessimisme plus ou moins vibrant.

Le peintre originaire de Cordoue use d’un certain nombre de symboles pour accompagner le regard de son spectateur. Ses toiles se font le théâtre de récits lisibles, entre les jeux de couleurs et les contrastes de lumières. L’artiste tient à offrir un espace de réflexion, en laissant toujours la porte ouverte à l’interprétation.

Image de deux hommes se serrant la main au dessus d'un bureau d'affaire, le second est accompagné de sa femme. Un coeur rejoint les deux hommes, usant de leurs bras qui se joignent et des leurs cheveux.
Ellos (Ils, NDLR)
Groupe de jeunes hommes, assis en cercle. Au centre une grande épingle rouge de google maps.
Cosio d’Arroscia
Image de deux soldats de profils. les deux visent depuis deux pinceaux géants, qui font office de fusils. au bout de ces pinceaux, des touches de peintures mettent de la couleur dans le tableau.
Vanguardia
Un peintre travaille sur un chassis, entouré de trois hommes. De la toile émane une lumière verte, qui se reflète jaune sur les spectateurs.
The Colourist
Plan d'une salle d'opération vintage. La table d'opération se transforme en route ombragée de grands arbres, avançant vers un soleil couchant.
A Journey
Grande chaine de Montagne grise, qu'une main géante coupe en deux à l'aide d'un grand couteau. Au point de rupture, la séparation apparait en orange vif.
Frontier

Une société absurde

Froide comme le regard adulte, désabusé, la base en noir et blanc, ou parfois aux couleurs minimales, fait ressortir les déceptions de l’âge adulte. Le temps qui passe est aussi au cœur de la réflexion créative de Paco Pomet. Son attrait pour les photographies d’époque vient en effet d’un intérêt pour une ère qui précède le mercantilisme de masse et l’omniprésence de la publicité.

Parfois franchement politique, ses toiles donnent vie à une sorte d’absurdité humaine. D’une société qui perd ses valeurs, d’une violence devenue normale, les perspectives dystopiques se font nombreuses dans l’œuvre de l’espagnol. Pourtant, il dépasse son pessimisme le temps d’affirmer que l’art se donne comme un refuge et un outil pour faire mieux.

Parodie du tableau 'Le Voyageur contemplant une mer de nuages', qui cette fois fait face à un bureau vide, avec au fond un soleil.
Das Erhabene Büro (Le Bureau Sublime, NDLR)
Un homme rouge est tenu en laisse par un deuxième homme, géant, dont on n'aperçoit que les jambes.
Amo
Groupe d'enfants en demi-cercle, dans une salle d'enseignement ancienne. A droite, une explosion atomique orange.
The Lesson
Une salle de classe bondée est orientée vers un tableau, où la maîtresse pointe de sa règle une explosion nucléaire.
Nuking
Prise de vue d'une ville en ruine. Tout en bas à gauche, une petite puce de chaîne de télévision.
Seneste Nyt (Dernières Nouvelles, NDLR)
Vue d'une montagne, lumière bleu ciel froide. Au premier plan, en néon jaune et en police vintage, une inscription "The End"
The End

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