On va voir au ciné quoi cet été ?

On va voir quoi au ciné cet été ?

En ces temps troublés, aller au cinéma devient un acte de soutien, presque militant. Il est primordial de soutenir cette industrie, en particulier les petits cinémas de quartier qui prennent de plein fouet la déferlante covidesque. C’est pourquoi nous vous proposons notre sélection des sorties à venir. Il y en a pour tous les goûts, blockbusters comme films indépendants, drames comme comédies populaires… En espérant que cela attise votre curiosité et que nous nous croiserons au détour d’une salle obscure.

Light of my Life de Casey Affleck – 12 août 2020

Après avoir assassiné Jesse James dans le crépusculaire western d’Andrew Dominic, marché sans fin chez Gus Van Sant, enquêté sur la mystérieuse disparition d’une gamine de la banlieue ouvrière de Boston sous la direction de son grand frère et brillé dans le rôle du solitaire obligé d’élever son neveu, Casey Affleck revient, cette fois-ci en tant que réalisateur, avec le film post-apocalyptique ; Light of my Life.

Sélectionnée à la Berlinale, cette dystopie dans laquelle les femmes ont été éradiqué suit le parcours d’un père et de sa fille, dernière représentante de son sexe. Dans un monde devenu hostile et barbare, les deux personnages doivent apprendre à survivre tout en entretenant l’illusion d’un quotidien insouciant et d’une complicité. L’ambiance générale rappelle le film La Route et s’annonce comme une expérience intense dans le genre. Reste à savoir si Light of my Life réussira à se démarquer de ses cultissimes prédécesseurs aux thématiques similaires : Les Fils de l’homme ou bien La Guerre des Mondes. Il s’agit du premier film de Casey Affleck bien qu’il ait déjà réalisé I’m Still Here, docu-fiction assez génial sur le faux pétage de câble d’un acteur tout aussi génial, Joaquin Phoenix.

Family Romance, LLC de Werner Herzog – 19 août 2020

L’immense Werner Herzog, à qui l’on doit des chefs d’œuvres comme Fitzcarraldo ou Aguirre, la colère de Dieu, présente son nouveau film au scénario mystérieux. A Tokyo, une fille fait la rencontre de son père. Ce qu’elle ignore c’est qu’il s’agit d’un comédien de la société Family Romance, engagée par sa mère. Loin de ses personnages hors normes (allez voir l’incroyable documentaire Grizzly Man), Herzog semble ici s’intéresser à des drames plus intimistes, qui se jouent au milieu des cerisiers en fleurs d’un Japon surpeuplé. Le film a été sélectionné en séance spéciale à Cannes.

La troisième femme de Ash Mayfair – 19 août 2020

Ash Mayfair, réalisatrice vietnamienne, arrive dans nos salles avec cette adaptation d’un fait réel dans le Vietnam rural du XIXème siècle. Une jeune femme de 14 ans, May, devient la troisième épouse d’un riche propriétaire. Sa seule chance d’obtenir un statut est de donner naissance à un fils. Mais les traditions sont oppressantes, les interdits en deviennent excitants… Ce film à l’érotisme ambiant est embelli d’une superbe photographie qui mérite d’être découverte sur grand écran. La troisième femme a été sélectionné au festival de Toronto et de Busan.

Tenet de Christopher Nolan – 26 août 2020

Grosses attentes sur le prochain film de Christopher Nolan, annoncé comme le blockbuster qui relancera une industrie mise à mal par la pandémie. Tourné dans sept pays différents pour un budget colossal de 205 millions de dollars, Tenet risque d’en faire frissonner plus d’un. Le scénario reste volontairement flou, nourrissant les débats… Seule information transmise par Nolan himself : « Tenet parle du temps et des différentes façon dont le temps peut fonctionner. Je ne veux pas vous faire une leçon de physique, mais l’inversion est cette idée que de la matière peut voir son entropie inversée, donc de notre point de vue, elle semble aller à contre-courant du temps ».

On vous laisse avec ça.

Effacer l’historique de Gustave Kervern et Benoît Délepine – 26 août 2020

La nouvelle comédie des grolandais Gustave Kervern et Benoît Délepine, sélectionnée à Berlin. Trois provinciaux partent en guerre contre les GAFA, David contre Goliath. Plus précisément, David contre quatre Goliath. Encore mieux, David sans bras ni jambes contre un Goliath dopé. Enfin bref, vous avez compris l’idée. Le casting est superbe : Blanche Gardin, Denis Podalydès et Corinne Masiero. On a hâte.

Pompéi de John Shank et Anna Falguères – 26 août 2020

John Shank et Anna Falguères semblent vouloir nous emmener dans une bulle onirique où une histoire d’amour s’affranchit de tout le reste. Un groupe de jeunes vivent à leur rythme dans une région aride et déserte, selon leurs propres règles. L’arrivée de Billie va bouleverser l’ordre établi. Garance Marillier, la révélation de Grave et Aliocha Schneider (petit frère de Niels Schneider) se livrent à une passion amoureuse dans une ambiance envoûtante. Le film a été sélectionné à Berlin et à Toronto. De quoi donner envie.

Énorme de Sophie Letourneur – 2 septembre 2020

Jonathan Coen et Marina Fois inversent les rôles dans cette comédie bien décalée. Elle, pianiste de talent, ne vit que pour son travail. Lui, homme à tout faire, ne vit que pour la seconder. Voilà le secret de leur couple. Alors quand lui a envie d’un enfant, il la fait tomber enceinte et s’occupe de tout. Mis à part de porter le bébé, bien-sûr. L’idée est originale et paraît démonter point par point le mythe de l’homme “viril”. Ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Police d’Anne Fontaine – 2 septembre 2020

Voici le nouveau film d’Anne Fontaine porté par un trio de comédiens exceptionnels : Virginie Efira, Omar Sy et Grégory Gadebois. Trois flics sont chargés d’une mission inhabituelle ; raccompagner un étranger à la frontière tout en sachant pertinemment qu’il sera exécuté une fois hors du territoire. Un redoutable cas de conscience se pose… Ce film a également été sélectionné à Berlin.

Ema de Pablo Larraín – 2 septembre 2020

Pablo Larraín, réalisateur chilien à qui l’on doit les biopics sur Jackie Kennedy et Pablo Neruda, revient avec le film pop et survitaminé, Ema. Une danseuse anciennement mariée à un chorégraphe de renom se voit retirer la garde de son enfant après un tragique événement. Elle entre alors en guerre. Comme toujours chez ce réalisateur, la mise en scène semble éclatante, que certains qualifieront de creuses quand d’autres y verront de l’éblouissement. A vous de juger le jour de sa sortie. Le film a été sélectionné à Venise et à Toronto.