Nicola Bertellotti Pièce abandonnée, moulures et jet de lumière
Rêverie

Nicola Bertellotti, portrait d’un photographe qui ravive et embellit les espaces abandonnés

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Autodidacte amoureux d’architecture et de photographie, Nicola Bertellotti associe ses deux passions pour offrir à son spectateur des clichés majestueux.

Pièce abandonnée avec une porte ouverte donnat sur un jardin, Nicola Bertellotti
Addio a villa bellavista, Nicola Bertellotti

Nicola Bertellotti, un photographe urbexeur

Nicola Bertellotti est un artiste Italien né à Pietrasanta (Toscane, Italie) en 1976. Il n’a pas suivi d’études ou de cours spécifiques en lien avec la photographie ou l’architecture mais il s’est tout simplement entraîné en apprenant de ses erreurs et en se perfectionnant à chaque nouvelle prise.

Il s’est spécialisé dans la photographie et plus particulièrement dans la photographie Urbex. L’Urbex – exploration urbaine – consiste à se rendre dans des endroits construits et abandonnés par l’homme (anciens bâtiments industriels, logements anciennement habités, gares abandonnées…). Les personnes adeptes de l’Urbex sont d’ailleurs appelées urbexeur.

Pièce abandonnée haute sous plafond avec moulures
Piano nobile, Nicola Bertellotti

Depuis 2010, Nicola Bertellotti s’empare de lieux laissés à l’abandon et en fait des clichés aussi surprenants que fascinants. Il s’est intéressé à l’Urbex car cette pratique lui permet de découvrir divers lieux tout en se découvrant lui-même. Il explique que ces endroits vides font souvent remonter ses plus grandes peurs et visions mais lui permettent également d’être en phase avec lui-même et avec son histoire.

Il avoue que certains lieux lui donnent même l’impression de rencontrer ses ancêtres, tout en le plaçant dans une position d’extrême vulnérabilité et de stupéfaction : “It is as if i discovered my old ancestors and this places me in a condition of absolute fragility and amazement”.

Partie d'une pièce abandonnée avec de longs rideaux rouges, un miroir et d'autres objets à terre
L’ora che volge il disio, Nicola Bertellotti

Il parle d’ailleurs d’un “voyage sentimental” car il se sent en communion avec les lieux qu’il explore. Il tente de connaître leur histoire, leur utilisation passée et essaie de tirer profit du potentiel de chacun d’entre eux.

Every time I cross the threshold of a ruined place I am convinced that that emptiness has to do with me.

Nicola Bertellotti

Il résume son art en quelques mots : “I travel the world trying to rediscover the past glory of forgotten places. What emerges in my aesthetics is the nostalgia for lost paradise, expressed my love for ruins, and the photographic re-presentation of decadent poetics”.

La perfection se niche dans les détails…

Trouver un endroit abandonné peut s’avérer plus compliqué qu’on ne le pense et d’autant plus lorsque l’on est perfectionniste. C’est le cas de Nicola Bertellotti qui peut passer plusieurs mois à chercher sur Internet un lieu qui l’inspire et dont il sent le potentiel. Grâce à son réseau, il peut suivre les conseils des personnes habitant non loin des lieux en question et s’y rendre par la suite. Mais il lui arrive parfois de découvrir des lieux par hasard, lors d’un voyage, comme s’ils s’offraient à lui. Quand cela lui arrive, il dit qu’une double dose de satisfaction s’empare de lui, comme si le destin l’avait guidé : “Then it also rarely happens to come across an interesting place while traveling, in those cases the satisfaction for the discovery is double, it is my serendipity”. 

Salle vide avec des tables vétustes et des peintures sur les murs
Ri-creazione, Nicola Bertellotti

Nicola Bertellotti prend plusieurs jours, voire semaines pour préparer ses expéditions. Il admet que la préparation est essentielle et que l’étude du lieu, de son environnement et de ce qui l’entoure est primordial afin de perdre le moins de temps possible. Lorsqu’il explore, rien n’est laissé au hasard.

Cependant, une fois qu’il se trouve sur place et qu’il découvre le lieu abandonné, il ne touche à rien – si ce n’est une fenêtre ou une porte afin d’avoir plus de luminosité. Il est conscient qu’il passe souvent après des personnes qui ont pu modifier certains éléments, bouger certains objets ou meubles avant lui. Si ces changements ne semblent pas avoir impacté l’osmose de la pièce ni l’atmosphère qui s’en dégage, alors il y reste et commence son travail. En revanche, s’il sent que trop changements ont eu lieu, il préfère ne pas photographier l’endroit en question.

Pièce abandonnée avec un sofa en mauvais état et des détritus en tous genre par terre
Madeleine, Nicola Bertellotti

Déjà plus de 500 lieux abandonnés passés dans l’objectif de son appareil

A l’heure qu’il est, Nicola Bertellotti a déjà visité plus de 500 endroits à travers le monde. Il s’est rendu dans 15 pays différents, a parcouru plusieurs dizaines de milliers de kilomètres mais, paradoxalement, l’endroit qui l’a le plus marqué et inspiré se situe à quelques pas de chez lui, en Toscane. L’endroit en question correspond à une villa construite dans la deuxième moitié du 16ème siècle. Elle a ensuite été achetée par un Duc et elle a accueilli de nombreuses conférences, fêtes et cérémonies – entre autres. Nicola s’est rendu dans cette villa pour la première en 2013 et s’est senti envoûté et submergé par sa beauté, comme touché par le syndrome de Stendhal.

Pièce vide lumineuse avec un piano situé  au centre près des fenêtres
Solo II, Nicola Bertellotti

De manière générale, Nicolas Bertellotti part à l’aventure seul mais il partage cette passion avec d’autres amis, ce qui lui permet parfois de préparer ses expéditions en groupe. En réalité, il voyage avec d’autres personnes dès qu’il le peut. Certains des endroits abandonnés peuvent être dangereux ou être mal fréquentés et il est préférable de les explorer en groupe afin d’éviter tout risque.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Nicola Bertellotti rêve à présent de se rendre dans des parcs d’attractions abandonnés au Japon car il trouve un “certain charme aux attractions en ruine et aux montagnes russes rouillées le tout submergé, recouvert par la Nature”.

I find a lot of charm in dilapidated rides and rusty roller coasters engulfed in nature.

Nicola Bertellotti à propos de son souhait d’aller photographier des parcs d’attractions abandonnés au Japon

Cependant, sa prochaine destination sera le Portugal, pays dans lequel il n’est allé depuis 6 ans. Comme pour toute expédition, l’organisation est nécessaire et il espère achever son planning d’ici peu de temps.

Verrière lumineuse abandonnée
À rebours, Nicola Bertellotti

Des endroits à visiter depuis chez vous…

Nicola Bertellotti a récemment publié un livre intitulé Fenomenologia Della Fine qui ne peut que vous faire voyager à travers le monde. Ce livre de quelque 166 pages offre un large panel de photographies que l’artiste a prises au cours de ses expéditions. Nicola résume ce livre en disant que c’est une “sorte de grand résumé de son travail”. Chaque chapitre contient une série spécifique, allant de l’archéologie industrielle à l’abandon des lieux de culte, des fresques, des villas et des châteaux, à la Nature qui reprend ses droits.

Un autre livre est actuellement en préparation et il promet d’être davantage conséquent. Ce nouveau projet est pour Nicola d’autant plus précieux que son premier livre.  

Si Nicola Bertellotti vous inspire autant qu’il nous inspire, n’hésitez pas à le suivre sur Instagram. Il y partage chacun de ses clichés, expositions et futurs projets.

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