Telle une errance, Muddy Monk nous propose une ballade impérissable au sein de “Longue Ride”. Un parcours enivrant entre solitude, tendresse, mélancolie et tourments qui nous propulse sur la route sinueuse de la vie. Muddy Monk revient sur “Longue Ride”, cette escapade épique, cette délicate étreinte teintée de ferveur.

@PoppyMoukoukenoff

Comment pourrais-tu définir l’évolution de ta musique depuis ton premier EP en 2015?

Muddy Monk: Disons que j’aspirais à la création de textes profonds et conséquents. Je cherchais une forme d’intensité à travers des mots utiles, porteurs. Traduire des émotions, des ressentis, tendre vers des ascenseurs émotionnels. L’émotion prime. En ce qui concerne la partie instrumentale, j’ai acheté un nouveau synthé pour utiliser mes éléments, uniquement.

Tu dépeins intensément la mélancolie, la tristesse et bien évidemment l’amour. Comment ce besoin d’extériorisation est-il survenu?

Muddy Monk: Enfant, les chansons françaises suscitaient des émotions fortes en moi. Je trouvais ces compositions poétiques, touchantes et profondément belles. Au fur et à mesure, la volonté de proposer à mon tour des compositions est apparue. Procurer des frissons.

Tes sonorités lancinantes traduisent une forme de vulnérabilité voire de sensibilité. Ce n’est pas déstabilisant de se dévoiler ainsi?

Muddy Monk: Mes compositions sont intimistes, oui. Je suis une personne transparente qui ne cache pas ses faiblesses. Je pense que c’est pour cette raison que je ne suis pas mal à l’aise à l’idée de présenter mes morceaux. La faiblesse n’est pas taboue, au contraire elle est bénéfique et constructrice. Si nous acceptons cette vulnérabilité, nous pouvons la montrer sans baisser la tête ou sans détourner le regard. La sensibilité justement en découle, par la suite.

@PoppyMoukoukenoff

En quoi le processus de création de “Longue Ride” aurait-il pu t’aider dans ta quête de sens?

Muddy Monk: Ce processus m’a aidé dans la digestion de certaines problématiques voire de certaines peurs. Quand tu composes, tu te connectes avec ton inconscient pour coucher des choses sur le papier. C’est une forme d’extériorisation, de thérapie. L’écriture te pousse à l’aventure tout comme l’aventure te pousse à l’écriture.

L’amour semble te procurer une forme d’ivresse. Quel autre sentiment pourrais-tu disséquer au sein d’un prochain album?

Muddy Monk: Je suis encore en train de travailler sur ce projet. Bien évidemment, l’amour sera encore présent mais également le questionnement sur la vie de manière générale. Que faisons-nous de ce temps? Que faisons-nous de cette existence? C’est une thématique qui est complexe à mettre en chanson mais qui aspire à la rêverie. Ce ne sera pas un changement radical avec le premier album, disons.

La peur des textes, c’est donc de l’histoire ancienne?

Muddy Monk: Malheureusement non, cette peur ou appréhension est encore présente. Le fait de composer un texte qui ne soit pas nauséabond n’est pas une démarche simple. Retranscrire tes pensées tout en recherchant une connotation poétique est un réel exercice.

@PoppyMoukoukenoff

Ton univers est cinématographique. En quoi l’image te parait-elle essentielle au sein de tes projets?

Muddy Monk: Le lien que l’on pourrait faire avec le cinéma est au niveau de l’atmosphère surtout. J’aspire à montrer et conserver un certain grain dans l’image, tout comme ma musique. Lorsque je compose, des images me viennent à l’esprit comme des visions mais la plupart sont impossibles à réaliser.

Que souhaitais-tu transmettre à travers ton clip “Baby”?

Muddy Monk: Je voulais absolument créer un visuel que je maîtriserai du début jusqu’à la fin. Transmettre une vision d’une homme à la fois enfant, qui se remet entièrement à une femme-déesse. Finalement, c’est ce que l’amour nous procure, ce sentiment de naïveté, d’innocence mais avant tout de grandeur.

Comment contournes-tu au quotidien, cette routine que tu détestes tant?

Muddy Monk: Beaucoup par la composition. J’essaie de partir à l’aventure et de ne pas refuser des opportunités. Il faut trouver un juste milieu dans cette effervescence qui nous tend parfois les bras.

“Baby tu me rêves en quelqu’un de plus grand que moi
Baby mes lèvres n’ont pas les super pouvoirs
Que tu leur prêtes
Que tu leur rêves”