Bon Entendeur : un aller-retour dans le passé

Bon Entendeur questionne et se questionne, en parcourant le temps. Aller-Retour, un premier album qui sillonne le passé tout en le ramenant au présent. La douceur des sonorités, la mélancolie des mots nous emmènent au sein de romances intemporelles.

bon entendeur shooting photo
@poppymoukoukenoff

Aller-Retour incarne un retour dans le passé voire dans notre passé commun. Que représente le patrimoine français pour vous ?

Nicolas: Avant tout une forme d’héritage dans lequel nous aimons nous perdre. Nous passons des heures à fouiller dans ce patrimoine pour découvrir des morceaux ou même des vidéos. Nous ne retenons pas tout mais c’est comme une promenade à travers le temps. Une fierté également !

En quoi était-il important de vous inscrire dans une sphère musicale avant de produire un premier album?

Pierre: La démarche de produire un album n’était pas une stratégie initiale, tout est venu naturellement au cours d’une discussion. Nous avons proposé des mixtapes pendant plusieurs années, rencontré notre tourneur et maintenant nous sommes dans un label. Tout s’est construit progressivement, c’était une suite cohérente.

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La construction de ce nouveau format représentait-elle une contrainte pour vous?

Arnaud: Ce n’était pas réellement une contrainte mais un challenge. Dans un premier temps, nous souhaitions proposer des mixtapes avec des voix de personnalités et ensuite des morceaux revisités issus de notre patrimoine. L’idée était de conserver notre empreinte tout en proposant d’autres formats.

Pierre: La contrainte était donc de trouver un point d’ancrage autrement dit un lien entre ce que nous produisions et cette exploration musicale.

Votre identité visuelle est teintée de noir et de blanc. Comment avez-vous pensé, développé votre graphisme?

Nicolas: Cette direction artistique est survenue relativement tôt, en 2013. Le noir et blanc traduit une certaine intemporalité que nous trouvions pertinente avec notre univers musical. Les teintes et les nuances des couleurs ne conviennent pas forcément à chacun, ce qui implique de faire des choix. Nous nous autorisons des digressions dans nos vidéos en lien à une époque plus ancienne.

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Comment vous procédez-vous lors de vos entrevues pour attribuer une thématique à une personnalité?

Pierre: Nous n’avons pas d’attente particulière avant de rencontrer un acteur étant donné que la discussion prime. Régulièrement, nous retrouvons l’optimisme, la séduction, parfois l’amour mais c’est avant tout un échange. Après une heure, une thématique ressort naturellement.

Que vous évoquent les musiques des années 60,70 que vous reprenez?

Arnaud: Mes parents écoutaient ces musiques qui étaient un peu anciennes mais qui induisaient une certaine nostalgie. Je ne dis pas que notre époque est moins bien, mais nous revenons souvent à des choses passées. C’est une exploration permanente où les sentiments et ressentis demeurent intacts.

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Quel morceau de votre album correspond le plus à votre définition de l’amour?

Pierre: Je dirais “Maria”, un morceau revisité de Charles Dumont qui est doté d’une sensualité certaine. Nous avons demandé à Leslie Medina de réciter deux poèmes de Paul Eluard issus du film “Alphaville” de Jean-Luc Godard. Ces textes abordent la séduction et le rapport à l’autre. La description des yeux, de la bouche apporte une dimension visuelle, cinématographique, intéressante à exploiter.

Selon vous, quels sont les films emblématiques de cette époque?

Arnaud: Pendant des années, je regardais “Peau d’Âne” avec ma soeur pour les musiques, l’esthétique. C’est une combinaison forte qui permet à certains films de se démarquer, comme “La Piscine”. Le scénario n’est pas forcément le plus impactant dans ces réalisations mais tu te laisses porter.

Nicolas: Je dirais spontanément “Coup de tête” avec Patrick Dewaere ou “Série Noire”. “Le Dernier Métro” également de François Truffaut avec Catherine Deneuve et Gérard Depardieu.

” Non, je n’oublierai pas la douceur de ton corps
Dans le taxi qui nous conduisait à l’aéroport
Tu t’es retournée pour me sourire avant de monter
Dans une Caravelle qui n’est jamais arrivée “