Montre Jamais Ça À Personne

“Montre Jamais Ça À Personne” : rencontre avec Clément Cotentin, réalisateur de la série sur Orelsan

Dernière mise à jour:

À l’occasion de la sortie du docu série événement “Montre Jamais Ça À Personne” – consacré à la genèse d’Orelsan – nous avons eu l’occasion d’échanger avec Clément Cotentin – le frère d’Aurélien – qui porte ce projet depuis… 20 ans !

Extrait de ne montre jamais ça à personne, Gringe, Ablaye et Skread dans l'appartement d'Orelsan

“Montre jamais ça à personne“, la série documentaire sur le parcours hors norme du rappeur Orelsan, sort aujourd’hui, vendredi 15 octobre, en exclusivité sur Amazon Prime. C’est son frère, Clément Cotentin, qui s’est attelé à la réalisation pour nous restituer une immersion totale dans les prémices du succès d’Orelsan, semé d’embûches, jusqu’à son apogée.

Orelsan et son frère Clément Cotentin

Caméra au poing depuis vingt ans, il nous livre un témoignage visuel biographique et autobiographique puisse qu’à travers l’histoire de son frère, il raconte aussi la sienne : celle d’un journaliste sportif, passé par des études de philosophie avant de se tourner vers la réalisation. Il rend compte d’une série documentaire juste et touchante, réussissant avec brio l’exercice de montrer l’intime sans jamais basculer dans le voyeurisme et met en lumière une définition de la réussite qui trouve échos dans le chemin initiatique de son frère entouré de ses potes, et de sa famille.

On assiste à une ascension humaine qui résonne en chacun de nous et nous invite à poursuivre nos rêves.

A cette occasion, on a eu la chance d’échanger avec Clément, débordant de bienveillance, qui nous a expliqué sa recette pour transformer vingt ans d’images d’archives en une série documentaire brillamment orchestré.

Aurélien Cotentin, très jeune, avant la gloire

En ressentant d’emblée la nécessité d’archiver le quotidien de ton frère et en posant un regard admiratif sur lui tu as été le premier à croire en lui. C’est toi, son premier fan ?

Complètement. Je suis le président du fan-club (rire), je le dis d’autant plus facilement que ça n’empêche pas une certaine objectivité et un certain regard sur ce que fait mon frère. Mais ouais, j’y ai toujours cru à fond. Il y a vingt ans, je ne voyais aucun défaut dans ce qu’il faisait. J’étais persuadé que ça allait cartonner.

J’ai commencé à filmer aussi parce que j’avais envie de trainer avec mon frère, Gringe, Ablaye et Skread. Cette petite caméra, c’était ma porte d’entrée pour vivre des trucs de ouf. J’ai toujours était fasciné par plein de choses, et j’ai à chaque fois envie de dire “Regarde, c’est ouf.” Faire des images ça permet ça aussi.

Tu crois que le fait que tu le filmes dès le début ait pu contribuer à son acharnement à percer dans le rap ?

Orel à son propre moteur. Il ne lâche jamais l’affaire, sur rien. Artistiquement, il ne lâche rien. Du coup, paradoxalement, il n’a même pas conscience que son rêve, c’est de faire du rap. Ce n’est pas l’histoire d’un mec qui a un rêve, c’est l’histoire d’un mec qui ne s’autorise pas à rêver.

Pourtant, on vient d’un milieu privilégié, en tout cas classe moyenne, mais même dans ce milieu où on n’avait aucun souci, on ne s’autorisait pas à rêver. C’est une fois qu’il y croit, car son pote lui dit qu’il n’est pas plus bête que les autres, qu’il se dit que c’est possible et qu’il va au bout du truc.

Ma caméra n’a pas changé les choses. Par contre, c’est cool d’avoir documenté ça, pour justement peut-être donner envie à d’autres personnes de tout âge, de tout sexe et de toute origine de se dire ouais, d’accord, je vois comment il a fait, je vais chopper 1, 2, 10 trucs à appliquer pour réussir dans ce que je veux faire.

Extrait de la série ne montre jamais ça à personne
Concert d'Orelsan
Backstage du concert
Orelsan sur scène dans le reportage ne montre jamais ça à personne

Comment tu as dérushé vingt ans d’images au montage et comment tu as transformé l’archive en une série documentaire ultra narrative ?

J’ai essayé d’appliquer “cherche le secret pour accomplir tes rêves”. Au contact de mon frère, j’ai appris plein de trucs et astuces. Pour comprendre comment on écrit, comment on met sur papier ou en image ce qu’on a dans la tête.

Et c’est parfois complètement indéfini, parfois on ne sait même pas ce qu’on a envie de faire. Souvent le problème, ce n’est même pas de se lancer, c’est de savoir ce qu’on a vraiment envie de faire. Mon frère m’a décomplexé sur le fait de lire des bouquins techniques qui t’apprennent comment écrire un scénario, il y a des règles universelles pour écrire une histoire. Il m’a appris à me documenter par plein de biais.

De base, je voulais monter seul le documentaire et finalement, je l’ai monté avec deux personnes, Maël Lenoir et Hugo Lemant. Et heureusement, car même pour les choses les plus intimes, il vaut mieux être entouré de monde pour avoir plusieurs regards, afin que ce soit lisible.

On a mis deux ans à monter la série documentaire, donc ça a pris pas mal de temps et ça, c’est aussi mon frère qui me l’a transmis. Le fait que les choses prennent du temps, tu ne peux pas faire grand-chose contre ça et c’est en équipe que tu peux y arriver. Comme dit Orelsan : “Je n’ai jamais regretté d’avoir demandé conseil à quelqu’un.”

Aurélien cotentin avant orelsan
Extrait image du docu série ne montre jamais ça à personne sur amazon

Ça t’a apporté quoi d’évoluer dans le milieu de la musique ?

J’ai appris que, dans tous les milieux, il y a des codes, des personnages, des rendez-vous. C’est commun à la musique, au sport etc, l’autre milieu dans lequel j’évolue, car je suis journaliste sportif. Il y a des gens sur le devant de la scène et d’autres dans l’ombre.

Ce sont des milieux ultra similaires, dans le sens où il faut une équipe. Et il y a un truc, alors là tu peux sortir les violons (rires) : au final dans ces milieux, c’est la passion qui prime, pour kiffer. Tu vois un mec comme Nico (ingénieur son d’Orelsan), qui est passionné par son artisanat, il va faire le meilleur son possible. Du coup, en additionnant plein de gens passionnés, t’arrive à un résultat de ouf.

Est-ce que tu pensais quand tu as commencé à archiver ces images que ça allait se transformer en série documentaire ?

Une série documentaire non ! Car en fait il n’y a pas beaucoup de séries documentaires. Moi, par exemple, j’ai été fasciné par la série doc sur O.J Simpson “O.J Made in America“, et aussi “Dig!”, documentaire sur les Brian Jonestown Massacre et Dandy Warhols, où la réalisatrice suit les deux groupes pendant sept ans.

Donc je me suis dit que je ne pouvais pas faire moins que ça (rire). En tout cas, je savais qu’un jour, je raconterai cette histoire et ça a été progressif, donc tout m’a paru arriver au bon moment.

petit scène

Comment s’est articulé le montage ?

Pour le montage, c’était intéressent de bosser avec d’autres personnes, ça a été super enrichissant. Par contre, on ne voyait pas forcément les mêmes choses. Par exemple, (Attention spoiler) Maël Lenoir ne comprenait pas pourquoi la scène de la main entre Gringe et Orel est vachement importante, quand il lui explique comment tenir son micro : c’est vachement éclairant sur leur relation.

Donc, on a beaucoup échangé, pour pouvoir comprendre ce qui était vraiment important de restituer au spectateur.

Ton frère et l’équipe ont-ils eu un droit de regard ?

On leur a vite montré, car on était pressé qu’ils voient le résultat ! Mais il n’y a pas eu de censure. S’il n’y a pas de vraies embrouilles dans la série, c’est parce que les gars ne fonctionnent pas comme ça, on n’a rien caché. Ils sont dans la bienveillance, le rapport entre les quatre est particulièrement humain, et de ça aussi j’ai beaucoup appris.

Montre jamais ça à personne extrait de la série
Ptit coup de vénér ?
Aurélien Orelsan dans Montre jamais ça à personne
orel sur scène, couché

Si Clément nous a, à son tour beaucoup appris, il nous laisse avec des projets d’écriture de fiction en cours et l’envie certaine de continuer à travailler avec son frère…

Ce réalisateur bourré de talent, de 36 ans, qui a déjà collaboré sur des projets comme “Bloqué”, voit se profiler un parcours riche, on en est sûr !


Et pour la suite, on a hâte d’écouter le nouvel album d’Orelsan qui ne saurait tarder..

Voir le teaser de Montre Jamais Ça À Personne :

l’affiche de la série

montre jamais ca a personne orelsan et clement cotentin

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.