Mokado – The Lives Of Others : une palette de personnalités

Mokado. Un nom abstrait qui prend tout son sens dès la première écoute. Percussionniste de formation, Sylvain Bontoux nous propose une confrontation de sonorités électroniques et organiques. Des images se dessinent et se bousculent au sein de nos esprits. Mokado nous présente sa « fresque interconnectée » qui souligne la multiplicité et la complexité des êtres humains.

MokadoPourquoi « Mokado » comme nom de scène ?

C’est un hasard. Je cherchais un nom de scène et en articulant des idées, « Makado » est survenu pour laisser place à « Mokado ». Au moment de lancer le projet, ce mot abstrait m’interpellait encore. Je me suis dit que c’était un signe donc je l’ai conservé.

Comment l’idée de devenir percussionniste est-elle apparue ?

Pour être franc, j’ai commencé la batterie vers 9/10 ans et j’étais très mauvais ! Mon professeur disait à mes parents que je n’y arriverai jamais. J’ai donc laissé tomber la musique. Je l’ai repris vers 13/14 ans avec la basse. Un jour je me suis dit « j’ai envie de refaire des percussions ». Je me suis acheté une nouvelle batterie, j’ai regardé des vidéos sur internet et sans savoir pourquoi, j’ai appris naturellement sans aucun frein.

Raconte-nous ton expérience au sein du groupe « Blue Box »

Blue Box c’est mon premier groupe de musique. C’est comme son premier grand amour. J’ai tout appris avec eux : la vie de musicien, le management d’artistes, la vie en tournée, les emmerdes, les bons moments. Si j’en suis là aujourd’hui et que j’avance avec Mokado c’est totalement grâce à ça. D’ailleurs je produis le nouveau projet du guitariste de Blue Box.Mokado

Débuter une carrière musicale solo résulte d’une démarche spontanée ou réfléchie ?

Je dirais que c’était une démarche réfléchie. J’ai connu la vie de groupe pendant plusieurs années, je désirais profondément me retrouver seul. Faire mes propres choix, avoir ma vision, diriger un projet de A à Z. Mokado, c’est mon bébé. Je fais tout dedans. Je compose, j’arrange, je produis, je mixe, je m’occupe de la direction artistique, du management, etc. C’est très dur mais à la fin c’est tellement gratifiant de voir les choses se réaliser.

Lors de la composition, la trame narrative est fondamentale pour toi. Que souhaites-tu exprimer à travers tes morceaux ?

Le plus important, c’est l’émotion. Je fais tout pour mettre la mélodie et l’émotion au centre. C’est pour ça que je compose tous mes morceaux dans un premier temps, au piano. Pour ne pas être absorbé par toutes les possibilités que propose la production. Au piano on ne triche pas. Si l’émotion est là, elle sera toujours là. J’ai toujours eu une attirance pour les albums conceptuels, les albums avec une réelle trame. Naturellement, je préfère travailler sous ce format que morceau par morceau.

Chacun de tes morceaux représente un personnage. Quel personnage trouves-tu le plus inspirant et lequel te ressemblerait le plus ?

Le plus inspirant serait Sahar et le plus ressemblant, Roland.

Les prénoms que tu donnes à ces personnages invitent à l’évasion et au dépaysement. La richesse des cultures et les voyages constituent-ils une source d’inspiration pour toi ?

Toujours. Le fait d’aller ailleurs et se confronter à d’autres cultures ça nous nourrit forcément. Avoir des prénoms de tout horizon c’est aussi un message. Une façon de brouiller les pistes. Une façon de dire que ce personnage peut être n’importe qui. Qu’il sera ce qui vous voulez qu’il soit.

Comment s’est déroulé le processus de création de ton second EP ?

Entre le premier EP intitulé « Hatsu | Hemal » et le second « The Lives Of Others », il n’y a pas eu de séparation. Le premier est une forme d’introduction au deuxième. J’ai composé tous les morceaux ensemble, sur la même base, et au même moment. Par la suite, j’ai simplement pensé à la cohérence et aux enchaînements.

Qu’est ce qui te touche dans la composition classique ?

Le silence et les détails. Je suis passionné par la façon d’utiliser le silence comme une note/instrument en soi. Le silence participe totalement à la composition. Entendre le bruit du pied sur la pédale du piano et la note qui grésille. Cette beauté simple nous la devons à la musique classique.mokado

Qu’est ce qui te touche dans les sonorités électroniques ?

La production par ordinateur est très intéressante. On peut faire sonner un instrument analogique comme un instrument synthétique et inversement. On peut brouiller les pistes et j’adore ça. Après j’avoue être un grand fan de sons de percussions électroniques comme la 707 ou la 808 pour les puristes. Après l’électronique n’est qu’un moyen pour arriver à ma musique et pas une fin ou un genre en soi.

Si tu étais une musique tu serais ?

Nils Frahm – Says

Si tu étais un film tu serais ?

Les deux films de Tom Ford : A Single Man et Nocturnal Animals. Je ne peux pas les dissocier.

Quelle est la suite pour toi ?

Je pars en tournée pour défendre mon EP avec une superbe date le 10 novembre au Pop Up Du Label pour la release party parisienne. En parallèle je compose déjà la suite en pensant à ce que je souhaite raconter et exprimer.

Mokado – Instagram

Mokado – Spotify

En concert à Paris le 10 novembre – Event Facebook

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