Artiste, interprète, comédienne, Myra Tyliann multiplie les disciplines pour nous livrer un condensé d’émotions. Telle une berceuse auditive, nous découvrons “Vapors”, une mélodie harmonieuse alliant grâce et justesse. Exactitude et limpidité émergent du duo, Myra & Johnny Ola.

Myra Tyliann - Vapors

Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Myra: Une grosse curieuse, une amoureuse de l’humain et de l’émotion. Je me passionne pour différentes disciplines artistiques, comme le théâtre, la musique, ou la photographie. J’ai beaucoup de mal à rester en place, je bouge tout le temps. J’ai commencé par la comédie, à 12 ans. Aujourd’hui j’en ai 21, j’habite Paris.

Pourrais-tu décrire ton univers musical en quelques mots ?

Myra: Pour ce qui est de notre duo avec Johnny, une base de voix soul/jazz mélangée à des prods digitales plutôt froides. Pour ma part j’aime énormément la musique urbaine en général, les univers plus électro/expérimental, les rythmes sud américains mais mes racines restent quand même des voix chaudes et des prods « natures », de Erykah Badu à Billie Holliday, en passant par Syd (The Internet) ou Nina Simone. De manière générale j’ai besoin d’aller chercher le « transgenre », le « trans-generationnel », mélanger des vrais instruments à des textures informatisées.Myra Tyliann - Vapors

Qu’est ce qui a déclenché ton envie de faire de la musique ?

Myra: J’ai un père pianiste, du coup y’a toujours eu des musiciens chez moi. On a beaucoup chanté, joué ensemble. Il m’a fait écouter des millions d’albums, tous styles confondus. Donc je chante depuis petite, je fais mes compos au piano ou à la guitare, jusqu’à ce que le destin me pousse au Goldstein Studio où j’ai rencontré Johnny. C’est lui qui m’a fait sortir de ma chambre et me confronter à un univers musical différent.

As-tu un souvenir marquant lié à la musique ?

Myra: Cet été avec mon équipe on a filmé un live solo piano/voix, totale improvisation. On met le piano dans le jardin. Au bout d’une petite heure de jam je tiens un morceau complet. Je m’arrête, et je me rends compte que dans mon équipe y’en a deux qui pleurent. Sur le coup, je ne sais même pas ce que j’ai fait, mais je ne me suis jamais autant sentie à ma place. Donner mon énergie de l’instant et sentir qu’elle va au bon endroit, dans le cœur des autres.

Que signifie le mot « Pictures » pour toi ?

Myra: L’essence même de ma passion. Pictures, « images », c’est l’instant. L’image fige le temps. J’ai ce besoin de tout capturer en permanence, tout immortaliser. C’est aussi revenir sur ce qui était là avant nous, permettre la transmission, faire vivre les souvenirs des autres et y plonger un moment comme dans un film ou un morceau. Le revers de la médaille, c’est ce monde d’images dans lequel nous vivons aujourd’hui, et dans lequel se perdent beaucoup d’entre nous.Myra Tyliann-Vapors

Comment se passe l’écriture des morceaux ?

Myra: Jamais deux fois de la même manière. Ça varie. J’écris beaucoup toute seule, je me laisse porter par des fulgurances avec ou sans musique. Je peux être inspirée par tout : une conversation, un endroit, une image, une pensée. Quand je jam en acoustique les mots se posent au fil des consonances et du rythme, ensuite je brode autour de mon idée première. J’aime que ça sorte de ma tête sans que je le commande.

As-tu des thématiques de prédilection ?

Myra: Non, pas vraiment. J’aime raconter des histoires, ou parler de ma vision. Généralement j’illustre ma philosophie dans mes textes. Beaucoup d’amour, de tourments, de fantasmes, de souffrance ou de réflexion.

Le clip « Vapors » a une identité visuelle marquée. Tu as donné carte blanche au réalisateur ou avait-il des indications ?

Myra: Tout est parti du décor. Martial (Foe, le réalisateur) se l’est approprié, il a orchestré les séquences selon sa vision. On savait qu’on allait vers le rêve, l’irréel. La météo nous a donné quelques opportunités : il s’est mis à pleuvoir des cordes, Martial nous a tout de suite demandé de tourner, on a mis Johnny dans la piscine, c’était vraiment instantané.

Quelle œuvre cinématographique ou artistique t’as récemment marquée ?

Myra: Je suis tombée par hasard sur l’album “Love Is All I Had” de Phyllis Dillon, une chanteuse jamaïcaine des années 70. Je suis tombée amoureuse tout de suite. Les thèmes mélancoliques mélangés à l’ambiance reggae limite jazz, ça m’a transpercé. De la bombe. Surtout le morceau Perfidia.

Si tu étais une musique tu serais ?

Myra: On & On, Erykah Badu.

Si tu étais un film tu serais ?

Myra: Beignets de tomates vertes, Jon Avnet.

Si tu étais une pièce de théâtre tu serais ?

Myra: Ondine, de Giraudoux.Myra Tyliann-Vapors

Toutes ces disciplines sont complémentaires pour toi ?

Myra: Complémentaires oui, même si l’on peut les vivre séparément. Je pense surtout qu’elles se nourrissent profondément les unes les autres au sein de l’artiste. Le chant m’aide à poser ma voix et donner du rythme au jeu, et la comédie repousse mes limites dans l’interprétation de mes morceaux. Je fais un aussi un peu de réalisation, c’est un bon moyen de comprendre la musicalité, la tension et la cohérence d’une œuvre. Communiquer avec les autres aussi, son équipe et ses spectateurs.

Quelle est la suite pour toi ?

Myra: Pas mal de trucs! Je prépare une tape solo pour l’année prochaine, et j’aimerais faire du live avec une petite formation, trois musiciens. Je serai aussi dans le film “Les Footeuses” de Mohamed Hamidi, qui sort en 2019, et je finalise plusieurs projets audiovisuels de ma fabrication. À part ça je vais où le vent me mène, comme j’ai fait jusqu’ici.

Myra – Instagram

Myra & Johnny Ola – Spotify

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