Miki Kim illustration et tatouages

Miki Kim : place à une folie distordue

Parmi les nombreuses inspirations de Miki Kim se trouve, entre autres, Hajime Sorayama,  Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Björk, Edward aux mains d’argent ou Mickey Mouse. Un cocktail éclectique, unique, bizarre et détonnant, mais qui, finalement, reflète à la perfection ce qu’entreprend depuis quelques années, Miki Kim en terme d’illustration. L’artiste coréenne est, en effet, aujourd’hui reconnue et plébiscitée pour son style constamment en décalage avec la réalité. Si le terme de surréalisme est aujourd’hui utilisé à tout bout de champ, Miki Kim semble, quant à elle, réellement être à la recherche de cet esprit. Ses créations trouvent un écho dans des situations réelles, avant d’en extraire cette altérité, cette singularité si particulière qui fait le charme de son travail.

Seulement, Miki Kim ne partait pas avec une grande confiance. Parce qu’elle n’avait jamais appris l’art de manière cadrée et professionnelle, l’illustratrice coréenne pensait sincèrement “qu’il serait impossible de débuter en tant qu’artiste.” Miki Kim va ensuite débuter, par un concours de circonstances, sa carrière artistique dans le milieu du tatouage. Or, c’est une trajectoire qui est à double-tranchant quand on exerce en Corée du Sud. Il est, en effet, illégal d’être tatoueur dans le pays, si l’on n’est pas titulaire d’une licence médicale. Il est donc difficile d’exercer sans ressentir une certaine pression ou, même, de ne pas se sentir freiné au niveau artistique. Finalement, Miki Kim va réussir à vivre de son art et travaille même, aujourd’hui, avec certaines marques comme Gucci ou Quicksilver.

Illustration réalisée par l'artiste et tatoueuse coréenne Miki Kim pour Gucci

L’offre est supérieure à la demande sur le marché coréen du tatouage et je n’aimais pas ça. De plus, je ne pense pas que mes dessins soient un style populaire ici. La plupart de mes œuvres préférées ont été réalisées à l’étranger, et j’ai aussi l’impression que beaucoup de gens ici n’aiment pas voir les autres réussir. J’ai vu pas mal de cas où les gens dénonçaient les tatoueurs, car ce n’est pas légal ici en Corée. Le marché serait beaucoup plus ouvert si les gens étaient moins jaloux…”

Témoignage de Miki Kim lors d’une interview avec Hypebae.
Illustration d'oeufs réalisée par l'artiste et tatoueuse coréenne Miki Kim
Illustration réalisée par l'artiste coréenne Miki Kim melangeant bonzai et corps humain

Un psychédélisme grandement inspiré par le Japon

Miki Kim a grandi à Busan (Corée du Sud). Ce qui lui a permis d’avoir accès, dès sa jeunesse, à un divertissement japonais. Là où beaucoup de jeunes coréens ne grandissaient qu’avec une culture locale, la jeune artiste a, donc, eu la chance de pouvoir se retrouver devant des chaînes de télévision japonaises comme NHK. Un véritable plus quand on sait à quel point l’archipel nippon mise sur son exception culturelle. L’attrait qu’elle a développé pour la culture de ce pays reste, encore aujourd’hui, prédominant dans son travail, et ce, que ça soit à travers les couleurs (alternant entre le pastel et le vif) utilisées ou le style purement graphique. L’artiste coréenne cite, par exemple, Perfect Blue et Paprika comme étant parmi ses films préférés. Un choix guère étonnant, tant les deux longs-métrages du regretté Satoshi Kon ont fasciné le monde entier (et inspiré de nombreux autres réalisateurs comme Christopher Nolan pour Inception ou Darren Aronofsky pour Black Swan et Requiem for a dream) grâce à leur façon unique de distordre l’Espace-Temps et de remodeler la réalité.

Plus généralement, cet amour que porte Miki Kim pour les œuvres de Satoshi Kon est tout sauf étonnant. L’illustratrice citant aussi, par exemple, de grands noms de l’Art moderne japonais comme Hajime Sorayama et Keiichi Tanaami qui, à la manière du cinéaste, ont su apporter une esthétique très marquée et adulte à leurs médiums respectifs. Des œufs qui dansent tous en chœur, des femmes au corps déformés, des visages qui s’emboîtent dans des dizaines d’autres, des protagonistes qui se fondent littéralement dans le décor ou qui prennent la forme d’un filtre en regardant leur smartphone… Miki Kim se sert ainsi de ses nombreuses influences pour, sans cesse, imaginer de nouvelles mises en scènes toutes plus surréalistes que les précédentes, et ce, tout en s’encrant dans le réel grâce à une situation quotidiennement réalisée par la plupart d’entre nous. Alors, qu’au départ, l’illustratrice/tatoueuse ne partait pas confiante au moment de se lancer dans une carrière artistique, elle est aujourd’hui plébiscitée et louée de toute part pour son univers débridé, coloré et psychédélique.

Dessin telephone portable tête carrée réalisée par Miki Kim
dessin coupe ongle bonzai
crochet à la langue illustration
Illustration réalisée par Miki Kim
Illustration réalisée par l'artiste et tatoueuse coréenne Miki Kim
des fleurs à la place des poils

Retrouvez le travail de Miki Kim sur son site et redécouvrez David Lynch, le cinéaste aux nombreux chefs-œuvres, à travers sa carrière de peintre et de photographe.

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