Matériau fortement utilisé au 19ème siècle avant l’apparition du plastique, le papier mâché connaît aujourd’hui une nouvelle vie avec des artistes et des artisans qui reconnaissent que des matériaux sans prétention comme le fil, la dentelle ou le papier ont leur propre esthétique et leur propre dimension artistique. L’artiste Liz Sexton en est le parfait exemple.

casque de plongée par Liz Sexton

Liz Sexton et la passion du papier mâché

Liz Sexton est une artiste américaine qui aujourd’hui vit et travaille à Minneapolis. Son intérêt pour cet art original commence alors qu’elle réalise des piñatas et des costumes d’Halloween avec son père quand elle était enfant.

Expérimentée dans une large gamme de médiums, elle privilégie aujourd’hui le papier mâché pour sa polyvalence et son accessibilité. Elle aime créer des objets sculpturaux, souvent inspirés du monde naturel, comme ces fameux masques faciaux.

corbeau et chauve souris par Liz Sexton

L’univers de l’artiste

Rejetant l’anthropocentrisme, Liz Sexton a souhaité briser la frontière entre la vie humaine et animale. Pour cela l’artiste américaine s’est lancé dans la confection de grandes têtes d’animaux qu’elle fabrique à la main. Fabriqué en papier brun et pâte à papier, chaque pièce prend quelques jours voire des semaines à créer.

Elle crée alors aux couleurs vives, de grandes têtes de renards, de hiboux et d’autres animaux sauvages en papier mâché généralement conçus pour être portés par les humains, créant un être hybride.

renards
masque de phoque

L’artiste a affirmé au magazine Colossal que «son espoir est que le spectateur acquière non seulement une conscience de l’animal, mais un sentiment de parenté et d’empathie».

  « Je travaille souvent sur des espèces confrontées à des menaces existentielles, comme la vie marine, bien que je suppose que cette incertitude s’applique à la plupart des animaux à ce stade. Photographier les têtes d’animaux usées hors de leur habitat naturel et dans notre monde immédiat met en évidence le déplacement que de nombreuses créatures subissent. J’aime aussi travailler sur des animaux qui vivent probablement très près de nous, mais nous ne voyons pas nécessairement. En les faisant entrer dans nos habitats humains, à taille humaine, ils deviennent voisins, navetteurs, partie visible de notre communauté. »

masques et queues de rats sur le quai du métro

On retrouve aussi parmi ses pièces, d’autres animaux moins communs comme le nautile ainsi que des objets particuliers ; un casque de plongée massif et d’apparence ancienne comme s’il avait été pêché du fond d’une épave – transmet un certain sens de la fantaisie.

masque d'un nautile

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masque de plongée

Les masques sont parfois présentés de façon ordinaire, posés sur une main ou sur un buste, mais c’est quand ils sont portés, s’associant à un corps humain et ses vêtements, qu’ils créent le plus d’effets, un effet dérangeant mais tout à fait fascinant.

masque d'un poisson-globe

Pour en savoir plus sur les projets animaliers de l’artiste – rendez-vous sur Instagram.