On a échangé avec Leska : « On est là pour défendre le live »

À l’occasion de la sortie de « Circles II », nous avons rencontré le duo rennais Leska composé de Les Gordon et Douchka. Les protégés de Nowadays nous ont livré leurs avis sur les hashtags Soundcloud, l’excitation des Vieilles Charrues, l’amour du live et le plaisir coupable. Un binôme complémentaire qui ne tombera jamais dans la routine.

Leska

Salut les gars, une présentation pour nos lecteurs ?

Marc : Moi c’est Marc aka les Gordon.

Thomas : Et moi, Thomas plus connu sous le nom de Douchka.

M : Et ensemble on forme le groupe Leska, on vient de Rennes.

 

Comment s’est passée la rencontre ?

T : On s’est rencontré avec Marco sur un open air, putain ça va faire bientôt 3 ans c’est un truc de ouf ! On jouait tous les deux, on se connaissait pas. On a chacun bien aimé ce que faisait l’autre. En fait moi j’avais pas de bagnole pour rentrer j’étais en shlag et Marc m’a ramené à Rennes.

 

Pour une soirée ?

Ouais c’était en soirée en bordure de Rennes pour une école, avec un gala d’étudiants. Il m’a ramené, et en fait sur le chemin du retour il avait une clé USB avec pas mal de morceaux et c’était plein de trucs que moi je kiffais aussi. C’étaient des trucs assez pointus pour l’époque comme Cashmere Cat, 123MRK, Flume. À l’époque y avait peu de gens qui écoutaient ces trucs.  J’ai invité Marco à venir à la maison, on a discuté et de fil en aiguille l’ordi était sur la table et on a commencé à proder un peu par hasard. Ça a donné un premier morceau qui est Olympia et qu’on joue à la fin de nos sets aujourd’hui.

 

Propre, belle rencontre, belle histoire ! Le projet est souvent présenté comme un laboratoire, est ce que c’est toujours le cas aujourd’hui ?

M : Exactement ! Tu vois ce matin on en discutait dans la voiture, on se disait qu’on aimait bien expérimenter tout type tu vois, ce qu’on compose et produit. L’autre jour on était en studio et on s’est dit « bah là par exemple ça peut être marrant pour le prochain EP qu’on produise chacun de notre côté et qu’on se réunisse en studio une fois qu’on a ces compos là. On se pose toujours des questions à savoir comment on peut améliorer les trucs, comment on peut se faire plaisir à kiffer le son et tout. On se pose toujours plein de questions avec Thomas c’est ça qui marche bien.

 

Vous remettez toujours en doute le projet ?

M : Toujours, toujours ! Ça c’est un truc qui est primordial avec Leska.

 

Aujourd’hui la compo ça se passe comment alors ?

M : En ce moment c’est juste que je suis en sortie d’album, j’ai pas mal de trucs qui arrivent. Thomas il est en train de bosser sur son projet solo aussi. En ce moment on a juste moins le temps de se checker aussi en studio, on va bosser séparément. Il y a un an on bossait en studio tous les deux chez ses parents. Y a pas de règle en fait, on se cale toujours à un moment donné pour bosser mais…

T : C’est vraiment les deux et puis le délire c’est s’il y a vraiment une prod que l’un d’entre nous avons fait, même pour soi à la base, mais que tu sens que le truc serait carrément plus ouf par Leska… Parce que Marco avec ses mélodies et ses accords de ouf, moi plus avec la partie beatmaking on arrive à parfois même lacher le track pur que l’autre passe dessus. Mais c’est ce que font pas mal de groupes en fait. C2C par exemple. ATOM de C2C qui mixe nos sons nous expliquait qu’ils fonctionnaient beaucoup comme ça aussi. Je trouve que c’est une belle manière d’avancer. Ça permet d’avoir tout le temps du contenu même si parfois t’as envie de te retrouver en studio. Le but c’est d’essayer de faire de la musique tout le temps, c’est pas parce que t’as fait la plupart d’un morceau et l’autre 30% que c’est moins le sien, ça reste le truc de Leska ! Le petit truc que l’autre va apporter ça va carrément jouer.

M : On bosse un peu comme on a envie, selon notre volonté de se dire on prod comme ça à tel moment mais ouais on est toujours en train de se poser des questions avec Thomas ! C’est hyper importantt, on regarde un peu les carrières des autres groupes et on se dit « putain ça on a kiffé, on aimerait bien que ce soit comme ça » et on se projette tout le temps.

 

Donc vous vous inspirez beaucoup de ce que vous entendez ou voyez ? La culture qui vous entoure ?

M : De ouf ! C’est marrant parce qu’on l’a pas fait sur ce trajet là, mais en général quand on est en bagnole avec Thomas on écoute toujours un live d’u artiste qu’on kiffe ! Et du coup on se dit toujours « Ah ouais là on kiffe ça », on analyse vachement, toujours dans le détail en train de se dire « putain ils réussissent à faire ça en live » et on se donne ces objectifs là pour que notre live évolue en fait.

 

Quand vous composez vous pensez au live alors ?

T : En fait, même s’il y a des morceaux qui à la base… Comme Waves par exemple, en studio il fait 3min30 et la version live fait 7min30. On essaie de faire des arrangements, je sais ce que Marc veut, lui sait ce que moi je veux. Je vais plus sur les trucs avant d’aller en résidence, et Marco lui, sur scène va plus amener des trucs comme le Juno qu’il n’y avait pas il y a encore un mois ou le Korg. On les ramène parce qu’on se dit « tiens, Thomas il a mis ça dans l’arrangement », on pourrait les jouer en vrai et Marc arrive avec tous ces trucs là. Il amène plus la prise de risques et moi plus en amont sur les transitions. Là c’est pareil, avec le truc de faire des morceaux en studio, c’est vraiment notre complémentarité. Même si tu fais pas des trucs ensemble, tu penses à ce que l’autre kiffe et comment il pourrait jouer le truc. Après Marco réussit à faire un max d’accords et plein de trucs sur scène pour essayer de faire tourner le moins de bandes possible en fait. Il y a des moments où volontairement dans le live, contrairement aux versions studio, on laisse des blancs pour que les gens comprennent que Marc joue parce que la note est un peu à côté, moi je cut les bandes et j’applique que sur la MPD pour montrer c’est live.

M : C’est super important pour nous. L’electro en général est vachement représenté dans le sens où le mec fait pas grand chose.

T : Il laisse tourner un ordi et tout !

M : Et nous en fit on est pas dans ce processus là, laisser le son tourner derrière.

T : Après nous on ne critique pas ça hein.

M : Non non après c’est un truc vachement fait en ce moment et y a pas de problème. Nous on est plus là à défendre le live.

T : À deux tu peux te permettre de le faire, alors que tout seul c’est un peu plus compliqué. Si t’es deux, et qu’en plus t’as un mec qui est vraiment conservatoire etc qui check à fond pendant que moi je suis en train de faire mon foufou, tu peux te permettre de laisser à l’autre le truc qu’il kiffe et qu’il fait bien. Alors que toi t’aimes pas trop faire, comme là sur Douchka j’avais des trucs de piano que je flippais de faire sur scène, je mettais carrément des gommettes sur les touches. Marco lui assure sans problème des accords à 8 touches et c’est ça qui est cool.

M : On se complémente pas mal, sur mon projet solo je fais des trucs plutôt calmes. Sur Leska on m’a dit direct la différence, qu’il se passait un truc en plus.

Douchka

Le projet évolue mais on trouve toujours une patte Leska. Ça vient d’où ça ? C’est dans l’ADN ?

T : C’est cool que tu dises ça parce que nous pour être franc on galère un peu à la trouver. Je pense que l’identité c’est qu’il n’y en a pas vraiment dans le sens « genre ». C’est à dire que là on a un morceau ultra mainstream qu’on assume complètement comme « One and only » qui tourne sur Virgin en ce moment, comme on peut faire des trucs comme « Welcome to Mandela » qui sont des trucs sous streamés de ouf et qui pourtant tournent en publicité et foutent le bordel en live. C’est ça qui est assez étrange, c’est qu’on se permet vraiment de faire plein de trucs différents parce que le jour où on nous dit « Leska ça fait partie de cette scène là » on aura foiré en fait. On préfère avoir un max de possibilités parce qu’on écoute de tout aussi.  Quand on nous demande c’est quoi nos influences, la question ultra chiante en interview, c‘est impossible de répondre à cette question parce que on écoute du rap, je vais écouter de la musique classique, Marco va écouter de l’ambient des trucs comme ça. Par contre on va aussi et je le dis sans problème, écouter des trucs ultra pop qui passent à la radio ! Même de l’EDM qu’on kiffe, on s’interdit pas d’écouter parce que c’est soi disant pas underground !

M : On se dit pas « on appartient à cette scène là donc on va pas écouter ça », pour nous ça fait parti de la culture.

T : On écoute juste de la musique et du kif, si on a le kif dans le truc, même si c’est uuultra bourrin, et bah on kiffe. Moi j’adore Prodigy et des trucs à la cool avec du piano genre Satie. Marco m’a fait écouter des prods ce matin qui pourraient être que du piano tu vois. Et si on veut le faire, on le fait et on demande pas l’autorisation c’est ça qui est cool.

 

Donc la liberté, y a pas d’étiquette mais ça vous plaît !

T : Ouais carrément. Par contre après le danger c’est d’être un peu en marge quoi. T’es un peu tout seul.

M : On appartient quand même à une scène plus ou moins électro, mais elle est ouverte ! On peut jouer autant avec des groupes genre Las Aves que Roméo Elvis tu vois.

T : On a joué sur des plateaux rock, des plateaux rap, des plateaux électro… Après on est chez Nowadays et ça a cette aura là, on nous rapproche de la scène future beat avec Fakear, Mome, Petit Biscuit parce qu’il y a des MPD et tout ça ! J’avais envie de virer ces trucs là, pas parce que j’aime pas les jouer, mais parce que les gens l’assimilent et te mettent dans une case. On aime bien ces musiques là, y a des morceaux de Fakear que je surkiffe, même de Petit Biscuit à l’époque où tout le monde le taillait moi je trouvais ça mortel qu’un mec de 16 ans fasse ça. Mais on réfute l’étiquette et le genre en fait. Tout nous plait et on s’en bat les couilles ! Au même titre que le clip, on réalise nos clips et on s’en fout ! Y a des erreurs mais c’est pas grave c’est notre truc, on aime bien l’aspect artisanal.

M : Ouais c’est ce côté là qu’on aime. C’est travailler chez nous, être dans notre chambre. Pour le clip c’est la même chose, t’as besoin d’un appareil et tu filmes quoi.

T : Et c’est la raison pour laquelle on n’a pas signé en major avec Leska alors qu’on nous l’a proposé.

M : Ouais on a eu des propositions mais c’est juste qu’à un moment donné on s’est dit qu’on aimait bien avoir la main sur ce qu’on fait, c’est notre jouet.

 

De pas avoir d’étiquette, ça permet de plaire à plus de gens ? Est ce que l’image qu’on accolle a un artiste peut être un handicap ?

M : Non je pense pas, après y en qui assument complètement leur style si c’est de la trap, du rap ou de la pop bah tant mieux ! Nous c’est juste qu’on aime beaucoup de variétés de chose et on n’aime pas se cantonner à un style. Les artistes que j’admire c’est ceux qui font ça par passion, qui ne sont pas en train de calculer pour plaire au plus grand nombre. Nils Frahm c’est juste l’exemple parfait du mec qui en a rien à foutre de ce qui se passe. C’est juste un gars obstiné et passionné.

T : La question « Hashtag » de Youtube et Soundcloud ça on déteste. Tout à l’heure je disais en rigolant « on va faire un track chill ». Je dis jamais que c’était mieux avant, mais y a un truc que je trouvais mieux avant, c’était MySpace ! Parce que ça défonçait, c’était un player, le code HTML modifié par l’artiste… La musique et l’univers de l’artiste sans que tu sois pris par des trucs… Les gens rentraient dans le truc sans se poser de questions et c’était cool. Y a plein de gars qui font de la musique électronique et qui ont à peine 20 ans aujourd’hui ! Nous on est autour de la trentaine tous les deux et je pense qu’on fait de la musique de jeune avec des outils de vieux. Ça c’est un Korg, tu files un synthé comme ça à un mec qui travaille qu’avec Ableton sur ordinateur il sait pas comment ça fonctionne ! Je suis pas en train de dire que c’est nul, mais nous c’est ça qu’on kiffe en fait. Les trucs de proximité sans rentrer dans les genres spécifiques en mode « parce que t’es chillwave ou future beat ou vaporwave » ou je sais pas quoi, ça devient n’imp !

M : C’est un peu surfait pour nous !

T : En fait on est plus hype que la hype mon gars ! (rires) Tu sais quoi, on est normcores ! On est ultra normal !

 

L’EP « Circles II » sort le 15 juin, pourquoi ce nom ? C’est la continuité du I ?

T : Tu veux la vraie vérité mec ? On avait juste la méga flemme. D’ailleurs pour te dire encore plus la vérité, sur les 5 titres de l’EP, y en avait 2 qui s’appelaient : « Track 5 » et « Track 3 feat Darren Bancoft ». Le jour où ça partait en livraison sur Spotify ils nous ont dit « par contre les gars il faut des titres », et à ce moment là on était dans un bar. On a trouvé ces noms là mais en mode golri. En vrai le nom Circles II c’était un peu pour se moquer, pas se moquer, mais faire echo à tous les mecs qui font des mixtapes : Morale/Morale 2/Morale 2luxe. Bak ok vas y on va faire Circles II et puis après Circles III et l’album ce sera super Circles !

M : Y a pas une signification précise tu vois.

T : Y a notre logo par contre.

M : Y a le logo mais c’est juste que quand il y aura une signification précise, ça voudra dire qu’on sera vraiment investi par rapport à ça, ce sera pour l’album je pense. C’est juste que là on s’est sit qu’on devait avoir du contenu, on est à une époque où ça va très vite et tout. Quand on a des significations précises on le fait c’est juste que là on avait notre truc en tête alors on s’est dit on le fait.

leska

Pour rebondir sur le logo, les deux cercles représentent les deux artistes et au croisement le commun ?

T : Y a un peu de ça ouais, c’est aussi l’infini à l’envers. Mais y a Marc et y a moi, Leska c’est pas né d’une fusion, c’est une rencontre mais avec deux univers distincts. On n’a pas les mêmes caractères, pas les mêmes délires, par contre on s’entend super bien dans la musique, on est devenu amis avec ça. Mais ça reste deux entités séparés, Marc continue Les Gordon moi je continue Douchka, et pourtant on tourne beaucoup plus depuis un an sur Leska que sur nos projets solos. On continue parce qu’on a besoin de nos projets solos pour exister. Si on fait plus de musique pour nous on triste, on en a besoin aussi.

M : Mais du coup y a un espèce de triangle qui se forme et qui fait une identité.

T : Illuminati mon gars !

 

Pas mal de feat sur l’EP, notamment avec José Fontao ! Comment s’est passée la rencontre ?

T : On voulait une voix rock, on nous a dit « non ça se fait pas, il faut une voix féminine etc ». Nous on voulait vraiment ! Notre éditeur nous a proposé ce gars là, et il était tellement à fond ! Alors que je peux te dire que, c‘est la raison pour laquelle Marc et moi on n’a plus trop envie de travailler sur les prochains morceaux avec des feats, on a dû envoyer 30-40-50 mails, sans réponse sans rien, alors que derière t’as un vrai éditeur, un vrai label, une vraie visibilité. C’est compliqué ! José F a été dessus au taquet ! On a été dans son studio à Montreuil, on a refait les prises de voix avec lui en lui indiquant ce qu’on aimait et ce qu’on n’aimait pas. Sachant qu’il a quand même une carrière et un nom, c’est pas un petit groupe de rock qui débute dans son garage. Ils ont fait les plus gros festivals de France et d’Europe donc on était super contents ! C’est pour ça que ce titre là il déstabilise pas mal, parce que ça fait chelou d’avoir une voix comme ça sur un morceau comme ça. Il veillira bien ce son, on a pris la voix d’un mec qui chante en anglais avec un fort accent français. On voulait pas prendre la petite meuf qui venait prendre son cachet et se barrer. On voulait travailler avec un mec qui a un nom, et pour nous qui sommes encore petit à l’heure actuelle c’est compliqué même si on a un label qui a une image et un éditeur en major, ben ça reste compliqué. Mais c’était une très belle rencontre, en plus ce gars était super cool.

 

L’EP, les meilleurs conditions pour l’écouter ?

M : Au casque !

T : Commes Circles, je pense que c’est carrément la même chose.

M : Je pense qu’il faut surtout le voir en live. On a une spécificité c’est qu’on a beaucoup travaillé le live depuis un an. C’est con ce que je vais te dire mais la plupart du temps, les gens sortent des morceaux et après on va les voir en live. Alors que nous on vient nous voir en live et après on écoute nos morceaux.

 

Y a une belle implication sur les vidéos, vous touchez à tout pour avoir un contrôle sur l’ensemble du projet ?

T : Y a deux choses là-dessus. Les deux premiers clips qui sont sortis et qui sont vraiment cools « I got you » et « Full Cathedral », c’étaient des grosses prods et des gros moyens. Même su c’était cool, on a été en Afrique du Sud pour le tournage quoi c’était incroyable, c’est horrible à dire mais quand on a vu le résultat on était déçus parce que c’est pas nous, pas ce qu’on veut transmettre. Et on s’est rendus compte qu’entre Marco, ses skills techniques au montage, moi sur ma facilité à écrire un scénario. Quand on s’est posés la questin de faire un truc qui nous ressemble plus, on s’est regardés et on a commencé à faire un morceau alors qu’on avait déjà des idées de clip, scénario, un truc de skate à Douarenez. On a fait le morceau avec des roulements de skate à partir de ça et c’est arrivé au fur et à mesure. On a été sur place, Marc a appris à se servir d’un Ronin, on a trouvé un mec pour nous le luer à bas prix parce qu’on n’avait pas de budget. Mon frère était président de l’asso de skate à Douarn et on s’est rendus compte qu’avec nos propres contacts en passant milles coups de téléphone, avoir les autorisations, avoir l’accord des parents des mineurs qui sont dans le clip… Filmer avec un drone dans une zone portuaire et tout c’est pas évident, la police nous a arrêté pendant le clip, les gars ont barré la route à 7 heures du mat… Sauf qu’on a fait un clip qui nous a rien coûté, mais le budget subventions etc les 1000 balles qu’on avait, on les a filé à l’asso de skate et c’est mortel parce qu’ils ont construit une rampe indoor à la MJC, ils ont acheté des trucs pour les gamins et ça ça nous ressemble. C’est pas faireune BA, mais c’est des gens qui se sont mouillés de ouf, avec des kids qui étaient là de 8 à 16h sans bouffer qui étaient trop chauds de filmer etc. Je regarde tous les autres clips de Leska  et nos projets solos et c’est le cilp dont je suis le plus fier et de loin.

M : C’est vraiment un travail collectif qu’on a fait avec Thomas et qui a porté ses fruits. On est fiers de le présenter.

 

Vous avez d’abord pensé à la vidéo et vous vous en êtes inspirés pour la compo.

T : Au final les deux se sont faits quasiment en même temps : « quand on fait un drop comme ça, on pourrait imaginer que dans le clip ça descende comme ça et tout ». Quand on faisait la musique on voyait l’image et c’était trop drôle !

M : C’est la première fois qu’on a eu des visions quand on faisait la musique et c’était cool !

T : On s’est vachement inspirés aussi d’une web série qui s’appelle « La bande du skatepark » de Marion Gervais, qui est une réalisatrice bretonne. Je conseille grave aux gens d’aller voir. C’est des jeunes skateurs bretons qui font leurs trucs dans des skate parks bretons dans des villes portuaires, c’est la vraie réalité du truc. C’est pas le truc Venice beach, les trucs trop beaux trop propres, c’est les trucs avec une mini rampe, un quarter et une mini rampe de slide et ça c’est trop trop cool !

 

Le live des Vieilles Charrues, c’est l’excitation ? La pression ?

M : T’imagine même pas notre état.

T : Moi c’est la première fois que j’ai vraiment du stress.

M : Moi pas trop parce que je connais pas trop ce truc là, j’ai jamais été aux Vieilles Charrues tu vois. On a fait tout l’accompagnement la vieille charrue et c’était trop bien ! J’ai surkiffé cet accompagement là avec Jean-Jacques Toux qui est un mec incroyable. Bah oui on attend ça avec impatience, je suis là avec Thomas « putain on va envoyer du bouzin ».

T : Moi de mon côté j’y suis allé 3 ans, j’ai vu la gueule des scènes, la gueule du public, je connais des gens qui y ont joué… Ouais, c’est à 20min de ma ville natale, mes parents seront là, mes meilleurs potes d’enfance seront là. C’est ouf parce que  ça représente beaucoup plus pour moi que les Trans ou le printemps de Bourges même si j’étais hyper content d’y aller. Alors que tout le monde se dit « c’est le festival facile avec le public facile » mais non, y a des concerts où normal les gens sont dedans mais t’as aussi les concerts où tu turn up les gens parce que tu les emmènes vraiment, les Vieilles Charrues c’est autre chose, t’y vas et t’hallucines quoi c’est dingo. The Hives, Phenix, Two many DJ’s, Boys Noize, les groupes de rock, Moby… Les images que j’en garde ! C’ets pas seulement un truc immense, c’est surtout les gens et la folie des gens. Hugo de La Fine Équipe il me raconte, ils ont fait plein de festivals mais les Vieilles c’est autre chose ! T’arrives sur scène t’as pas sorti une note les gens sont tarés quoi ! Et puis là y a mes parents tout ça tu vois. Y a des 10 ans je me disais putain qu’est ce que je rêverais jouer là-bas et là j’y joue !

 

Grosse signification.

T : Ouais c’est taré. Alors qu’ado je rêvais pas de jouer aux transmusicales. Quand tu commences à faire du son forcément tu rêves de le faire aussi et t’es content de ouf quand t’y joues mais les Vieilles charrues ça remonte à tellement plus loin pour moi. Mes parents je leurs dis « je vais jouer au printemps de Bourges ils me disent c’est quoi ? » et là aux Vieilles Charrues ils font « Wouhouuu », champagne tout la famille et tout. On a fait l’annonce à Noël c’était la folie. Et quand j’y pense, quand on va lancer le « Wouuuuuuu » avec l’intro, on attend 30 secondes avant de rentrer sur scène, la lumière qui tremble et tout.

M : Y a toujours un grand moment d’excitation, mais là on sait que ça va être triplé, quadruplé on sait même pas comment ça va être !

T : Quand j’y pense j’ai déjà la boule au bide et tout, même si tout va fonctionner ça va aller mais je pense quiil va me falloir 20 bonnes minutes pour réaliser.

 

Vous faires un truc particulier pour le live ? Une vidéo un truc comme ça ?

T : Ouais on va faire un mini documentaire, ça c’est prévu. Le mec qui é fait le drone sur « Curious » justement va venir avec nous, il va filmer tout du long sans poser des questions mais filmer tout ce qu’il pourra, dans le van, dans les loges. Pas juste les trucs cools avec le turn up en mode « regardez notre vie c’est trop ouf » mais aussi les moment de flip et tout. On veut qu’il capte tout et Marc et moi on fera le montage.

 

Plaisir coupable pour finir ?

T : J’en ai tellement, je crois que j’en ai autant que de sons qui passent en société. Moi je dirais mon groupe de rock de skate de mon adolescence : Guns n’ Roses. C’est vu comme le groupe d’arena ringard, alors que pour moi c’est le meilleur groupe de rock de tous les temps, et je dirais genre « Sweetchild o mine » pour faire bien nostalgique. Putain ça craint. Ou Saez « Je veux qu’on baise sur ma tombe » version live.

M : Oui moi j’ai un truc à la con mais rien à voir, c’est la B.O de Twilight ! Parfois au piano je kiffe. C’est débile hein mais je sais pas.

T : Ahaha je savais pas ça !

 

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